LES INSTITUTIONS PATRONALES
Il ne faudrait pas exagérer l'importance des institutions patronales. Elles sont peu nombreuses et beaucoup même ont eu une durée éphémère. C'est ainsi que la société Duro y C , de la Felguera (Asturiës) , a fait, il y a plus de trente ans, l'essai de la participation aux bénéfices; mais cette entreprise dut être vite abandonnée. Le marquis de Comillas, dans son exploitation minière de Ujo, a construit des maisons à l'usage de ses ouvriers ; la Real Compahia Asturiana concède à ses employés des logements gratuits. Longtemps avant la loi sur les accidents, certains fabricants avaient adopté des procédés de conciliation. D'autres ont pris l'initiative d'accorder à leurs ouvriers la journée de huit heures.
C'est surtout en Catalogne qu'il est possible de rencontrer des exemples intéressants d'à* livres patronales (caisses de secours et de retraites, caisses d'épargne, etc.). Citons, notamment, celles de MM. Gïiell, Aimé Puig, Ortiz y Cusso, Torres, Sert, Rusinol, Pedro Grau Maristany, etc.
Méritent une mention particulière les institutions dues à la veuve de Don José Tobrâ : particulièrement, la Caisse de retraites et pensions, constituée dans les fabriques de San Esteban de Castellar. Les fonds en sont exclusivement versés par la fondatrice. Les pensions ne peuvent être inférieures à 30 pesetas, ni dépasser 60 pesetas par mois. 11 existe
encore dans la môme localité, des écoles et une Caisse d'épargne.
A Barcelone, également, fonctionne au siège du Fomentodel Trabajo national1, une importante .Caisse de pensions pour la vieillesse [Caja de pensiones para la vejez), reconnue d'utilité publique. Elle est due à l'initiative de certains industriels notables catalans : MM. Luis Ferrer Vidal, José Morregal, Felipe Bertran, baron de Satrustegui, Jaime Serra Jané, etc. Elle est ouverte à tous les habitants de la Catalogne. Le principe est de laisser l'ouvrier libre de consacrer les quantités, dont il peut et veut disposer, à la constitution de la pension, de choisir l'âge auquel il en bénéficiera, enfin, de faire ses versements quand il lui plaît. On incite, en même temps, les patrons à contribuer à ces versements, selon leurs moyens.
Sans sortir de la Catalogne, le comité d'arbitrage, le jury mixte et le montepio ou société de secours mutuels, organisés par les fabricants de Manlleu, doivent retenir notre attention. Le comité d'arbitrage [junta de conciliation) se compose de six ouvriers, de six patrons, du curé de la paroisse, du maire et du président des corporations ; le comité élit son président; il se réunit toutes les semaines pour examiner les réclamations des patrons et des ouvriers. Au cas seulement où l'affaire implique une modification du contrat de travail, on réunit le jurado mixto, constitué dans chaque cas particulier et composé de trois ouvriers et de trois patrons, élus par leurs associations respectives : ces six membres