ACTE QUATRIÈME
Même décor.
FL.ORE est assise dans un fauteuil» la tête entre les mains» VEDIE range le salon. Un long sileace.
VÉDIE, s'approcbant.
Madame... Madame!...
FLORE
Quoi?
Si vous preniez un petit quelque chose?
FLORE
Non.
VÉDIE
Une lasse de bouillon? J'ai mis tout exprès une belle poule dans la marmite.
FLORE
Non.
VÉDIE
Vous n'avez pas touché au dînei*.
FLORE
Je ne veux rien.
VÉDIE
Vous êtes restée trois jours au lit. Vous finirez par vous coucher, pour longtemps c'te fois.
FLORE
Si je pouvais mourir 1
VÉDIE
Doux Jésus! Qu'est-ce que vous dites là? Est-il possible d'offenser le bon Dieu par des raisonnements pareils !
FLORE
Dieu n'est pas juste !
Voulez-vous bien vous taire, madame ! Peut-être qu'il vous prendra en pitié. Seulement, il faut être plus courageuse. Vous vous laissez manger par votre douleur. Le jour^ vous restez dans ce fauteuil ou plantée devant cette fenêtre, comme si vous étiez changée en statue de sel. La nuit vous ne dormez pas : on vous entend tourner dans votre chambre comme un pauv' animal malade. Voilà douze jours que ça dure, ce manège-là 1 Vous vous périrez à la fin. Et tout ça peut-être sans raison.
FLORE
Sans raison I Quand il souffre!
VÉDIE
Sa blessure est grave, mais pas mortelle, certainement, puisqu'après douze jours il vit encore.
FLORE, désolée.
Et je ne peux pas le voir! Et je ne peux pas le soigner! »
VÉDIE
Le docteur Goddet et ses amis le soignent bien.