ACTE DEUXIÈME
met à mon nom, je pars. Et pour le restant de sa fortune, il en fera ce qu'il voudra, il la donnera à sa sœur, à ses neveux, aux pauvres, je m'en moque.
MAX
Mais oui, ma petite Flore, mais oui!
FLORE
Et puis je veux aller à Paris. Je ne passerai pas toute ma jeunesse dans ce vilain trou* Ici on périt d'ennui. Gomme on doit s'amuser là-bas I
MAX
Nous irons à Paris, c'est convenu, tu le sais bien . Seulement...
FLORE
Seulement il faut qu'il prenne cette inscription de rentes. Voilà.
MAX
L'acte est préparé.
Depuis six semaines. Et que de peine pour le décider à écrire à son notaire de Bourges. 11 l'a fait. Aujourd'hui, impossible de lui arracher sa signature. J'ai crié, j'ai prié, j'ai pleuré, j'ai menacé. Ahlouin ! J'aurais pu chanter! Il est plus têtu qu'une mule.
MAX
Il manque de confiance.
FLORE
Tu ris ?
MAX
Non, et j'ai cherché un moyen pour l'amener à nous donner cette signature.
FLORE
Il devait la donner le 15 décembre. Le 14 il a pré-
tendu qu'il faisait trop froid pour aller à Bourges, il craignait d'attraper une pleurésie en route. Le 25, il s'est arrangé pour avoir une affaire à traiter à Issoudun avec Galand. On a remis le voyage au 2 décembre. Avant-hier il s'est avisé de vous offrir du Champagne ce jour-là. Tout ça c'est des prétextes, il ne signera pas.
MAX
Si. Avec un peu de diplomatie, nous l'amènerons chez maître Héron. Pendant que tu le tarabustais inutilement, moi, je réfléchissais. Et voici ce que j'ai imaginé. Une dernière fois...
A ce moment la porte s'ouvre, un homme parait — longue redingote reprisée, bottes éculées — chapeau gris cabossé — rosette d'officier de la Légion d'Honneur — canne en jonc — Grandes moustaches, jeux bleus, teint cuivré — chauve.
l'homme.
M. Rouget est-il là?
FLORE
M. Rouget?