PRODUCTION DES VEAUX
La méfiance des éleveurs à l’égard des géniteurs nés et élevés dans le pays est extrêmement grande. S'ils consentent le plus souvent à faire saillir des vaches importées ou nées dans le pays, le $éniteur mâle est en général un sujet importé adulte. Ils espèrent ainsi, par des apports de sang. européen frais à chaque génération, éviter un déclin trop rapide de leur cheptel.
Cette manière de procéder se justifie pour certaines races dont les aptitudes trop perfectionnées, trop poussées, ne peuvent que décroître lorsque ces animaux sont transplantés en Afrique du Nord. Elle était également de règle dans les élevages tarentais, sans que l’on ait vérifié si réellement l’implantation de la race en Afrique serait suivie de dégénérescence.
Lorsque l’Afrique fut coupée de la métropole en 1942, force fut bien aux éleveurs d’élever sur place les $éniteurs dont ils avaient besoin. Les exploitations européennes, qui avant la guerre avaient des bénéfices limités, sinon des difficultés financières, étaient alors en plein essor. Ici comme en France, le producteur de denrées comestibles prenait sa revanche et gagnait beaucoup. Ce brusque gain de capitaux, s’il coincidait avec
une raréfaction sur le marché des produits manufacturés nécessaires à la modernisation de leur entreprise, tracteurs, voitures, moteurs, machines agricoles, matériaux de construction, etc, permit cependant aux colons de donner un essor nouveau à leur élevage. Beaucoup des animaux tarentais qu’il nous fut donné de voir, furent importés en 1941 et 1942. Coupés de la France en novembre 1942, il fallut bien entretenir les étables avec les Séniteurs existant. À partir de cette époque, il est possible d'observer l’évolution de la race sans que de nouveaux apports viennent modifier le cours de cette adaptation.
La ferme expérimentale de Fès, s’étant spécialisée dans la production et l’élevage de veaux et de génisses destinés aux élevages européens, a pu chiffrer au jour le jour cette évolution, et ses constatations viennent confirmei les observations des colons environnants.
Une centaine de veaux ou génisses y furent produits depuis 1941. Dans cette race dont le standard n’est pas encore bien fixé, les poids des veaux et leur croissance sont variables d’un individu à l’autre. Aussi, avons-nous préféré choisir des courbes de croissance et les citer entièrement, plutôt que d’établir des moyennes qui ne prouvent pas grand chose. D'une façon générale, et à quelques kilos près, ces différents veaux sont comparables, et leurs courbes de croissance sont semblables au sens Séométrique du terme. Nous les classerons en veaux conçus en France et nés dans la résion de Fès, ou bien issus de $éniteurs importés, ou de géniteurs eux-mêmes nés et élevés dans le pays.
ET
Prenons pour premier exemple un veau de deuxième génération dans le pays dont voici l’ascendance. Nous indiquerons, en face de chaque nom, la date de naïissance et la provenance des animaux, les noms de ces géniteurs revenant souvent par la suite.
Marie Roméo Janine New-York | | 4| | Rosalie Pacome Cr EAP
| Tokio
Marie, née en 1928, importée Roméo, né en 1935, importé
- Janine, née en 1937, importée New-York, né en 1938, importé.
Rosalie, née en juin 1937 Pacome, né le 26 janvier 1944.
Croissance de Tokio, né le 10 octobre 1947.
Age (en jour) Poids (en kg.) 0 38 39 64 69 83 3 mois 106 100 AIS 131 140
6 mois 221 220 252. 257 282 275
10 mois 313 312
Tokio est donc un veau qui s'élève tout à fait normalement. Il faut remarquer que Rosalie est née en 1937, à la ferme expérimentale de Fès, Tokio étant son . cinquième produit, après une fièvre vitulaire en août 1945 et une piroplasmose peu après, donc après une acclimatation complète de la mère. De même, Rosalie est issue de Marie en 1937, alors que Marie est née en 1928 et fut importée probablement comme le sont toutes les vaches, pleines à l’âge de 5 ans, c’est-à-dire en
Pacome est né en 1944 de géniteurs importés en 1941 et 1942. Un séjour prolongé dans le pays n’a en rien compromis leurs aptitudes.
Autre exemple analogue : Utile, né le 4 février 1948, issu de Pelure et de Pacome, eux-mêmes issus de Janine
et de New-York.
Age (en jour) Poids (en kg.) 0 43 14 45 43 SD 3 mois 90 104 102
PEAR. The
165 | 147 6 mois 159 1% 176
Prenons maintenant pour exemple trois individus de même génération, issus successivement des mêmes géniteurs importés
Pacome, né le 26 janvier 1944
Pelure, née le 20 décembre 1944
Rouquin, né le 9 décembre 1945 de Janine et de New-York.
Age (en jour) Poids (en kg.) Pacome Pelure Rouquin 0 45 38 50 25 69 .
LA 65 35 63 62 95 83 3 mois 128 110 152 9%6 115 106 | 148 119 165 127 143 141 185 150 189 160 160 175 211 6 mois Es 176 230 188 180
Age (en jour) Poids (en kg.) Pacome Pelure Rouquin
* 246 231 264 310 267 308 279 ; 252 289 339 300 325 316 247 323 364 328 238 342 343 345 363 l'an 361 (380) 379 258 383 402 397 376 413 433 437 428 456 314 | 459 462 495 349 506 491 528 524 544 397
18 mois
AR
Age (en jour) Poids (en kg.) Pacome Pelure Rouquin 565 566 585 576 20 mois 505 (588) 22 mois 476 624 23 mois 445 684 24 mois 470 445 vendu 26 mois 552 459 27 mois 667 28 mois 516 29 mois 740 512 31 mois 600 572 32 mois 606 567 33 mois 559 DA 34 mois 579 599 35 mois 609 594
Les chiffres cités entre parenthèses sont des estimations destinées à faciliter les comparaisons. Ils sont calculés en tenant compte des gains en 24 h. le jour du contrôle, ou bien proportionnellement aux chiffres qui les encadrent si ceux-ci sont trop éloignés.
Trois incidents sont à noter dans la croissance de Pacome : piroplasmose vraie (diagnostic contrôlé par préparations microscopiques) le 4 octobre 1945, à 22 mois. Anaplasmose à 30 mois. Piroplasmose à 32 mois, accusées chacune par une notable perte de poids.
Pelure eut une croissance régulière, ainsi que Rou-