L'EGLISE ET LA QUESTION SOCIALE
Sans doute la fin de l'Eglise est d’assurer d’abord le bien spirituel de ses membres. C’est le but que lui a assigné son Divin Fondateur et la sanctification des âmes a toujours été au premier rang dans ses préoccupations.
Néanmoins tout en s’acquittant avec un zèle inlassable de sa mission surnaturelle, l'Eglise n’est restée étrangère à
aucune des grandes questions qui se sont débattues autour d’elle.
La question sociale est telle qu’elle menace d’aboutir à un bouleversement terrible. On a droit de s'attendre à ce que l’Eglise mette la grande influence qu’elle possède et la haute autorité dont elle dispose au service de l’ordre, de la justice, de l’apaisement social.
Cette question intéresse l’immense majorité de ses eu- © fants. On ne peut. trouver étrange qu'elle ne reste pas indif-
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férente en face d'un problème dont la solution importe tant au bien de ses fils, surtout des pauvres et des déshérités pour lesquels elle a toujours éprouvé une prédilection spéciale.
Elle puise dans l'Evangile des doctrines capables soit d'empêcher le “onflit d'éclater, soit au moins de l’adoucir en lui enlevant tout ce qu’il a d'âpreté et d’aigreur.
C'est sur le seul retour aux principes de l'Evangile qu'on peut’ fonder quelque espérance d’entente et d’apaisement.” Le problème qui s’agite, dit Léon XTIT, est de telle nature que, à moins de faire appel à la religion et à l'Eglise. il cst impossible de lui trouver une solution efficace...”
Aux maux des sociétés modernes, dit Anatole Beaulieu. où donc est le remède et quel est le médecin? Le remède. l'Eglise le possède; le médecin, le seul qui puise guérir. c'est le Christ. Il sait l’huile qui adoucit les plaies, le baume qui cicatrise les blessures. Allez à Lui et vous serez guéri. Le Christ est le seul capable de vous rendre la paix et de faire récner parmi vous la justice; car seul Il en connaît les lois. LCs questions sociales qui vous tourmentent, riches et pauvres, Cffrayant les uns ct irritant les autres, vous r° sauriez leur trouver de solution en dehors de Dieu et de! religion. Sans Dieu tous les efforts des hommes sont vains: “/nania conata hominum”.
Seule la religion est capable de mettre la paix entre les riches et les pauvres, entre les grands et les petits, parce qu: la religion seule est capable de mettre en haut la modération. la justice et la charité, en bas, la tempérance, la probité, la résignation. Nous n'avons pas assez de christianisme en haut; nous n’en avons pas assez en bas. Et l’égoïsme sévissant partout, la lutte des classes met la société dans un péril permanent.
L'Eglise ne pense pas que la plupart des maux dont «: plaint le prolétariat soient imaginaires ni que ceux qui sont réels soient peu graves, ni qu’il faille les considérer comme nécessaires et qu'on ne doive rien faire pour les adoueir.
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Elle ne croit pas davantage que le régime économique actuel soil le régime idéal et que par conséquent il ne faille pas essayer de le modifier.
Elle reconnaît que le régime actuel est défectueux, que des abus s'y produisent, que l'organisation sociale peut et doit même être revisée et améliorée, que les maux qui existent ne sont pas incurables et que plusieurs peuvent être gué-
ris, d'autres adoucis et rendus tolérables.