‹ La question sociale et le socialisme en HongrieChapitre 22 sur 122 · Voir Annexes, lableau C · texte numérisé non relu

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de 1890 a décompté 33.000 salariés, celui de 1900, 64.000 :.

Dans l’industrie proprement dite la concentration des

ouvriers dans des établissements en occupant un grand . nombre est très marqué : en examinant les résultats du recensement des entreprises, fait spécialement pour ce groupe, on remarque que tandis que le nombre total des salariés de l'industrie proprement dite n’a pas doublé (327.000 en 1890, 575.000 en 1900), le nombre des travailleurs attachés à des entreprises occupant de 6 à 100 employés a à peu près doublé : ils étaient 89.000 en 1890, soit 27 p. 100, 163.000 en 1900, soit 28 1/2 p. 100 ; quant au nombre de ceux recensés dans les entreprises occupant plus de 100 employés, il a beaucoup plus que doublé : 63.000 en 1890, ils ne comptait que pour 19 p. 100 des travailleurs de l’industrie proprement dite ; en 1900, ils sont 144.000 et comptent pour 25 p. 100 *.

De ce que nous constatons ce que l’on pourrait appeler une concentration ouvrière, doit-on conclure qu'on assiste à une concentration industrielle ou si l’on veut capitaliste ? Les statistiques existantes ne permettent pas une telle affirmation, car les deux problèmes ne sont pas absolument liés. Si l’on considère le nombre total des patrons dans l'industrie proprement dite, on voit qu il reste stationnaire * ; il diminue bien dans quelques branches, dans l’industrie textile, dans l'industrie du bâtiment, dans l’industrie de la fonderie de fer et il semble bien qu’il y a dans ces groupes

1. Dénombrement de la population de 1900, 4 partie, p. 2 et s.; Annuaire statistique hongrois de 190%, p. 38.

2, Noir Annexes, lableau C.

3. Voir Annexes, tableau B. On ne peut prendre pour base le nombre des entreprises (tableau C), car il est supérieur au nombre des patrons: il l’est sensiblement en 1890 (si l’on ajoute aux chiffres du tableau G ceux del’industrie personnelle alors exclue ; cf. note 2) ot très fortement en 1900. C’est donc qu’on ne s’est point occupé de savoir si une entreprise étail autonome ou succursale.

un mouvement de concentration capitaliste; mais il augmente dans d’autres, par exemple dans l’industrie hôtelière et dans l’industrie du vêtement ‘.

ILest vrai qu’on peut objecter : si en nombre absolu, il n'y a pas concentration, elle existe au moins en nombre relatif, par cela-:même que le nombre des patrons reste stationnaire et que celui des employés dans l'industrie proprement dite double presque.

En réalité, il nous semble que la vraie interprétation est la suivante : si l’on entend par concentration capitaliste, un mouvement tendant à la disparition ou même simplement à l’affaiblissement de la petite entreprise au profit de la moyenne et surtout de la grande, il n'y a pas actuellement de signes extérieurs de cette concentration en Hongrie, d'après les statistiques. L'évolution sociale est toute diftérente : la grande industrie ne détruit pas la petite, mais la richesse du pays augmente ; or Jusqu'à présent l’industrie moyenne était faible et la grande presque inexistante ; aussi le développement industriel a-t-il naturellement porté surtout sur ces catégories ; là où il n’y avait rien ou presque rien, l’accroissement absolu frappe davantage et l’accroissement relatif est énorme; cela ne signifie pas que la proportion doive se maintenir. D'autre part le développement particulièrement marqué de la grande industrie est dü en grande partie à la politique économique hongroise, aux lois de protection et de subvention, aux efforts du nationalisme magyar, qui a voulu conquérir de vive force ce qui manquait à sa vie nationale.

Ainsi il nous semble que l'on ne peut guère parler de concentralion capitaliste. Le mouvement auquel nous assistons, est un mouvement de croissance ; il a agi surtout

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