‹ La question sociale et les principes théologiquesChapitre 1 sur 27 · VI AVANT- PROPOS · texte numérisé non relu

VI AVANT- PROPOS

à propos des tomes V et VI du Traité de droit naturel de M. Tancrède Rothe^ vint indiquer derechef la nécessité d'interdire à VEtaty de façon normale^ toute intrusion dans le domaine de la bienfaisance^ et, incidemment^ délimitait le droit d'intervention des pouvoirs publics en matière de justice. Cet article et la recension du livre de M. Fontaine furent reproduits de divers côtés avec une sympathie non déguisée. Les Questions actuelles notamment leur donnèrent asile. Mais la Revue du Clergé Français, par la plume d'un de ses plus distingués collaborateurs y faisait appel de la « condamnation sommaire )) que ces premiers articles semblaient porter contre la Justice sociale. // fallut répondre de nouveau et s'expliquer encore. De là, deux autres études y La Justice sociale et la doctrine catholique (septembre 1912^, et L'Intervention de L'État en matière de Justice (janvier 1914^. La Chronique sociale du Sud-Est insista, défendant les « droits » de la « justice sociale », que V auteur de la riposte identifiait avec le justice générale ou légale des scolastiques. Le problème se précisait, mais la guerre vint, qui interrompit cette intéressante discussion.

Il convient de le reconnaître. Les critiques de la Revue du Clergé Français et de la Chronique sociale ont obligé V auteur à apporter de sérieuses modifications à sa pensée et surtout à son argumentation. Au fond, les divergences qui s'étaient produites venaient

AVANT- PHOIM)^. \ Il

bien plutôt de rnaJ entendus que d'oppositions doctrimdes. Il faut toutefois avouer que la notion de justiee {générale ou légale ne semble pas avoir été toujours bien comprise par quelques-uns de ceux qui veulent lui identifier la notion de justice sociale.

Aussi l'auteur a-t-il cru utile de reprendre avec plus de méthode ses premières études, d'en pousser plus à fond Vanalyse en rectifiant, au besoin, certaines assertions moins justifiées. La Question sociale et les Principes théologiques est donc une mise au point des anciens articles des Questions ecclésiastiques, mise au point complétée de quelques aperçus nouveaux.

Ce livre n'est pas un livre de polémique. Certes, le lecteur y trouvera certaines controverses. Mais aucun nom propre à dessein n'est cité. On a voulu écarter de ces pages jusqu'à l'apparence de polémique personnelle. Il ne s'agit ici que d'idées. On a la conviction, d'ailleurs, d'avoir exprimé ce que l'on croit être la vérité et cela avec tant de modération et de bonnes raisons qu'aucun adversaire d'hier ne pourra s'empêcher — espérons-le — d'acquiescer aux conclusions de ces exposés théologiques.

Pour demeurer plus sûrement dans la région sereine des principes, l'auteur s'est astreint, presque exclusivement, à reproduire la pensée

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