ACTE QUATRIÈME ICI
qu'on vous débarrassât de lui ! Et vous demandez qu'on vous aime. Eh bien, si vous ne pouvez pas vivre sans moi, je vous épouserai, mais ce sera pour votre argent, oui, pour votre argent seulement. Je resterai pour vos millions. Ou donnez-moi le papier qui est là-dedans, la lettre de change pour votre notaire, et je pars tout de suite.
ROUGET, qui pleure.
Tu es méchante. Flore.
FLORE
Ah ! vous ne souffrirez jamais autant que j'ai souffert.
ROUGET
Flore, écoute, je t'aime. C'est pour cela que je lui ai dit... Mais Philippe me l'avait proposé. Il haïssait cet homme. Moi, je ne peux pas me séparer de toi. Je t'épouserai. Je te donnerai tout ce que j'ai. Ils n'auront rien. Et nous partirons, nous irons à Paris. Tu vois, je fais ce que tu veux. Mais ne me dis pas que tu ne m'aimes plus. Je sais bien que ce n'est pas vrai. Tu m'aimes. Tu finiras par m'aimer, n'est-ce pas?.. Dis-le moi. Enfin, cela m te
coûte rien de me le dire? (Pause. — Rouget prête l'oreille.) Flore!
FLORE, tressaillant.
Quoi?
J'ai entendu marcher.
FLORE
Non.
ROUGET
Si je t'assure...
FLORE
Vous VOUS trompez.
ROUGET
On dirait qu'on cherche à ouvrir... cette porte.
FLORE
Qui voulez-vous qui vienne à cette heure ?
ROUGET
Il y a quelqu'un là derrière.
FLORE
Personne, rentrez dans votre chambre.
ROUGET
Si j'ouvrais pour...
FLORE
Non^ je ne veux pas. Vous me fuites peur... c'est bête !.. allons nous coucher.
Je vais prendre une trique, et...
FLORE
Non I non ! venez !
La porte s'ouvre enfin et Bridau parait. ROUGET.
Ah! c'est toil... Pourquoi n'entrais-tu pas?...
Qu'est-ce que tu as? (n le voit chanceler. — Il pousse UQ cri. — Flore lui met la main sur la bouche. — Bridau est allé tomber sur un fauteuil.) Qu'est-ce quC tu aS ?
(D'une voix étranglée.) Du sang... vite... oppcUe Védie... un médecin...
BRIDAU; après un silence, bas.
Penh ! je suis foutu !.. (n cherche à parler et ne peut prononcer que quelques paroles.) Le Corse!.. (Pause. — Il