‹ La rabouilleuse; piece en quatres actes (d'apres Balzac)Chapitre 78 sur 88 · VOIX DE ROUGET · texte numérisé non relu

VOIX DE ROUGET

Védie 1 Védie!

VÉDIE

Monsieur m'appelle. Ne sortez pas.

Elle sort.

POTEL

Nous souhaitons tous le rétablissement de Max, un garçon si bon, loyal et franc comme une lame d'acier. Ah! quelle carrière il aurait fournie si l'Empire avait duré... Il faut qu'en pleine paix, à Issoudun, il se fasse tuer bêtement.

FLORE

Tuer?...

POTEL

Blesser enfin!... Et par un soldat encore, par un soldat comme nous.

FLORE, avec colère, bas.

Ah! cet homme!...

POTEL

Pourquoi Gilet n'a-t-il réussi qu'à lui écorner le crâne ! Nous espérions tous qu'il lui fendrait la calebasse! Et vous savez, on l'admire^, le colonel, depuis ce bel exploit. Chaque soir, avant de rentrer à son hôtel, il va rue du Boucher gris, au cercle des bourgeois. On l'y fête comme un héros Avant-hier, on a bu du Champagne en son honneur. Ces imbéciles ne pardonnent pas à Max les tours qu'il leur faisait. Ils sont reconnaissants au colonel de les avoir débarrassés d'un homme qui les tenait chaque nuit dans les transes. Et Bridau, pour n'être pas embêté par les autorités, à propos de ce duel, se laisse caresser par les bourgeois. Moi, je trouve ça humiliant qu'un militaire, un fils de Bellone, se mette sous la protection des pékins. Gilet, à la bonne heure, il ne les aimait pas. Ah! c'était un rude compagnon, un vrai soldat qui étouffait dans la vie civile. Comme il appelait la guerre de tous ses vœux! Avec quelle joie il aurait quitté Issoudun, ses amis et vous-même pour aller se battre !

BRIDAU, entrant.

Bonsoir, Potel.

POTEL

Bonsoir, colonel.

BRIDAU

Vous apportez des nouvelles de Gilet?

POTEL

Oui.

BRIDAU

Il a avalé sa langue?

POTEL

Non.

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