‹ La question sociale est-elle une question morale? [microform]Chapitre 14 sur 32 · V., sur co point, LoLze, Psychologie physiologique · texte numérisé non relu

V., sur co point, LoLze, Psychologie physiologique

S, T/ioma admonimus, peccatum originale non esse

actionem quamdam,g^((]p maxime spécial ad personam,

sed esse privationem rectitudinis et sanctitatis » (deRubeis, cap. LXVl). Le péché originel « ne seraitil point un acte de notre volonté? un consentement donné au péché de notre premier père à l'heure môme où nous prenons possession de la vie ? ou bien une complicité mystérieuse, réelle et actuelle

de notre libre arbitre dans le libre arbitre d'Adam

représentant et contenant sa postérité? L'incrédulité affecte de nous prêter cette croyance, pour se donner vis-à-vis de nous l'avantage d'un superbe mépris et d'une vertueuse indignation... L'Eglise ne dit pas, l'Eglise n'a jamais dit que nous fussions personnellement coupables du péché originel. L'Eglise n'a jamais attribué à notre libre arbitre une complicité, je ne dis pas actuelle, mais même virtuelle ou interprétative dans l'acte volontaire et per*sonnel par lequel le chef du genre humain a consommé sa déchéance » (Le P. Monsabré, ^1^ Confèr., p. 172). Le péché véritable, c'est le péché actuel. Chez Adam, le péché originel fut péché actuel. * Chez les descendants d'Adam, c'est un péché de nature, c'est-à-dire transmis, et non de personne,

originel et non actuel ; ce n'est même plus, à proprement parler, un péché, car qui dit péché, dit faute commise par un auteur responsable ; c'est seulement une tache, un état de privation.

En réfutant les objections adressées à la Doctrine, nous l'avons justifiée rationnellement. Le mode de

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transmission du péché originel va nous permettre de le ']usi\ûevscientifiqiœment. Ce mal négatif, qu'est la privation de Tétat de justiceet de sainteté primitives,nousest héréditairement transmis, perorig'mem.

St Thomas d\\quin expose celte opinion [Summ.

theoL P iP^, quœst. LXXXl, a. 1). Le Concile de Trente l'a consacrée: « Ce n'est pas, dit-il, par imitation que le péché d'Adam se multiplie ; mais,unique dans son origine, il se propage par transfusion, et devient propre à chacun de nous, Adœ peçcatum, quod origine tiniim est, et propagatione^ non imitatione,

tramfusim omnibus inest unicuique proprium. » Pour

expliquer cet état de privation, dit le P. Monsabré, « il suffit d'appliquer à la race humaine la loi d'hérédité en vertu de laquelle un être ne transmet à ses descendants que ce qu'il est et que ce qu'il possède » (28« Conf., p. 209). Le péché originel apparaît ainsi comme l'expression surnaturelle de la loi naturelle d'hérédité, de même que la loi d'hérédité est l'expression physique de la notion mystique de

péché originel. La révélation divine démontre l'un, l'induction humaine démontre l'autre, et, par cette affirmation commune, la science sortie de l'homme et la science venue de Dieu prennent contact : elles se soudent dans un dogme commun. Dès lors, toutes les objections adressées au péché originel font choc en retour sur la loi d'hérédité, et les anathèmes impies, lancés contre la parole divine confondue avec les erreurs des hommes, frappent ce même savoir humain que Ton avait décrété infailli-

ble. La science mcréée et la science créée sont solidaires. Si le péché originel est un mythe, la science

afailli en formulant la loi d'hérédité. Si la loi scientifique d'hérédité est vraie, la notion théologique du péché originel rencontre là sa vérification expérimentale. Que si l'on dit : nous constatons l'hérédité, mais nous ne la comprenons pas, — l'on aboutit simplement à cet aveu que les mystères révélés sont investis d'un caractère scientifique, et qu'il est, dans la science, des mystères qu'elle énonce mais qu'elle ne peut résoudre.

A l'origine spécifique, l'homme était donc bon.

Mais cette bonté n'était pas nécessairement définitive ; son maintien était conditionnel, subordonné à

l'emploi que l'homme ferait de son libre arbitre, à la direction qu'il imprimerait librement à son activité. Le péché originel n'était pas inné. Mais il était possible, et il a été commis et transmis. Innocent au

début, l'homme s'est corrompu. La concupiscence,

éveillée, s'est affermie de toutes les complaisances coupables. Les sollicitations impérieuses sont le lot

de tout enfant qui vient au monde. Il naît marqué pour la lutte, car «il y a deux natures en nous, l'une bonne, l'autre mauvaise » (Pascal). Et la liberté, qui fut l'instrument de notre ruine, devient l'espérance

et la source naturelle de notre relèvement.

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