LES ÉLECTIONS COMMUNALES
Le gouvernement, en présentant son projet de loi en vue des élections communales, n’avait qu’une pensée : empêcher la classe ouvrière de faire sa trouée dans les conseils communaux.
Le parti conservateur prend de plus en plus des mesures d’exception à notre égard; les lois votées en ces derniers temps n’ont eu qu’un but : diminuer la force du Parti ouvrier.
Une autre constatation, c’est la transformation qui s’opère dans les partis adverses. Il n’y a plus à ce jour devant nous qu’un parti conservateur composé de doctrinaires et de catholiques.
La loi communale, que nous subissons aujourd’hui, fait que le ballottage ancien est remplacé par une application
restreinte de la représentation proportionnelle. Cette disposition ne pouvait atteindre les communes où les cléricaux sont en majorité; d’autre part, les saintes milices ont pénétré dans les hôtels communaux de nos grandes villes et de nos communes industrielles.
Les quatre infamies électorales ne paraissent pas présenter de garanties suffisantes pour assurer le triomphe du conservatisme, il a fallu à côté de cette caricature de représentation proportionnelle, tripoter le texte des articles s’y rapportant.
C’est dans ces conditions d’infériorité que le Parti ouvrier se présenta au scrutin du il novembre. La portée de l’élection avait double but : la conquête des conseils communaux et la défense de nos écoles.
Et que dire du résultat?
Nous affirmons, que nous seuls avons le droit de nous réjouir de nos succès et de nos revers, car ceux-ci sont dus à la loi communale et nos victoires à l’irrésistible poussée qui a renversé tous les obstacles.
Les succès du 17 novembre furent complétés le dimanche suivant par l’élection de 34 conseillers socialistes formant délégation dans douze communes comptant une population totale de 854,000 habitants.
Les élections communales ont achevé de disloquer les cadres des bataillons bourgeois. Au fur et mesure que nous constatons le groupement des travailleurs, tant de l’industrie que de l’agriculture, sous le drapeau du Parti ouvrier, nous observons les conservateurs de toutes opinions se rapprochant pour la défense de leurs coffres-forts.
Cette concentration des privilèges activera l’organisation des travailleurs.
Le Parti ouvrier a lutté dans 507 communes, soit près du quart des communes de tout le pays. Il obtient une
représentation dans 288 communes, et parmi celles-ci, 78 comptent une majorité socialiste. Ajoutons qu’une trentaine de communes ayant plus de 15,000 habitants possèdent des élus socialistes.
De la nomination des bourgmestres nous ne dirons qu’un mot. Le ministère fort de l’arme qu’il possède a usé de son autorité pour mettre les élus socialistes hors la loi. Il a démontré qu’il désirait favoriser les amis politiques en les nommant bourgmestres, malgré la volonté expresse de la majorité des élus de nos communes.