ACTE DEUXIÈME
BRIDAU
Ah ! ça, vous avez donc fait votre testament?
ROUGET
Oui.
BRIDAU
Ça n'était pas gentil; une partie de cette fortune, celle dont nous a frustrés notre grand-père revenait à Joseph et à moi. Et puis c'était une bêtise. Où estil ce testament ? chez votre notaire ?
Non.
Où?
Là.
ROUGET
BRIDAU
ROUGET, désigne le secrétaire.
BRIDAU
Dans ce secrétaire ?
ROUGET
Oui. (Bridau va au secrétaire. Il fouille.) Mais Philippe...
BRIDAU
Quoi? Un testament, ça se refait. (Le met dans sa poche.) Et vous referez celui-ci quand Flore sera redevenue ce que jamais elle n'aurait dû cesser d'être : une servante aimable et soumise. Je lui ferai comprendre sa vraie position devant vous. Allez, à partir d'aujourd'hui vous allez être adoré, comme vous pouvez l'être, moitié fil et moitié coton.
ROUGET
Que va-t-il arriver?
BRIDAU
Il VOUS arrivera dans trois minutes mademoiselle Brazier, douce comme l'agneau pascal.
Dieu le veuille.
BRIDAU
La reine de votre cœur va rentrer ici. M. Gilet en est sorti. Ne serez-vous pas heureux comme un pape?
ROUGET
Elle ne me pardonnera pas la peine que je vais lui faire.
BRIDAU
Elle vous aimera et dru, je m'en charge.
ROUGET
Elle m'abandonnera.
BRIDAU
Non pas, tant que vous me tiendrez cette gaillarde-là par l'intérêt.
ROUGET
Elle ne rentrera pas.
BRIDAU
Voyons, mon oncle, si elle revient, si elle vous fait ses bons yeux, si elle vous chouchoute plus qu'autrefois, vous reconnaîtrez que j'ai bien manœuvré.
ROUGET
Oui.
BRIDAU
Et VOUS VOUS conduirez désormais par mes conseils?
Oui.