Voir supra, p
qui s'en sont préoccupés, est très restreint. A Madrid, fonctionne, depuis 1875, une société de bienfaisance, dont firent partie Concepcion Arenal, Fermin Caballero, Olizaga et Claudio Moyano : la Constructora benéfica, qui, en dépit de l'exiguïté de ses ressources, a construit dans la capitale un grand nombre de maisons ouvrières, notamment dans le quartier du « Pacifîco ». L'Etat lui a facilité sa mission, en exemptant de toute charge les terrains ou édifices acquis ou construits par cette association, et en lui accordant quelques autres avantages (lois du 9 janvier 1877 et du 15 juin 1888). La municipalité, de son côté, a montré son intérêt à cette belle œuvre, en lui accordant des exemptions d'impôts et en lui cédant des terrains de sa propriété.
Une autre société, poursuivant un but analogue, la Sociedad Benéfica espahola de casas higiénicas para obreros y clases modestas, a été constituée à Madrid, en mai 1906, sous la présidence de M. Canalejas. Elle publie un Bulletin, où sont consignés les résultats de ses généreux efforts.
On peut citer encore, dans le même ordre d'idées, les maisons ouvrières créées par D. Francisco Benito Nebuda à Avila, les maisons construites pour ses ouvriers à Oviedo par l'entreprise des chemins de fer économiques des Asturies, dans la même ville les groupements ouvriers dus à la Société d'Explosifs1, etc.
1. Pour plus de détails, voir le mémoire de l'Institut de Réformes sociales, Préparation de las Bases para un proyeclo de ley de Casas para obreros, p. 187 et suiv., 199 et suiv. (19U7).
Ces initiatives particulières n'en demeurent pas moins isolées, et, en somme, d'une importance assez médiocre. Les groupes de maisons ouvrières construites sans but de lucre sont inconnus dans presque toute l'Espagne, sauf dans quelques villes ou quelques centres industriels, et on n'a à peu près rien fait dans cet ordre d'idées, au profit des travailleurs des champs.
Ceci justifie donc une intervention positive et très active des pouvoirs publies dans une question, dont l'intérêt social et national n'est pas contestable. ^ous verrons plus loin ce qui a déjà été fait dans ce sens, pour stimuler l'action individuelle et coopérative, ou pour y suppléer1.