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LES ATELIERS DE PRODUCTIONS

Terclavers, délégué des ouvriers du bâtiment, préconise la création d’ateliers de production pour tous les groupes corporatifs. Cette proposition recevra très prochainement son application à Bruxelles.

Il faut que les groupes ouvriers qui entreprennent des travaux s’adressent aux ateliers de production socialistes au heu de favoriser des exploiteurs. On parle de collectivisme, il faut passer de la théorie aux actes.

Levêque fait observer que la création d’ateliers de production ne sont pas une application du collectivisme.

Un délégué. — Non, mais c’est un acheminement vers le collectivisme, car nous inscrivons dans nos statuts la participation aux bénéfices comme dans les coopératives.

Lernaux fait observer que la création d’ateliers de production n’est pas aisée en pratique, car ces ateliers, obligés de payer un salaire élevé, ne sauront pas lutter contre leurs concurrents capitalistes.

Il engage le Congrès à se borner à exprimer un vœu en faveur de la création des ateliers de production (Adopté à l’unanimité).

CAISSE D’ASSURANCE EN CAS D’INCENDIE La Ligue ouvrière de Molenbeek-Saint-Jean dépose le rapport suivant :

Proposition tendant à la création d'une caisse $ assurance contre V incendie au sein du Parti ouvrier et pour le Parti ouvrier.

Quand nous avons fait notre proposition en assemblée, nous avions pour but : 1° d’attaquer directement le capitalisme que nous considérons comme notre plus grand ennemi; 2° d’augmenter les ressources dont nous avons besoin pour les victimes de la propagande socialiste et pour la propagande elle-même.

Le capitalisme a réduit une masse de nos amis et des plus dévoués à la misère et à des vexations de toutes sortes. Nous avons le devoir de soutenir ces victimes et nous le faisons de tout cœur, malgré nos faibles ressources, car, d’Arlon à Ostende, de Masseyck à Marienbourg, leur nombre est grand.

Nous entamons directement la proposition, c’est-à-dire la lutte entre le travail et le capital.

Une caisse d’assurance contre l’incendie peut se fonder très facilement dans le Parti ouvrier.

Beaucoup de nos compagnons qui, actuellement, ne sont pas assurés, léseront alors sans le savoir, ou plutôt sans s’en apercevoir. Les boulangeries coopératives, les ateliers de production, les corporations de tous les métiers, les sociétés de secours mutuels affiliées au Parti ouvrier, enfin les Ligues ouvrières et beaucoup d’autres sociétés pourront efficacement aider à la création de cette caisse.

En effet, un grand nombre de sociétés affiliées placent leur argent dans des caisses d’épargne, voire même dans des banques appartenant à des sociétés anonymes ou à des particuliers.

Nous pourrions, croyons-nous, faire fructifier cet argent nous-mêmes, le garder chez nous au lieu d’en faire profiter nos pires ennemis. C’est grâce à nous que les grandes compagnies d’assurance subsistent, car il est établi que les incendies sont plus fréquents chez les grands commerçants, les industriels, fabricants de produits chimiques, etc., que chez l’ouvrier, et que les primes payées — en cas de sinistre — ne compensent jamais la valeur des dégâts subis; nous avons vu des compagnons, malgré l’assurance, ruinés et réduits à la misère à la suite d’un incendie et le Parti ouvrier impuissant à les secourir.

La lutte.

Compagnons, par la création de cette caisse d’assurances, nous pourrions disposer dans quelques années de grandes ressources pour la propagande, car c’est avec l’argent que l’ouvrier apporte annuellement aux sociétés d’assurance bourgeoises qu’elles font de la propagande antisocialiste. Nous leur fournissons des verges pour nous fouetter.

Notez bien, camarades, que quand nous n’apporterons plus nos sous aux capitalistes et que nous ferons nos affaires nous-mêmes, beaucoup de ces sociétés devront crouler, elles disparaîtront comme la neige au soleil, leurs forces seront brisées et leur propagande antisocialiste diminuera, tandis que celle du Parti ouvrier ira en augmentant. Déjà la petite bourgeoisie vient à nous ; nous engloberons les démocrates chrétiens lorsqu’ils verront, une fois de plus, que le Parti ouvrier veut marcher de l’avant, sans trêve ni repos..

L’organisation de cette Caisse d’assurance permettra, comme nous le disions plus haut, de venir en aide aux victimes du Capital, en leur permettant de gagner leur vie et celle de leur famille, comme agents de la nouvelle Caisse.

Aperçu sur V organisation.

La Ligue ouvrière souscrit pour 100 francs. Les actions sont de 5 francs, donc 20 actions à payer mensuellement par 5 francs. Les compagnons du Parti souscriraient chacun 50 centimes par mois, ce qui ferait 6 francs la première année; donc en une année de temps chaque membre du Parti ouvrier serait actionnaire à notre caisse d’assurance d’une action de 5 francs, et avec le sixième franc il serait assuré par la caisse d’assurance du Parti ouvrier. Il serait donc, en même temps qu’actionnaire, son assureur et son assuré.

Il est bien entendu que tous les grands industriels et les magasins anonymes ou individuels seront exclus de cette assurance. Ce sera la véritable assurance ouvrière et, comme les cas d’incendie arrivent rarement chez les ouvriers, nous pensons qu’avec la modique cotisation d’un franc nous pourrions arriver à indemniser les sinistrés jusqu’à concurrence d’une somme de 3 à 4000 francs.

Toutes les expertises seraient supprimées, ainsi que les beaux hôtels que possèdent ces sociétés capitalistes, les traitements de 25,000, 30,000 francs et plus qu’on alloue aux directeurs et administrateurs et aussi leurs agents car, comme je viens de Je dire plus haut, nous serions nous-mêmes nos agents.

C’est dans cet ordre d’idées, Compagnons, que nous vous soumettons, au nom de la Ligue ouvrière de Molenbeek- Saint-Jean, ce rapport pour que nous puissions l’étudier ensemble afin que, pour une bonne fois, nous nous atta-

quions directement à notre plus grand ennemi, le capitalisme.

Le but à atteindre.

Le but est de supprimer autant que possible les sociétés capitalistes en s’emparant de cette masse d’argent qui servirait à la propagation de nos idées.

En effet, n’avons-nous pas par nos coopératives de production de pain supprimé une énorme quantité de petits boulangers ? Nous pensons que si nous pouvions arriver à ce résultat pour les compagnies d’assurance, nous aurions fait un grand pas pour réaliser une de nos idées, la plus chère, c’est-à-dire un commencement de collectivité.

Nous ne demandons pas que cette proposition soit discutée aujourd’hui, mais nous voudrions voir nommer des commissions dans chaque fédération qui l’ étudieraient sérieusement et soumettraient un rapport d’ensemble pour le prochain Congrès.

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