PREPARATION DES ANIMAUX A L'EXPORTATION ET A L’ACCLIMATEMENT
Le cheval percheron a été et est encore, sur une plus petite échelle, nous venons de le voir, un animal d’exportation. Lorsqu'il s’expatrie vers un pays voisin son déplacement n'est précédé d’aucun soin particulier. Au contraire, lorsque sa destination exige un long trajet, par voie de terre mais surtout par voie de mer, pour l'Amérique par exemple, il est avant son départ, l’objet d'une préparation spéciale qui a pour but, tout d’abord, de lui procurer durant la traversée une réserve vivante de nourriture, puis, en même temps, de lui aider à s'adapter dans le bref délai aux nouvelles conditions de milieu du pays destinataire.
Dans les temps précédant son exportation, Je cheval percheron est soumis à une alimentation riche et abondante, non point pour en faire un animal repu de graisse comme cela existe dans l'espèce bovine, maïs plutôt, tout en lui faisant acquérir un certain embonpoint apprécié des acheteurs, pour lui faire absorber certaines matières de réserve sur lesquelles l'animal pourra vivre pendant le transport. On diminue quelque peu les rations encombrantes, paille et foin, pour les remplacer par des aliments plus riches en matières azotées et minérales.
Puis, au cours de la traversée, la ration est notablement diminuée, On a reconnu utile de remplacer la
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plus grande partie de l’avoine, sinon sa totalité, par du son Gu de la farine d’orge. Il ne semble pas pourtant que le cheval soit sujet « au mal de mer » si redouté de certains passagers; en tout cas, s’il l’est, les symptômes sont différents; peut-être existe-t-il une indisposition spéciale ressemblant de loin ou de près à la vulgaire migraine, mais alors chez lui le vomissement n’existe pas et ne peut pas physiologiquement exister pour des raisons anatomiques bien connues.
Il faut faire vovager les animaux dans une saison convenable, le printemps ou l’automne, réduisant au minimuim l’écart de température et permettant de profiter de disponibilités alimentaires suffisantes.
Il est nécesaire, bien entendu, de choisir des animaux en excellente santé. On a beaucoup discuté sur l’âge optimum pour une meilleure traversée. L'observation a montré que les animaux adolescents, de 2 à 5 ans, étaient les plus résistants à la traversée, mais tout en s’acclimatant moins facilement peut-être, une fois débarqués, que les animaux plus âgés.
Dans la semaine suivant le débarquement, on observe les mêmes précautions : petites rations et de facile digestion, composées de farine d’orge, de son, de graine de lin, de quelques litres d’avoine. De plus on doit remplir strictement les conditions hygiéniques habituelles * écuries bien aérées, pensage soigné, douches, promenades courtes et répétées. Quelques individus peuvent, par suite du changement de milieu et des fatigues du voyage, perdre l’appétit, rester abattus et tristes, contracter quelques affactions cutanées, particulièrement aux membres (DECHAMBRE) ( N° 23).
En tout cas, c’est un fait que chez tous les animaux
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sountis à une traversée assez longue, pénible ou non, lembonpoint diminue et il faut, en moyenre, 6 mois pour les remettre dans l’état où ils se trouvaient au moment de lembarquement. Cet état de chose explique en partie les difficultés de vente à l’extérieur et les hauts prix atteints aux Etats-Unis par les reproducteurs amenés d'Europe et du Perche.
En observant bien toutes les prescriptions énumérées plus haut on évitera presque à coup sûr, deux grands écueils, conséquences du changement de milieu, à savoir : d’une part l’infécondité, d'autre part, la maladie ou plutôt ce que l’on a appelé la crise d’acclimatement.