VIII AVANT- PROPOS
de saint Thomas d'Aquin et les enseignements pontificaux de Léon XIII. Peu ou point de citations de théologiens contemporains ; non quon i^euille ignorer de parti pris certaines œuç^res admirables et certains trai>aux bien dignes de retenir V attention, mais parce quil a paru plus doctrinal de s'en tenir au prince de la théologie et à V organe principal du Magistère ecclésiastique.
Œuvre de doctrine, ces études sur les problèmes théologiques connexes aux questions sociales ont pour but de mettre en relief le rôle de la justice et celui de la charité dans le règlement des conflits sociaux. Et précisément, on a trouvé dans V exposé du rôle de ces deux vertus sociales le moyen de mieux préciser et de mieux présenter la notion de justice légale. Toute Véquivoque qui présidait aux divergences d'opinion auxquelles on faisait allusion réside en ce que plusieurs sociologues nont pas pas toujours compris que la justice légale commande aux devoirs de charité aussi bien \ quaux devoirs de justice. Les anciens l'appelaient justice générale, marquant par là qu aucune vertu n échappait à son emprise. En restreignant à une notion de stricte jus- ] tice la notion de justice générale, on en arrive • fatalement à confondre devoirs de charité et devoirs de justice. Le mot de justice sociale
AV AiN r- l»IUM»OS IX
ne pare pas assez â ce ffrave inconvénienf, et ç^oilà pourquoi^ tout en admettant la chose au sens où le P. Janvier et le P. Gillet V admettent^ on se permet encore ici de rejeter C expression comme dangereuse.
En exposant ces notions de citarité, de justice, dafis les relations sociales, on a dû naturellement envisai^rr le rôle de V Etat en matière de justice et ses droits en matière de charité, N' appartient-il pas, en effet, à l'Etat, gardien de l'ordre public, de favoriser, de diriger chez les citoyens, Vexercice des deux grandes vertus sociales ? Dans quelle mesure il peut le faire, cest ce que Von a cherché à préciser, à la lumière des enseignements de la théologie catholique.
Enfin, la question sociale se doublant d'une question religieuse, puisque la Religion doit dirimer les problèmes moraux, on a voulu terminer Vexposé de ces principes par une étude succincte sur le rôle de V Eglise catholique dans la solution des questions sociales.
Ces études ont été publiées tout d'abord par tranches dans l'excellente Revue catholique des Institutions et du Droit (Janvier 1918- Janvier 1920/ Peu de modifications ont été apportées du texte primitif ; seul, le chapitre troisième sur les conditions de l'intervention iogale a été sérieusement remanié^ de façon