‹ La rabouilleuse; piece en quatres actes (d'apres Balzac)Chapitre 32 sur 88 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

MAX

Pourquoi se montre-t-il aujourd'hui? A quoi a-t-il reconnu nécessaire son entrée en campagne ? Il ne s'est rien passé ces jours-ci, de nature... Voyons, voyons!.. Aurait-il appris que Rouget doit te faire une donation?

FLORE

Je n'en ai soufflé mot à personne.

MAX

Dans ces sacrées petites villes, tout se sait ! D'ailleurs il connaît le vieil Hochon, et Hochon est l'ami de maître Héron, le notaire. Si ce notaire a parlé ou écrit, je... Mais ce n'est pas de lui qu'il s'ngit. Oui, oui j'y suis, le colonel se décide à paraître pour empêcher son oncle de mettre l'inscription de rentes à ton nom.

FLORE

Et l'autre déjà qui n'y était guère décidé...

MAX

Il faut jouer serré, car nous avons affaire à un gaillard d'attaque et qui doit brailler comme un âne... ce qui lui donnera de l'influence sur notre Jeannot. Le moindre mal que nous ayons à redouter est qu'il lui rapporte les mille propos calomnieux qui courent sur nous.

FLORE

Il revient dans cinq minutes !

Oh ! nous ne l'empêcherons pas de voir son oncle. Si nous fermions la porte il rentrerait par la fenêtre. Mais nous pouvons... oui... j'hésitais encore à employer le moyen que j'ai trouvé pour attirer

Rouget à Bourges. L'arrivée de ce chien galeux me décide.

ORS'aNTO, entrant.

Commandant, connaissez-vous cet homme qui se promène sur la place Saint-Jean avec un individu aux cheveux filasse ?

MAX

C'est le colonel Bridau.

ORS'ANTO

Ah ! vous savez?

MAX

Oui. Mais toi, comment es-tu renseigné?

ors'anto.

Je suis entré tout à l'heure dans le café de la Cognette. Il y avait ce particulier-là, le grand roux. C'est l'ordonnance du colonel Bridau, un Polonais, qui l'a suivi à Issoudun. Il était avec François, l'aîné des fils Hochon.

MAX, à Flore.

C'est bien cela.

Dès qu'il m'a vu^ François a donné un coup de coude au Polonais, et lui a soufflé quelques mots dans le tuyau de l'oreille. Mais l'autre m'a regardé bien en face, puis il s'est mis à parler très haut. Il déclarait que son maître n'était pas homme à se laisser voler une succession par des... fripons, qu'il est de première force au pistolet, qu'il saurait se débarrasser des gens qui le gênent. J'avais envie de lui casser la figure. J'ai cru mieux faire de le laisser sortir intact et de venir vous réjiéter ses paroles.

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