‹ La rabouilleuse; piece en quatres actes (d'apres Balzac)Chapitre 57 sur 88 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

RENARD

Buvons à la Grande Armée.

TOUS

A la Grande Armée 1

GARPENTIER.

Pourquoi ne voit-on pas votre neveu, monsieur Rouget? On m'assurait qu'il est à Issoudun. Est-ce vrai?

ROUGET

Mon... neveu... oui.

M. Rouget a eu à se plaindre du colonel.

MAX

J'ai reçu hier des lettres qui m'ont édifié sur le genre d'existence qu'il mène depuis dix ans et ce matin j'ai reçu les journaux qui relatent les incidents de son procès devant la chambre des pairs.

MIGNONNET

Ah! ah!

MAX

La conduite de M. Bridau a été celle d'un imbécile ou celle d'un mouchard.

GARPENTIER.

Je ne connais pas le colonel Bridau, mais j'ai entendu parler de lui à l'armée. Il n'avait pas la réputulion d'un imbécile et personne ne le croyait capable de trahir des camarades.

MAX

Possible, mais si je le voyais, avant de lui tendre la main, j'exigerais quelques explications sur le rôle qu'il a joué dans le procès de Paris.

FLORE

Commandant, monsieur Rouget ne veut pas qu'on aille quereller son neveu, il faut le laisser vivre dan s son coin.

POTEL

Ce sera sage. Il n'a pas la gueule d'un homme qui se laisse embêter. Je l'ai rencontré avant-hier, ses pistolets sous le bras. On dirait qu'il s'exerce l'œil et la main en vue d'une affaire.

MAX; haussant les épaules.

Peuh !... (Ors'anto a de nouveau ren^pli les verres. — Max

lève son verre.) Messieurs, puissious-nous tous nous retrouver à pareil jour, l'an prochain.

On trinque. — On va boire quand Bridau paraît, suivi de Kouski.

BRIDAU

Mes chers camarades, j'ai appris que vous deviez vous réunir chez mon oncle, ce soir, pour fêter l'anniversaire du couronnement de notre Empereur. Bien que, par quelque oubli excusable sans doute , on ne m'ait pas invité à me joindre à vous, j'ai pensé qu'on ferait bon accueil à un homme qui a porté les ordres du patron à la bataille de Montereau et qui a été décoré de sa main.

FLORE, très émotionnée s'appujant à la table.

Mais... certainement, colonel.

BRIDAU

D'ailleurs, nous avons, messieurs, deux grandes amies communes qui nous rapprocheront : l'armée et la patrie. Mais j'aperçois parmi vous un de mes anciens camarades. Je vais demander au capitaine Renard de faire les présentations.

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