ACTE PREMIER
dans la vie privée, il est... ce que lu sais... Quand je pense que pour ce pierrot qui a toujours vécu à nos dépens, qui m'a chipé mes pauvres économies, qui a fait mourir notre taate Descoings en lui volant son argent qu'il allait jouer au Palais-Royal et qui au lieu de reprendre du service...
AGATHE
Après avoir servi l'Empereur, il ne pouvait pas servir les Bourbons. C'est de la fidélité cela, mon fils. Ce sentiment fait honneur à Philippe. Et quand il aurait quelques torts envers nous, il faut les oublier : il est dans le malheur.
JOSEPH, lui baisant la main.
Ah ! maman ! tu es mère comme Raphaël était peintre, et tu seras toujours une imbécile de mère.
Entre Flore, FLORE, entrant.
Madame, M. Rouget va venir. Excusez-le s'il vous a fait attendre. Le pauvre cher homme n'est plus ingambe. Ne restez pas debout, madame; asseyez vous, monsieur.
Elle donne une chaise à Agathe et sort. JOSEPH, la suivant des yeux.
La belle femme.
AGATHE
JOSEPH
On dirait mademoiselle George.
AGATHE
Un de tes modèles?
JOSEPH
Une actrice de la Comédie-Française.
AGATHE
Tu admires une femme qui te vole une fortune?
JOSEPH
Oui^ mais quelle carnation! Quels méplats... Quelles rondeurs!... Et des épaules ! c'est une magnifique cariatide ! Quel modèle pour une Vénus Titien ! Sais-tu que mon oncle n'est pas une bête ! Je m'imaginais qu'il avait ramassé quelque...
Entre Rouget. Il est voûtèj il paraît plus vieux que son âge. — On se regarde — silence — gêne.
AGATHE
Tu ne m'embrasses pas?
ROUGET, ému.
Si! oh! si! Je suis bien heureux! Et voilà mon neveu?
JOSEPH
Oui, votre neveu Joseph. Il n'est pas bien beau, hein?
ROUGET, à Agathe.
Veux-tu boire ?
AGATHE
Non, merci.
ROUGET
Vous déjeunez avec nous?
Mai.sje... Nous sommes descendus chez ma marraine, madame Hochon.
ROUGET
Tu iras dire à ta marraine que tu déjeunes ici. Assieds-toi.
On s'assied. — Vcdie, du fond, les surveille.