CONCITOYENS
Aujourd’hui se trouvent en présence deux forces puissamment organisées :
D’une part, les patrons coalisés, décidés à tenir leurs établissements fermés jnsqu’à ce que les ouvriers de l’établissement Vanden Kerkhove se soient soumis.
D’autre part, les travailleurs, dont une minorité seulement était organisée en syndicat sous les auspices du Parti ouvrier avant la grève, et aujourd’hui complètement groupés pour résister à la domination patronale.
Pour les premiers, l’enjeu de la lutte est le maintien d’une \ prépondérance injustifiable, d’une autorité jalouse de tout contrôle, impatiente de toute opposition.
Pour les travailleurs, il s’agit de faire respecter leur dignité j d’homme foulée aux pieds par des patrons arrogants, de la ; défense d’un misérable morceau de pain péniblement gagné à la sueur de leur front, et de leur droit d’égalité comme partie signataire du contrat de travail.
Le courage des grévistes n’a jusqu’ici point connu de défaillance et c’est pour tuer dès l’origine les sentiments de solidarité dont l’admirable expansion a effrayé les capitalistes gantois, que l'on a décrété le lock-out .
Entre ces deux belligérants qui luttent à armes inégales, — les uns jouissent de la puissance que donne la possession de la richesse, les autres n’ayant que la force de leur union et d’un dévouement sans borne à la cause du travail, — vous vous prononcerez en faveur de ceux qui ne marchandent point leur labeur à une société ingrate qui, pour toute récompense, les jette sur le pavé sans s’occuper de ce que deviendront leurs familles.