‹ La rabouilleuse; piece en quatres actes (d'apres Balzac)Chapitre 65 sur 88 · FLORE, BRIDAU · texte numérisé non relu

FLORE, BRIDAU

BRIDAU, allant à elle.

Nous avons à causer tous les deux.

FLORE, reculant.

Laissez-moi.

BRIDAU

Vous préférez courir auprès du beau Max ? A votre aise. Au fait, c'est sa dernière nuit, qu'elle lui soit légère. Mais j'ai comme une idée qu'il vaudrait mieux pour vous, vous asseoir là et m'écouter. On pourrait s'entendre.

FLORE

Qu'est-ce que vous voulez me dire ?

BRIDAU

Oh 1 rien, rienl.. Allez retrouver votre amant.

FLORE

Je vais me coucher, dans ma chambre.

BRIDAU

Craignez-vous que je n'avertisse mon oncle de votre escapade? Je ne suis pas un mouchard. D'ailleurs un condamné à mort a droit à des douceurs. Allez retrouver Max.

FLORE

Qu'est-ce que vous voulez me dire ?

Ah 1 ah ! vous consentez à causer? Soit, causons.

(U s'assied à califourchon sur une chaise.) VouS Savez les

raisons de ma querelle avec Gilet. Vous sentez donc, ma toute belle, que ce duel sera un duel à mort. Demain, le commandant sera mis à l'ombre par ce bras ou le sien m'aura fait descendre la garde. Si je meurs, vous serez la maîtresse chez mon vieil imbécile d'oncle, vous l'enterrerez, vous hériterez de sa fortune, vous épouserez votre Max. Bene sit. Aînen. Mais il est probable que je resterai sur mes paturons et alors...

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