‹ La question sociale et le socialisme en HongrieChapitre 21 sur 122 · Voir Annexes, lableau PR · texte numérisé non relu

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est vrai que dans ces chiffres sont compris tout le personnel intermédiaire d'employés et de chefs de service, qui ne fait pas partie de la classe ouvrière, la masse des ouvriers isolés travaillant à domicile ‘ et ceux aidant le patron dans les petits ateliers.

Aussi tenons-nous-en à ce qui constitue vraiment le prolétariat moderne, les ouvriers de la moyenne et de la grande industrie *. Trois phénomènes sont iei à noter, dont importance sociale se devine ; ils imprimeront à l’évolution du prolétariat des caractères favorables à la créaton et au développement d’un mouvement ouvrier ; ce sont l’accroissement particulièrement rapide du nombre de ces ouvriers ; leur concentration, c’est-à-dire l’augmentation relative d'importance des établissements occupant beaucoup d'ouvriers ; enfin l’agglomération territoriale de ces industries dans un petit nombre de lieux.

Comme, en effet, l'effort de la Hongrie s’est porté surtout du côté de la grande et de la moyenne industrie, on constate une très forte extension de la population ouvrière qui y travaille : elle a doublé en dix ans dans l’industrie des - transports, passant de 45.000 à 87.000 travailleurs, occupés pour la plupart dans des établissements de moyenne ou de grande importance ; dans l’industrie proprement dite les documents statistiques permettent une comparaison concluante entre le nombres des employés des entreprises

4. Cf. Dr Emerich Ferenczi, Die Hausindustrie in Ungarn und die

Budapester Heiïmarbeil, 1908, Fischer, Jena.

9. Généralement on entend par moyenne industrie, celle qui occupe de 5 à 50 ouvriers ; en Hongrie les statistiques rangent les établissements selon qu'ils CRETE de 6 à 20 ouvriers, de 21 à 100 et au-des-

sus de 100.

industrielles occupant plus de 20 persennes en 1890 et leur nombre en 1900 ; il a bondi de 99.000 à 212.000 ‘. Si à ces chiffres, on ajoute celui des employés des entreprises occupant de 6 à 20 salariés (95.000 au lieu de 53.000) et celui des ouvriers des mines et des hauts fourneaux exploités par des personnes privées ou par l'État (69.000 au lieu 54.000), on voit qu'il y avait en 1900 en Hongrie un prolélariat industriel composé au moins de 460,000 travailleurs, tandis qu’en 1890 il n’en comptait environ que 250.000. On peut donc supposer qu'aujourd'hui cette population ouvrière active doit être voisine du nombre, qu’on entend citer en Hongrie, de 600.000 individus.

En même temps que cette population ouvrière augmentait ainsi, elle se concentrait surtout dans des établissements industriels occupant de nombreux ouvriers. Cette observation est vraie dans les trois branches d'industrie que disüngue la statistique hongroise : dans l’industrie des mines et des hauts fourneaux, le nombre des patrons a diminué de 1890 à 1900 de 786 à 508, surtout par suite de la disparition de petites exploitations de mines d’or et d'argent ; le nombre des salariés a crû au contraire de 43.000 à 55.000, sans compter ceux des mines et des salines de l’État qui passaient de 11.000 à 14.000 ?. Et le plus grand nombre, soit au moins 50.000 sont attachés à de très grands établissements occupant plus de 100 ouvriers *.

Dans l’industrie des transports, les voies ferrées occupentà ellesseulesles 2/3 dessalariésdece groupe; en Hongrie, le principal patron des chemins de fer, c’est l’État et quelques compagnies qui complètent son action ; or le recensement

1, Voir Annexes, tableau C, : 2. Noir Annexes, tableau B el note 2.

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