LA PROPAGANDE ANTIMILITARISTE
Le Parti ouvrier dans sa propagande a toujours dit aux gouvernements bourgeois :
Si vous maintenez le régime dangereux et détestable de la conscription et du remplacement, tous vos miliciens
deviennent de nos recrues; et leurs mères désolées, leurs pères exaspérés, leurs familles en émoi, par votre fait, parce que votre égoïsme vous pousse aux pires aveuglements et aux plus périlleuses maladresses, sont autant de propagandistes que vous nous adjoignez.
Nous ne voulons pas examiner à fond la question, ni même exposer ce qu’a fait le Parti ouvrier. Le rapport particulier du Congrès sur la matière et celui de la Fédération nationale des Jeunes gardes en diront suffisamment.
Constatons pour le moment les énormes progrès réalisés, la bonne marche et l’activité des groupes ainsi que la création de nombreuses jeunes gardes, entre autres à Laeken, Hal, Vilvorde, Koekelberg, Nivelles, Grammont, Menin, Morlanwelz, Tournai, Rance, Ransart, Chapeiielez-Herlaimont, dans l’arrondissement de Verviers et les environs de Liège.
Le 23 octobre le parquet décidait des poursuites contre le Journal La Caserne. Le but avéré est de décourager les vaillants jeunes gens qui, dans le Parti ouvrier, ont spécialement consacré leurs efforts à la propagande antimilitariste.
Le mémo jour les amis Logen et Troclet, comparaissaient devant le juge d’instruction de Liège pour répondre d’un discours prononcé à Herstal la veille du départ des conscrits, nos deux amis sont condamnés à plusieurs mois
Nos amis Rens, De Boeck, Wilmet, Gilles, Michotte, Volkaert et encore Troclet sont à leur tour frappés par la cour d’assises du Brabant.
Le jury a eu peur, il a tremblé pour les privilèges de la bourgeoisie et pour ses coffres-forts.
C’est en vain qu’on espère abattre notre énergie et enrayer notre propagande. Sept jeunes gardes sont
tombés, cinquante autres ont pris leur place. C’est tellement vrai que le jury brabançon amenait au banc des accusés nos amis De Brouckère et Lekeu poursuivis pour avoir dans “ Le Conscrit » prêché le respect de la vie humaine, pour avoir dit de ne pas tuer. Nous ne voulons pas entrer dans les détails des magnifiques débats qui se produisirent à la Cour d’assises. Disons que c’est le procès du Socialisme qui y a été fait, que le jury n’a pas su faire abstraction de ses intérêts de classe et qu’il n’a su oublier qu’il avait devant lui des adversaires politiques.
Ce procès, comme les précédents, a permis au Parti ouvrier d’exposer clairement son idéal. Ces condamnations, qui ne peuvent atteindre l’idée socialiste, font que notre idéal apparaît plus rayonnant et plus beau que jamais.
Continuons cette bonne propagande, Compagnons, que la question antimilitariste soit notre principal argument dans la campagne législative que nous ouvrons.