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LA CAISSE DES GRÈVES

Le rapporteur signale que l’organisation syndicale ne suit pas une marche assez progressive, que les grèves se multiplient et que les patrons pratiquent le lock-out dans le but de décimer les forces ouvrières.

A cette coalition des patrons, il faut opposer une caisse des grèves. Cet organisme a existé jusqu’en 1890 dans le Parti ouvrier, mais à cette date elle fut rendue facultative.

Le Parti ouvrier, qui compte actuellement 500 groupes affiliés, est assez fort pour rétablir cet organisme qui doit être national.

A ceux qui objectent que la caisse des grèves entraînera l’obligation d’exiger des syndicats de nouvelles cotisations, le rapporteur répond que ces cotisations ne seraient pas aussi élevées que les versements volontaires faits depuis six mois par voie de souscription en faveur des grévistes.

Il s’agit donc simplement de donner à cette subvention le caractère obligatoire et régulier. Il faudrait nommer un secrétaire-trésorier chargé de faire rentrer les cotisations pous la caisse des grèves.

Celle-ci doit être nationale pour éviter que l’industrie ne se déplace, quittant les régions où la caisse des grèves est organisée pour se rendre dans celles où elle n’existerait pas.

La cotisation doit être obligatoire et fixée au minimum de 10 centimes par mois.

Le mouvement des grèves doit d’ailleurs être réglementé, on ne doit s’engager dans la lutte qu’avec chance de succès.

Les conclusions du rapport sont :

1° Il est créé une caisse de grève pour soutenir les ouvriers en grève ou victimes du lock-out ;

2° La cotisation est obligatoire et fixée à 10 centimes par membre et par mois ;

La participation à cette caisse est obligatoire pour tous les syndicats qui n’ont pas une caisse de ce genre actuellement pour leur corporation.

Le Syndicat des Mineurs de Mariemont demande l’ajournement de cette question au prochain Congrès comme premier objet à l’ordre du jour. (Adopté.)

Le Congrès se prononce ensuite en faveur de la proposition (7, c. de l’ordre du jour) du Syndicat de Mariemont, tendant à ce que chacun des syndicats affiliés au Parti ouvrier ait un correspondant pour le journal Le Peuple.

La question 7, d. : Syndicat des Menuisiers (Bruxelles) : Réorganisation des Syndicats. — Fédérations régionales et nationale est renvoyée au Congrès de 1897.

Le Congrès discute ensuite la question 7, e.

Lallemand, délégué des Marbriers de Bruxelles, demande que l’on n’admette dans les ligues ouvrières et coopératives que les ouvriers faisant partie de leur syndicat professionnel.

Plusieurs délégués. — Nous sommes tous d’accord.

Van Loo déclare que dans toutes les ligues ouvrières on fait de la propagande en faveur des syndicats.

Moreau engage les ligues ouvrières d’exiger que leurs

membres soient affiliés aux syndicats et réciproquement les syndicats engageront leurs membres à s’affilier aux ligues du Parti ouvrier.

Le Congrès émet un vœu dans ce sens et rejette la préposition de rendre cette décision obligatoire.

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