‹ La question sociale et le socialisme en HongrieChapitre 19 sur 122 · Of: Documents annexes, lableaux, J · texte numérisé non relu

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d'Amérique en Autriche-Hongrie, dont un grand nombre passe par cette station, venant d'Hambourg ou de Brême: : malgré les méfiances des paysans devant ses questions, il a recueil d'assez intéressants récits : les émigrés disent qu'ils travaillaient en Amérique d'ordinaire dix heures, mais souvent davantage, et ceux qui étaient employés chez des commerçants subissaient parfois des journées de seize et jusqu'à dix-huit heures. Mais le salaire journalier pour 60 p. 100 d’entre eux environ était de 1,5 à 2 dollars, et plus élevé encore pour les autres : aussi, malgré les conditions et la nature du travail industriel, comprend-on qu'ils s’y résignent, quand, dans la campagne hongroise, comme du reste en Galicie et sur la côte adriatique, ils ne gagnent souvent qu'une couronne par jour. Le coût de la vic en Amérique n’est pas très élevé, car leurs besoins sont minimes et ces émigrants s'entendent souvent pour charger la femme de l’un d’eux, ou même un émigrant homme, de l’organisation et du paiement en commun des frais de logement et de nourriture. Comme ces gens sont en général très travailleurs, vivant de rien, dépensant relativement peu et gagnant un fort salaire, ils économisent en peu de temps des sommes importantes; et c’est ce qui les attire malgré tout en Amérique. Par contre, béaucoup de rapatriés se plaignent de leur exploitation par les chefs d’entreprises : ceux-ci n’ont pas pour eux, pour leur bienêtre, pour leurs accidents, la moindre considération et les traitent comme du bétail humain. Il y a done un revers à la médaille, et si les conditions du travail et d’enrichissement devenaient meilleures en Hongrie, le courant de l'émigration serait certainement vite enrayé. Émigration et crise sociale intérieure sont donc en étroite corrélation : la pre-

1. Polizei-kommissär, Franz Markitau, Die Rückwanderung nach œsterreich-Ungarn. Oderberg, 1908.

miére est l'effet et le palliatif douloureux et nécessaire de

la deuxième !.

1. L'émigration dépend aussi, comme d'évidence, du besoin de main d'œuvre en Amérique ; mais ce côté de la question ne touche pas notre étude. C’est ainsi que M. Markitan remarque que pendant les deux derniers mois de 1907 le nombre des rapatriés a grossit dans des proportions considérables : il l'évalue à 60.000. C’est le résultat direct de la crise économique en Amérique,

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