ACTE QUATRIÈME
BRIDAU
Fameux lapin! (a Flore.) Ma mère est là-haut?
FLORE, craintive.
Oui, monsieur.
BRIDAU
Couchée ?
FLORE
Non, monsieur.
BRIDAU
Bon. (il passe, il aperçoit des lettres sur la table.) Ges
lettres sont pour moi?
FLORE
Oui, monsieur.
BRIDAU
Arrivées quand?
FLORE
Ce soir.
BRIDAU, il les prend.
Ah! ah!... Bonsoir, Potel.
Il entre chez Rouget.
POTEL
Bonsoir, colonel, (a Flore.) Je vous plains de tout mon cœur, mon enfant. Etre tombée sous la coupe d'un pareil Cosaque!... Quelle calamité... Coudoyer un tel individu, lui parler à chaque instant du jour, doit être pour vous un insupportable suj)plice.
FLORE
Je deviendrais folle à le voiri
Non! non! J'ai beaucoup de... sympathie pour
VOUS, je souffrirais en vous voyant souffrir. Aussi, vais-je tâcher, avec l'aide de mes camarades, d'éloigner d'ici cet Olibrius.
FLORE
Gomment?
POTEL
En faisant agir nos amis. Nous demanderons qu'on le renvoie à Autun. C'était la résidence qu'on lui avait fixée...
FLORE
Ah! Pourquoi ne l'y a-t-on pas laissé, mon Dieu!
POTEL
Si nous obtenons qu'on l'y transfère, si... nous l'obligeons ainsi à déguerpir, vous me permettrez bien de venir vous tenir compagnie quelquefois?
FLORE
Oui.
POTEL
Je ne veux pas vous abandonner à votre douleur. Vous avez besoin de... consolation, d'affection... Vous étiez habituée à être dorlotée par Max... Il faut qu'un ami s'occupe de vous... Le père Rouget ne serait pas étonné de me voir fréquenter la maison... Il a de l'estime pour moi... Le séjour d'Issoudun vous paraîtrait moins triste, si vous aviez auprès de vous... quelqu'un... qui vous rappelât l'autre, avec qui vous pourriez parler de lui. Pensez à cela, mademoiselle Flore, pensez-}^.. Mais il est... tard... Je me retire... Au revoir... Je reviendrai demain... Je reviendrai tous les jours... ne vous désolez pas... La beauté ne doit pas vivre dans les larmes... Tout s'arrangera... Vous verrez... Au revoir... ma chère amie... J'ai