PROPRIÉTÉ INDIVIDUELLE ET DROIT PRIVÉ. LE
MARIAGE ET LA VIE DE FAMILLE. SYSTÈME d’É-
PARGNES ET d’aSSURANCES. DÉPENSES POUR LA
BIENFAISANCE, l’hUMANITÉ , LA RELIGION ET AUTRES INSTITUTIONS MORALES.
Nous avons trouvé jusqu’ici qu’en ce qui con cerne la production, l’échange et l’évaluation des biens, le principe socialiste ne conserve rien de ce qui caractérise, essentiellement ou par voie de conséquence, le système de la production privée. Le louage privé des services (salariat), le capital de spéculation (individuel ou de sociétés), la concurrence, le marché et la , Bourse, les prix et les cours du marclié, le , commerce avec tout son cortège d’annonces | et de réclames, le luxe des étalages, l’emploi ’ du numéraire métallique, le crédit, les loyers, les fermages et toutes les formes actuelles du revenu privé (salaire, bénéfice, intérêt, rente foncière et immobilière), le revenu public dérivant des revenus privés (c’est-à-dire le système actuel d’impôts), en un mot tous les traits caractéristiques du régime économique moderne
doivent nécessairement et définitivement disparaître avecravènement du principe « social » de la production et de l’échange. Tout cela ne serait plus^ qu’une « catégorie historique dépassée ». C’est tout un monde nouveau qui s’ouvre, où il est à peu près impossible de pénétrer en pensée, quand on aborde pour la première lois ces doctrines. Seule, la grande production collective fondée sur la division du travail passerait, comme le fruit mûr du capitalisme parvenu à son développement complet, de l’Etat bourgeois cà l’État socialiste, oii elle trouvait l’application la plus étendue.
Nous devons maintenant aborder de plus près les catégories économiques de la distribution et de la consommation des richesses, des revenus et de remploi des revenus, et nous demander quelle forme prendrait le revenu dans l’État socialiste, et comment il serait employé à la consommation et à la formation d’une propriété privée.
Nous savons déjà qu’il n’y aurait d’autre revenu privé — abstraction faite des dons et des olîrandes volontaires, — que du revenu de travail.^ La répartition des produits se ferait par la liquidation des bons de travail dans les magasins publics de livraison. L’antinomie du profifet du salaire appartiendrait désormais, selon la formule de Marx, aux catégories historiques défini- ‘ dvement dépassées.
Nous savons aussi que la collectivité ne tirerait plus son revenu des revenus privés des Citoyens, c’est-à-dire que le système actuel
d’impôts ne serait pins applicaltle. Ce cpie la collectivité aurait reconnu nécessaire aux besoins publics serait directement pi élevé dans les entrepôts oublies et employé à la solde des lônctionnaires publics. Il est singulier que cette conséquence logique, dont l’imposante simplicité abolit le système actuel des impôts, n aU pas été déduite, ou du moins qu’elle n’ait pas lait l’objet d’une étude attentive de la part des socialistes11 est tout à fait évident que le système d’impôts qui tire le revenu de l’Etat des revenus privés est propre au régime de la production individualiste ; dans l’Etat socialiste, l’impôt unique sur le revenu lui-même serait une pure absurdité.
Comment donc, dans l’État socialiste, serait: régdé remploi possible des revenus privés ?
On peut concevoir quatre modes d’emplois ; volontaires des revenus : Cou sommation personnelle, — Épargne personnelle (accumulation, directe de richesses, — Transnussion à autrui, contre paiement (accumulation indirecte de ri-j cliesses), — Enfin, cloncition a des tieis.
Nous examinerons brièvement et très géné-v râlement ces quatre cas au point de vue des conséquences du principe socialiste.
1 Que celte conséquence n’ait p.as été examinée en detail' c’est possible; mais elle a été certainement deduile au moins par les socialistes français, qui ont soin chaque fois tiii’ils disent : A chacun l éi/incalent Au proAui, Ae son liaiail d’aioiiter ; les charges sociales étant remplies, c esl-adire la somme do richesse nécessaire aux services piiolict étant d’abord prélevée. (Note de Benoît .M.vlox).
1. — Consommation personnelle. — Le principe de la production collective n’empêche nullement fjue chacun se procure, avec Téquivalent du produit de son travail, ce qui répond à ses besoins et à ses désirs. Seulement il se pourrait ([ue rÉtat socialiste condamnât certains besoins physiquement et moralement nuisibles ou incompatibles avec ses principes, et les supprimât en ne produisant et en ne fournissant plus les moyens de les satisfaire. Pour tout le reste, l’emploi privé du revenu et le libre choix des besoins individuels resteraient intacts (voir plus haut chap. III).
2- — Épargne et formation de propriété individiielle. — L’épargne aussi, sauf les cas où elle aurait pour objet des moyens de la production collective, est parfaitement compatible avec le principe fondamental du socialisme.
Contrairement à des opinions fort répandues, il faut répéter encore que le socialisme n’exclut ni la propriété en général, ni la propriété privée. Le collectivisme, il est vrai, veut la socialisation de tous les capitaux productifs, mais il ne supprime pas la propriété privée. Chacun reste libre de consommer immédiatement ou d’accumuler les biens qui ne servent pas à la production, et même la transmission héréditaire des moyens de consommation individuellement appropriée n a rien qui soit incompatible avec le collectivisme. Le socialisme n’exige nécessairement ni la suppression de la propriété privée, ni le nivellement des besoins.
Seuls, les instruments du travail collectif — non ))as les moyens de consommation indivi- (luelle — doivent et peuvent être mis en proiiriété collective. Il est impossible de concevoir même la socialisation de moyens d existence ciui ne peuvent être consommés qii’individiiellemeiit, de vêtements qui ne peuvent etre nortés que par une seule personne, de. moyens de culture qu’un seul individu peut employer.
Il est d’autant plus nécessaire d’insister ladessus, que l’opinion publique est porlee a attri- Imer aux collectivistes bien plus de communisme et d’idées nivelleuses en ce qui touche l’emploi du revenu et la conduite de la vie pratique, qu’il n’est juste et exact de le faire si Ion se reporte aux écrits des socialistes et si 1 on ^ envisage les conséquences logiques du socia- ^ lisine, alors que la même opinion parait a peine j se douter de l’immense bouleversement que le f socialisme produira dans le domaine de la pro- , duction et de l’échange. Il est très regrettable .
ClUULiv;ii X (
et très fâcheux qu’on ne veuille pas se fane, , avec calme et avec réllexion, une idee exacte du principe collectiviste et de sa véritable por- • tée, et qu’on soit incapable de distinguer entre ; ce qui, dans le socialisme, est essentiel, et ce,^ qui est hors d’œuvre. Il en résulte tp.e dunei part 011 amoindrit l’importance du socialisme et :,ue d’autre part on le déligure monstrueusement. On voit môme des hommes instruits aire, preuve, en ce qui concerne la «.négation de la propriété », d’une ignorance telle qu elle saute aux yeux de milliers de travailleurs sans cultui e,
((ui voient volontiers dans cette ignorance l’indice de la malveillance des classes dominantes.
Nous y insisterons donc : il n’est pas vrai que le collectivisme veuille abolir toute propriété, qu’il soit la négation pure et simple de la propriété. Il repousse uniquement V appropriation privée des moyens de production^ et il veut y substituer la mise en propriété collective de ces mêmes moyens de production (biens fonds, ateliers, machines, etc.). La propriété privée des moyens de consommation ou de jouissance n’est pas ni ne peut être supprimée. Aucun socialiste contemporain n’est assez imbécile ni assez fou pour condamner l’appropriation privée et le libre emploi des moyens d’existence, tels que vêtements, mobiliers, livres, etc. La propriété collective doit s’étendre seulement aux moyens de production de la portion du travail déjà régie aujourd’hui par le principe de la coopération et de l’organisation, c’est-à-dire au capital, à la manière dont l’Etat etles communes possèdent déjà les routes, les places publiques, les institutions commerciales des transports, de la justice, de l’enseignement, de la police, etc. Ainsi on se propose d’étendre le principe collectiviste, déjà amplement appliqué aujourd’hui, aux moyens de production du travail lorganisé, c’est-à-dire au capital social; et il est bien évident que la propriété individuelle ne se trouvera réduite que dans la mesure et dans les domaines où la propriété collective aura été étendue.
Nous insistons fortement sur ce point, non pour prendre à notre compte ou pour combattre cette extension de la propriété collective, mais pour empêcher qu’on ne présente cette ques- , tion sous un jour faux. Quiconque connaît ^ quelque peu la littérature socialiste sait combien les agitateurs du prolétariat savent profiter de cette insinuation, suivant laquelle le socia- , Usine voudrait l’abolition absolue de toute pro- i priété, pour accuser les classes possédantes et ^ instruites de mauvaise foi, de calomnie et de | basse et mensongère dénonciation. Et, en , effet, il n’est pas vrai que le socialisme réclame « des partages annuels. Ce qu'il demande, c est î le rachat des moyens de la production sociale, comme s’opéra jadis le rachat des chaiges et , servitudes féodales ; et il veut ensuite mettre | en commun ces moyens de production, et PQ" tac>’er le produit annuel, créé a 1 aide du capital j social, entre tous les travailleurs, au prorata du J temps et de la qualité de leur travail, c)u,| communistement, de leurs besoins. 11 Obt ^ parfaitement permis de juger ces reven- ^ dications impraticables et même impuissantes a , réaliser le but qu’on poursuit, mais il n’est pas| vrai qu’il s’agisse d’un partage périodique de^ fruits du travail et de l’épargne de chaque indi-.: vidu avec des parasites fainéants; et il n est^ pas vrai non plus qu’il s’agisse ce qui serait une idée insensée — d’abolir la propriété privée ! des moyens de consommation, lesquels, de par i leur nature, ne peuvent être consommés ([ue j privément, soit par un seul homme, soit j
dans le cercle clos d’iine famille. 11 n’est pas davantage vrai que le principe de la propriété collectiviste soit un principe entièrement nouveau, étranger et hostile au droit existant; car toutes les personnes morales, depuis l’Etat, rÉglise et la Commune, jusqu’à la famille, comportent la propriété collective dans une large mesure.
La vraie question est celle-ci : les moyens de production, en tant qu’ils sont la base fondamentale du travail collectif, dès aujourd’hui organisé et réparti, doivent-ils devenir la propriété collective — nationale ou communale — du corps social de la production ? C’est toute la question. Qu’elle soit résolue de cette manière ou d’une autre, il est évident que ni la propriété privée de tous les biens, ni la propriété en général ne sont en cause. Toute discussion raisonnable devient impossible, et l’on ne fait qu’exciter les passions du prolétariat, quand, au lieu de s’en tenir exactement à la question véritable, on attribue au socialisme des choses qui lui sont tout à fait éti*angères; danger immense, car accuser le socialisme de vouloir des partages sans cesse renouvelés, alo*rs qu’il veut l’organisation collective durable des moyens de production, c’est s’obstiner à prouver trop, c’est-à-dire à ne prouver rien.
La suppression du droit d'héritage pour Findividu et pour la famille n’est pas davantage une conséquence nécessaire du socialisme et ne lui importe pas particulièrement.
Le socialisme pourrait dire avec raison aux
exaltés qui veulent abolir tout droit d’héritage : « Que Dieu me garde de mes amis ! » Le principe du collectivisme laisse au droit d’héritage juste autant de place qu’à la propriété privée, quelles que soient les fables débitées là-dessus par les socialistes anciens et récents, et bien qu’aujourd’hui encore certains écrivains socialistes à l’esprit confus allèchent le prolétariat en parlant de l’abolition ou d’une restriction importante du droit d’héritage.
Sans doute, il est bien entendu qu’aucun droit d’héritage privé ne saurait être attaché au. capital. Mais, une fois que le socialisme aurait supprimé l’appropriation privée du capital, des moyens de production — de la même manière que la révolution bourgeoise de 1789 a supprimé les droits féodaux sur la terre, et en a rendu impossible la résurrection — rien n’empêcherait qu’il accordât le droit d’héritage des moyens de consommation, vêtements, meubles, moyens d’instruction ou d’amusement, objets d’art, etc., sans porter la moindre atteinte à son principe fon damental.
Ce droit d’héritage serait d’ailleurs forcément limité ; car l’excédent des moyens de consommation qu’on pourrait léguer serait nécessairement médiocre, vu que la richesse actuelle des particuliers en moyens de consommation disparaîtrait avec la propriété des moyens de production et les sources abondantes de revenus.
Bien des gens ont trouvé incompréhensible que Karl ^Nlarx, de tous les socialistes le plus influent et le cerveau le plus logique, n’ait pas
réclamé, en premier lieu, l’abolition du droit d'héritage dans l’État futur. Il sulTit d’un peu de réflexion pour comprendre qu’étant donné la socialisation des capitaux, le droit d’hériter des moyens de jouissance n’a plus qu’une importance infiniment secondaire. 'Même si les socialistes obtenaient aujourd’hui le rachat des capitaux, sous une lorme analogue à l’aholition par la bourgeoisie des droits sur le sol féodal, ils pourraient fort bien consentir à la transmission héréditaire des valeurs données en échange, puisqu’elles ne pourraient être, comme nous l’avons montré plus haut, (chapitre II), en capital ou en annuités, que des valeurs représentatives de moyens de consoinmaiion et non pas de moyens d’ acquisition. Les fils des millionnaires se chargeraient de réduire à des proportions raisonnables, dans l’espace de peu de générations, les moyens de jouissances des dynasties capitalistes actuelles.
Le droit d’héritage n’est vraiment un gros imorceau (si l’on peut ainsi parler) qu’aussi ilongtemps que les capitaux — moyens de production, sources de revenus — sont objets de propriété privée. Une fois cette condition modifiée, il ne saurait plus y avoir que des successions modestes, qui ne pourront avoir pour eflet, dans l’État socialiste, d’inquiétantes inégalités de fortunes.
Ce qui est surprenant, c’est que l’agitation mcialiste n’ait pas depuis longtemps protesté :)lus hautement et plus solennellement encore |mntre l’imputation de vouloir abolir le droit
d’héritage et le droit de tester. Le socialisme pouvait, on le voit, sans mentir à ses principes, protester en toute sincérité.
Après toutes nos remarcjues sur les conséquences économiques du socialisme pour la consommation et la vie de ménage, il est aisé d’évaluer les conséquences qu’il entraîne pour le mariage et la famille.
Chez les socialistes de nos jours, on rencontre (‘à et là des manières de voir lort libres relativement au mariage et à la famille, et qui vont chez quelques-uns jusqu’à admettre l’amour libre : ; on trouverait aisément à cet égard des citations . fort compromettantes. ^lais hatons-nous d ajouter que parmi les possédants et les hommes ^ des classes cultivées, il en est qui professent | et souvent pratiquent aussi bien Vamour libre \ cpie la religion libre. C’est pourquoi, pour ; riiomme politique qui regarde un peu loin, la • (piestion véritable est de savoir si l’abolition du ! mariage indissoluble, de l’éducation lamilialej et du droit familial d’héritage sont ou ne sontj pas des postulats essentiels du socialisme. Or, ; à cette question, il faut répondre négativement. | L’abolition de la propriété privée des moyens de production collective réduit si fortement, à elle seule, indirectement, l’inégalité des conditions d’existence, de l’éducation lainilialeet des fortunes héréditaires, que 1 Liât socialiste pouirait, mieux qu’aucun autre, accorder sans aucun riscjue la liberté individuelle des conditions de vie, de l’éducation familiale et de l’hérédité des
moyens d’entretien et de jouissance. Il n’y aurait pas nécessité absolue d’organiser en commun, à la manière de Fourier, les dortoirs, les rélectoires, les salles de jeu ; et la contrainte sociale n irait guère au delà de l’instruction obligatoire d aujourd’hui. Sans doute, la cuisine, le nettoyage, 1 éclairage, le chauirage devraient être organisés autrement, parce que les serviteurs personnels — qualifiés d’esclaves domestiques par le socialisme — devraient être remplacés, en partie par des procédés mécaniques étendus aux travaux de ménage, et en partie par la libre vocation de ceux qui préféreraient ce genre de travaux.
11 est (‘ertain que le luxe des magnifiques cuisines privées et des salons privés disparaîtrait^ mais il ne faudrait pas renoncer nécessairement pour cela à la table privée et au logement privé ; et la mécanique serait conduite à exécuter beaucoup de travaux qui incombent maintenant aux domestiques. La physionomie des maisons de- ^iendrait tout autre : point de palais luxueux appartenant à un seul, point de trous infects en guise de logement ; mais la demeure privée et la vie de famille resterait parfaitement possible.
Les socialistes contemporains doivent s’attendre à une grande opposition contre l’amour libre de la part de populations qui seraient à peu près tout entières au niveau de culture des L'iasses moyennes d’aujourd’hui h
1. Ces populations seraient moralement supérieures par eur instruction plus rationnelle et par la cessation de l’an- .agonisme des intérêts. Qu’entend-on par rtmowr hbre ? Les
Tout le monde répugnerait autant qu’aujourddiui à se laisser ravir par l’État et les maîtres d’école enfants, parents ou époux. Les pédagogues à l’esprit faux, les libertins et autre's exaltés du socialisme ne réussiraient pas envers et contre tous, contra natuvain ; ils se briseraient la tête contre un obstacle insurmon table, et ce serait fort bien fait.
Certainement la vie intérieure de la famille serait adaptée directement au régime de la production, et le travail féminin en excès y trouverait son emploi. Qu’on ne s’y trompe pas, le socialisme pourrait acquérir une puissance convaincante prodigieuse, précisément en ce qui concerne la pureté de la vie de famille, le mariage, l’habitation, le travail des femmes, etc., s’ilcon- ^ sentait à renoncer aux tendances irreligieuses ? et matérialistes qui ne dérivent pas nécessaire- ; ment de ses principes, qu’il a en commun avec ; toutes les classes de la société présente, et ,
socialistes demandent en général Vunion libre, c'est-à-dire s le mariage vivifié par la liberté et n’ayant d antre lien que | l’aniour réciproque et l’acceptation de devoirs ou pour mieux \ dire la moralité des conjoints. 11 est évident que cette forme c matrimoniale appelle des contractants supérieurs en inoriQte J aux membres de la société bourgeoise actuelle. Le mariage « légal indissoluble est une précaution sociale prise contre des individus qu’on juge indignes de pratiquer librement leurs devoirs. 11 en est ainsi de presque- toutes les lois, bonnes ou mauvaises; à mesure que progresse la ciNilisation, le nombre de ces lois va diminuant; elles doivent péiii , quand elles ne sont plus une furnie éducative. Les lois matrimoniales ne font pas exception ; elles disparaîtront quand, n’étant plus qu'une pure oppression, elles répugneront a la dignité humaine. Et il en sera ainsi en civilisation socialiste, on peut le prévoir. (Note de Benoît INIalon).
dont la formule particulièrement cynique lui vient de ses premiers fondateurs français, — par exemple le Phanérogamie de Fourier ^
3. — Après avoir parlé de la liberté d économiser et d’employer les revenus privés, il nous reste à examiner si le socialisme peut aussi garantir les épargnes, c’est-à-dire organiser 1 épargné et l’assurance au moyen du prêt et du
• emment auteur nous paraît être tombé ici dans une .rieur d appréciation et une erreur de fait. L’erreur d’an mcfi? ' concernant la grande utilité que trouverait' ^Je mciali^me a se faire religieux et spiritualiste, nous ne l i simplement a présenter la Onintes- ■ence du soccalisme ^ux lecteurs français, sans avoiVà 1 a'
> ou\er de la première a la dernière ligne. G est aux lec eurs a juger ce puissant travail. L’eimeur de faitcoLisL' ne que ce sont les socialistes français qui ont donné au
-lit tttrti's'
si-èi-tr 1 T
ren et le Russe Herzeu étaient au couflire’ netmenî terialisles. Cette rectilioation na pas puui- but de re- SSCI pour les premiers socialistes français une accusa- 1 qui serait deshonorante ; nous voudriJns au contraire ^ été sd méritée ; leur action n eût
lent pou. le socialisme, presque tous ont voulu d’abord istianiser. (Note de BexoÎt Malon). <iaboid
crédit, et, s’il le peut, comment il doit l’organiser en vertu de ses principes. •
Il est bien évident c,ne la transmission de,,
épargnes serait dans l'avenir absolninentimpos-
Xle^ponr ce qui est des placements a interet Les moyens de production ne pouvant plus et , oropriélé privée, le transfèrement prive do ’usa-e du Lpital (d’où découle l’interet comme
priï'le luig. d.. cpil.l n...™..
plus de raison ni de possibilité d etre.
‘ Mais en revanche, rien n’empeclierait de transporter dans l’avenir des épargnes jusqu s une certaine somme et pour un certain laps einps La portion des revenus du travail qu. nesm'ait pas immédiatement employée |murra être pour l’avenir, portée tout entiere a 1 act,, de cehii qui aurait fait cette épargne. Les epai. celles pavables et les épargnes reportées s eqi^ mireraient, et ce transfèrement de droits a de produits en nature ne portant pas inteitt pourrait aucunement avoir pour ellet de trouble l’harmonie économique de la société socia s ^ LÏroanisatiou de la production collective coq porte parfaitement ce crédit d épargnes pajabh
^ r clce.:C“ion de revenus considérables ^ vue de buts privés (voyages, etudes, asso tions) ne serait pas interdite en principe, con i se plaisent à le dire actuellement les adi ei ,a hi^collectivisme, et comme nons-inemes no îtl longtemps admis. Seulement le ,ment et l’allocation d interets sciaitnt p lad^rolement abolis qu'ils ne l'ont jamais i
t par la législation canonique snri’nsnre ; il serait donne complété satisfaction an principe d'Aristote, que 1 argent « ne doit pas faire de petits ..
siens fde?r‘‘ ''“««‘‘OIS faites anx
siens, a des tierces personnes privées à rle>.
associations, n’est pas du tout contraire aux
pimcipes du collectivisme. Aussi la sociabilité
es iZfso"""'"’ '« )-nfaisancÏ:
les libies soins aux malades, la libre poursuite
c inteiets humanitaires, scienlifique.s et relipeux, sous la forme d’associations, sont-ils paraitenienl concevables dans un État collecviste Nous y insistons expressément, car mi Jit fiequemmentque le socialisme est impossible ne lut-ce que pour cette seule raison qu’il abolit’ avec la propriété privée tout iîKn/a ^ ’
inrlividiipl ^ ® inouvement
inciividuel. Cette servitude pourrait en eftéi
rS:;'!;;: sr: zï^paVr"^"'^
obligée du principe londa^renZduZZsr Chacun aurait le droit de faire, sans lésêren quoi que de soit le principe socialiste, des Ions consistant en bons de temps de tra^aiT à des pai ticuliers, a des associations, à des corporations et meme à des églises. '
Encore un point sur lequel nous nous arrè'e mntirrer"' ‘‘’«‘'JO«''d;iu,i est absoi,,-
hji^e n est qu luie institution policière
1 nrr f p. ol/ariat
U mojen d une traite sur le ciel, et que par
oasequent, il faut qu’elle disparaisse.
L’É<4ise et toute religion quelconc|ue son v
in.ùu, tiens religie.tses ,a. ne sont |..s liees
'‘li teîatni'nê'se cialistn. ». »«.«»».
ce qni concerne le colle sera ‘
charoe de cotisations volontaires des
;!“Sl « icaiti. a» poil» ‘'«g;™,"”""™'
comme institution publique. En ‘«"t
rÉcplise pourrait subsister a titre '
libre. entLteniie par les f/^^toup'
ndhérents. Cette forme sera celle de beaucoi {
d’autres associations, conslituees inclependamnent de l’État avec des fins religieuses, semn-, tiliaues techniques, politiques et sociales. Noim nous en tenons ici aux conséquences econonuj
ciues II est actuellement imppssible de pre u . nüeile séVa la destinée de l’Eglise chret.ennei de ce;te Internationale noire, si violemmen lépiitiiée par l’État libéral, si protondemen
résisleit Cela ne \'ého^visme et le inahomélisiue
“lû-é daL une religiou tiuniaine sup, rieure. (Note de Benoît Malon.)
détestée par V Internationale rouge, et de dire si, dans 1 État socialiste, elle pourra continuer de dominer et d’exercer une influence sur les âmes. Toujours est-il, nous l’avons montré, qu’il est possible de concevoir, dans l’État socialiste, une combinaison qui assure l’existence matérielle de 1 Église, tout en lui laissant sa liberté et son indépendance. C’est ce que ne doivent pas perdre de vue, à la veille de la séparation d avec l’État, les amis ni les ennemis de l’Eglise.
La science, l’amitié, l’humanité, la bienfaisance, tout ce qui a trait à l’utilité publique, trouverait aussi une place, pourvu que le socialisme s’en tînt à son vrai principe, qui est la réalisation du système de production collective. Ceux qui le contestent peuvent alléguer l’extravagance et la frivolité de quelques socialistes ; mais ces craintes ne sont nullement fondées, si l’on s’attache au principe économique qui devient de plus en plus la base du socialisme, et qui sera le centre cLes grandes luttes de l’avenir.
Puisse-t-on cesser d’étre dupes d’illusions dangereuses et de faire la guerre à des mouins à vent. Par cette manière de combattre le îociahsme, on travaille à rendre le socialisme dolemment révolutionnaire, ce qui amènerait a ruine des plus hautes conquêtes et des idéals es plus élevés de la civilisation.