LES BUDGETS
Selon rengagement pris au mois d’août dernier, la Chambre a commencé, dès le mois de novembre, la discussion du budget des chemins de fer.
Trois de nos amis : Anseele, Bertrand et Vandervelde avaient été spécialement chargés par le groupe de s’occuper de la discussion de ce budget important.
Ils ont donc parié, énumérant tous les abus, les dénis de justice existant; ils ont réclamé de nombreuses réformes dans l’intérêt de« ouvriers et expliqué, dans les grandes lignes, de quelle façon le parti socialiste comprenait l’organisation de ce grand service public.
Depuis toujours, le ministre des chemins de fer ne prenait la parole, dans la discussion de son budget, que lorsque déjà une quarantaine d’orateurs avaient parlé. Cette foisci, et pour la première fois, M. Yandenpeereboom a demandé la parole après les discours des trois orateurs socialistes. Il faut croire que ces discours avaient porté, avaient produit leur effet, pour que le czar du chemin de fer se montra ému et se donna la peine de répondre, sans plus attendre, à l’assaut dont son administration avait été l’objet.
11 parla donc, rappela les réformes introduites par lui, mais se borna à traiter deux ou trois points seulement, parmi lesquels la durée du travail des agents de l’Elat, et, à ce sujet, avec un aplomb imperturbable, il affirmait que
les machinistes, loin d’être surmenés, ne travaillait en mo3renne que 5 heures 37 minutes par jour.
Invité à faire la preuve de son affirmation, le ministre refusa et le citoyen Bertrand déclara alors, en pleine Chambre, que M. Vandenpeereboom avait menti et que, d’ailleurs, ce n’était pas la première fois que cela lui arrivait.
La discussion du budget des chemins de fer fut interrompue pour discuter et voter le budget des voies et moyens et la loi fixant le contingent de l’armée, deux projets devant être votés avant le 31 décembre.
Puis, au lieu de reprendre la discussion du budget des chemins de fer, postes et télégraphes, le gouvernement proposa de voter d’abord les lois sur l’alcool et le tabac, puis, plus tard, d’autres lois dont celle sur les règlements d’atelier.
Cette façon de procéder est toute nouvelle. On ne discutera plus les budgets que pour la forme, quand lés dits budgets seront dépensés pour la plus grande partie!