ACTE PREMIER
JOSEPH
Oui, monsieur.
MAX, à Védie.
Védie^ prévenez M. Rouget que son neveu, M. Joseph Bridau, désire le voir, (védie sort.) Votre frère doit-il vous rejoindre à Issoudun?
JOSEPH
Mon frère... est retenu à Paris... par des affaires.
MAX
J'aurais été ravi de faire sa connaissance. J'ai servi l'Empereur comme lui; je suis le commandant Max Gilet.
Ah!
MAX
Votre oncle veut bien me témoigner quelque intérêt. Son père était mon parrain. J'espère, monsieur, que nous nous re verrons. J'aurai le plus grand plaisir à devenir de vos amis, (ii salue.) Madame I Viens-tu, Renard ?
RENARD
Oui. (En sortant.) AUons au café de la Gognette, je meurs de soif.
Ils sortent.
AGATHE
G'est donc ça, ce monsieur Gilet.
JOSEPH
Un beau gars! Ah! il a bien le physique de son emploi. Te voilà tout émue, ma pauvre maman !
AGATHE
Me retrouver dans cette maison, après quarante ans!
JOSEPH
Nous aurions mieux fait de rester chez nous. Ce voyage pénible et si coûteux, sera par surcroît inutile.
AGATHE
Il faut sauver Philippe.
JOSEPH
Le brigand! Après t'avoir ruinée il t'oblige à des démarches humiliantes.
AGATHE
Il n'y a rien d'humiliant à solliciter un secours de mon frère. Il me le donnera. Et je serais venue le chercher sur les genoux.
JOSEPH
Nous repartirons les mains vides : nous ne savons pas mendier. Nous perdons notre temps ici. Je travaillais si bien à Paris. Ce portrait de mademoiselle Léger avançait. Je le peignais avec amour, car je n'ai jamais eu d'aussi joli modèle. Et j'ai dû tout abandonner! Sacré Philippe, va!
AGATHE
Il faut nous dévouer pour lui.
JOSEPH
Nous ne faisons pas autre chose depuis dix ans. S'ilméritait notre sollicitude, encore! Mais mon frère est un bel exemple de ce que peut devenir un soldat énergique et résolu, rejeté dans la vie civile.
AGATHE
Sans les alliés, Philippe serait général, maréchal peut-être 1
JOSEPH
Oui, ou roi, comme Bernadolte ou Murât. Mais