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LE CONSEIL GÉNÉRAL DU PARTI OUVRIER A LA POPULATION

Près de deux mille familles ouvrières se trouvent en ce moment da ns l’industrieuse ville de Gand, sans ressources régulières par suite de la décision prise par les patrons métallurgistes de fermer leurs établissements.

On connaît l’origine de ce scandaleux lock-out patronal :

L’industrie métallurgique gantoise était si prospère que l’on ' dut embaucher des travailleurs d’autres localités, en leur

allouant des salaires supérieurs à ceux des anciens ouvriers A l’établissement Vanden Kerkhove, où le taux des salaires était extrêmement bas, comparativement à ceux des autres usines, les ouvriers formulèrent une demande d’augmentation de salaire.

Un refus hautain et dédaigneux accueillit cette légitime demande.

Les travailleurs qui, en apportant à l’usine Vanden Kerkhove le concours de leurs bras et de leurs intelligences, en ont fait la richesse, avaient certes le droit de réclamer, d’exiger [l au besoin de n’étre point traités en bâtards, dès que l’état de prospérité de l’établissement permettait de donner des salaires plus élevés à leurs nouveaux compagnons de travail.

Il eût été juste, en effet, de faire participer au relèvement | des salaires les anciens ouvriers, qui avaient connu les années | mauvaises et s’y étaient résignés avec une patience dont on aurait pu leur tenir compte.

On a méconnu les services rendus par cette vaillante ! pléiade de travailleurs, on n’a point voulu entendre l’exposé de leurs griefs.

Une grève s’ensuivit, provoquant dans la classe ouvrière gantoise un admirable mouvement de solidarité. Dans tous les ateliers, dans toutes les usines, dans toutes les fabriques, des compagnons dévoués tirent des collectes, organisèrent [des souscriptions. Et bientôt l’on put avoir l’assurance que les pauvres enfants des grévistes ne souffriraient pas de la faim.

Il n’en fallait pas plus pour provoquer la colère patronale. .

Pour réduire les hommes à merci, il fallait trouver un moyen de frapper leurs cœurs de père. Un conseil de guerre patronal décida que l’on provoquerait la famine dans toutes les familles ouvrières dont le chef exerce la profession de métallurgiste.

Sur un mot d’ordre de ceux qui détiennent l’outillage industriel, tous les métallurgistes furent forcés au chômage. Oomme s’ils voulaient eux-mêmes prouver l’iniquité de l’orga-

nisation industrielle, — qui met entre les mains des oisifs la propriété des instruments de travail et leur donne le pouvoir exorbitant de forcer des milliers de travailleurs à se croiser les bras, — le lock-out fut déclaré, pour la première fois en Belgique.

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