INTRODUCTION
Depuis leur implantation en Afrique du Nord, les colons ont cherché à importer une race bovine laitière qui tout en donnant plus de lait que les races arabes, résiste à la chaleur, à la sécheresse, aux disettes, aux piroplasmoses. Ils préfèrent la recherche dé ce type idéal à la sélection des races locales, pour avoir des sujets plus précoces, plus productifs, surtout pour avoir un résultat immédiat, la sélection exigeant du temps, des capitaux, un soin constant, at des. connaissances spéciales. :
‘ C’est ainsi que l’on rencontre des animaux de race charolaise, montbéliarde, comtoise, schwitz, hollandaise, normande, tarentaise, etc.…, à l’état pur, croisées entre elles, ou croisées avec des races locales. Certaines étables sont très homogènes, se cantonnant dans l’exploitation d’une race pure, ou d’un croisement bien défini comme le zébu-marocain, le tarentais-marocain, etc, ou même de la race hollandaise aux abords des grandes villes de la côte. Ou bien cohabitent plusieurs races, celles donnant les meilleurs résultats éliminant peu à peu les autres.
Par contre, d’autres présentent une disparité extraor-
cui ten
dinaire. On peut y voir les croisements les plus imprévus allant jusqu'au mélange de six races, dans des proportions résultant d’une haute fantaisie. Les animaux issus de ces croisements sont d’une instabilité éthnique telle qu’il n’est pas possible de reconnaître une race, et que seules des aptitudes contrôlées peuvent servir de base à un semblant de sélection.
Les résultats obtenus dans l'exploitation de ces animaux sont très variables, les avis sont très partagés, parfois complètement opposés. Il est certain que de bons résultats furent obtenus par les uns, et que d’autres eurent à subir de graves mécomptes.
De même les avis sur la valeur réelle des animaux issus de ces femelles importées, saillies par des taureaux de même race, sont très variés ; mais peu d’'éleveurs possèdent un suffisamment grand nombre d'animaux pour qu'ils puissent envisager la question impartialement, leur opinion sur la race toute entière résultant de l’élevage plus ou moins satisfaisant de quelques sujets.
Certains obtiennent de réels succès. Le colon s’est d’abord soucié de ‘bâtir une étable ,et Le fait suivant les règles de l'hygiène moderne. Grande, haute de plafond, bien exposée, bien aérée, ouverte aux heures fraïches, fermée aux heures chaudes, elle offre aux animaux un abri aussi efficace que possible contre les rigueurs du climat. Puis ayant mis toutes Les chances de son côté, l’éleveur importe des bêtes qui Lui coûtent cher, mais qui peuvent lui donner des bénéfices appréciables.
D'autres malheureusement achètent à grands frais des animaux évidemment plus fragiles que les races
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autochtones et les soumettent avec ou sans transitions. au mode d'élevage indigène .
C’est ainsi que l’on voit des sujets tarentais « ‘bâturer » des chaumes après la moisson, en compagnie d’animaux indigènes qui ont déjà du mal à y trouver leur vie. Faits poun vivre dans la fraîcheur et la verdurd des alpages, ils sont soumis aux heures les plus chaudes aux ardeurs du soleil d'Afrique, dans des champs desséchés où ils attrapent par dessus le marché toutes sortes de tiques vecteurs de piroplasmoses.
Ou bien, ce qui ne vaut guère mieux, ces animaux laitiers sont placés dans des étables en pierres sèches véritables repaires de tiques, couvertes de tôles ondulées, où ils étouffent littéralement. |
Ainsi entretenus, ils subissent dès le début des pertes se montant parfois à plus de la moitié du cheptel importé. On conçoit que dans ces conditions, et quel que soit le rendement des survivants, un élevage soit déficitaire dès la départ. Suivant que l’on interroge l’un ou l’autre, on trouve un partisan ou un détracteur de la race, sinon des races importées en général.
Le point de vue de certains partisans des races arabes n'est cépendant pas sans valeur.
Nous préférons, disent-ils, exploiter des animaux indigènes plus ou moins sélectionnés. Il faut deux ou trois vaches arabes pour obtenir la quantité de lait fournie par une vache importée, mais elles coûtent moins cher à l’achat, mangent moins, n’offrent pas les mêmes
LT D risques de mortalité, ces risques n'étant d’ailleurs pas exclus, et surtout sont capables d’utiliser des terrains non cultivables, non irrigables que nous avons dans nos terres. Leur élevage est donc pour nous le seul moyen d'utiliser ces parcours sans Lui perdus.
Cètte opinion est parfaitement défendable, mais à condition que l’on ait la possibilité de pratiquer cet élevage extensif sur de maigres pâtures. D’autres colons qui au contraire disposent de terrains dont ils peuvent obtenir de meilleurs rendements, devront orienter leur élevage également vers une meilleurs productivité. Il ne s'agit plus pour eux de récupérer, mais d'exploiter. La production laitière qu’ils voudront obtenir devra tenir
lait recueilli
compte non seulement du rapport nourriture fournie
mais aussi du temps dans lequel une quantité de lait donnée est recueillie.
Le bénéfice d’un élevage laitier se ramène en somme au gain réalisé par la transformation du fourrage en lait. Ainsi, en admettant que le rendement laitier soit sensiblement le même pour toutes les races, une vache importée fournissant dans le même temps deux fois plus qu’une vache indigène, permettra de recueillir le même bénéfice en un temps deux fois plus court.
Autrement dit, un éleveur désirant faire de l'élevage intensif, fera fructifier son capital deux fois plus vite avec des vaches importées qu'avec des vaches indigènes dont la valeur n’a pas jusqu'ici été améliorée. Et si, pour obtenir la même production avec ces dernières,