ACTE TROISIÈME
BRIDA.U
Mais il me semble que...
GARPENTIER.
Oh ! vous l'avez insulté.
RENARD
Gilet est d'une force peu commune au coupe-chou. Veux-tu que nous essayions de... d'arranger...
GARPENTIER.
Après les paroles échangées il faudrait présenter des excuses.
BRIDAU, riant.
Je n'y suis guère disposé.
GARPENTIER.
Evidemment. Mais alors...
BRIDAU
Eh bien, faites pour le mieux.
RENARD
Nous demanderons à tout hasard le pistolet.
GARPENTIER.
Je crains que ces messieurs n'exigent le sabre.
RENARD
Tu sais, mon vieux, du repos, cette nuit. La moindre fatigue engourdirait ton bras. Et sur le terrain, il suffit d'arriver une seconde trop tard à la parade... on est frit 1
BRIDAU
Sois tranquille, je dormirai. Napoléon, la veille d'Austerlitz.
GARPENTIER.
A tout à l'heure.
Serrements de mains. — Carpentier et Renard sortent.
BRIDAU, à Ofs'anto qui est remonté et qui va gagner sa
chambre.
Vous ne coucherez pas ici, Ors'anto. Kouski prendra votre chambre.
KOUSKI, à Ors'anto, narquois.
Ton lit est-il moelleux, mon camarade ?
Mon maître vous fermera le bec à tous et s'il lui arrive malheur, c'est à moi, Ors'anto, que vous aurez affaire.
BRTDAU.
C'est bon, monsieur Ors'anto, nous verrons. En attendant, par file à gauche, pas accéléré, (ors'anto
sort en grommelant. — A Védie.) Quant à VOUS, la Vé-
die, accoutumez-vous à me considérer à partir d'aujourd'hui comme le maître. Si vous marchez droit, six cents francs de rente à la mort du vieux; à la première incartade, la porte. Allez dire à mademoiselle Flore que je l'attends ici. (védie sort.) Kouski !
KOUSKI
Mon colonel?
BRIDAU
Cours chez Draquin, le maître de poste.
KOUSKI
S'il est couché ?
BRIDAU
Tu le réveilleras. Qu'il attelle une voiture daredare.
KOUSKI
Mais, mon colonel...
BRIDAU
Quoi, imbécile, crois-tu que je veuille partir ?