LB CANADA FRANÇAIS APRÈS
Au moment du traité de Paris, la population catholique, toute d’origine française, comptait à peine 70,000 âmes, Tous les chefs naturels des Canadiens avaient gagné la : Frañce, : Seul le clergé leur restait, Il se trouva investi de in double mission de conserver le peuple dans Is foi de ses aioux, et de lo diriger dans la conquête do ses droits civils et politiques | Pendant la discusion du traité de Paris, le clergé adress à l'embassade de France à Londres, un mémoire sur les affaires religieuses du Canada, réclamant la garantie. de Vévéché.et.du chapitre de-Québec et proposent de faire élire l'évêque par le chapitre, avec l'agrément du roi, comme on faisait autrefois dans l'Eglise. Les agents du clergé ofkrirent müme de loger l'évêque au séminaire dont il serait le supérieur et dont les. membres, devenus chanoines, formeraient son chapitre, “car, disaient-ile, c'est
an ge ps dans NL CR ei 8 à paint sans chapitre.”
| Autres étaient Jos pensées du gouverneur anglais; u | | iéeatohié estolique; 11 be propotait dé substituer 1a-biémechie anglicane et se flattait d’avoir aisément raison de la conscience d’une poignée de colons. Après avoir aboli los lois françaises de ad propre autorité, le roi Georges III exigea des Canadiens le serment d’allégeance. On signifia aux curés que s'ils refussiont de le prêter, ils se préparassent à sortir du Canada. Même ordre fut donné aux autres habitants. C'était leur demander l'abjuration et la révolte contre la juridiction du Saint Siège. En même
5 temps, on dressait un état des églises, dos prêtres, des
curés, de leurs revenus, de leurs biens, ainsi qu’un tableau des communautés religieuses, avec un précis de leurs cons- __ titutions, droits, privilèges et propriétés. A Londres, on
| =." projetait de relever ln cuthédrale de Québec, au profit de 5 l'anglicanieme, ct afin d'intéremser à: en dessein Varche-
wenne jorbery, l’évêque de Londres et la société bi- Es ne- on Sri mai .
dur les biens religieux des Canadiens.
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sant alors à honneur qu'on Tui avait fait, désigné pour le remplacer M. Olivier Briand, vicaire général de Fan
a en, e Après bien des
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difficultés, le gouvernement lui fit savoir indirectement que s’il se faisait consacrer, on ne dirait rien, et qu’on : fermerait les yeux sur cette démarche. Les bulles de Clément XIII furent expédiées le 21 janvier 1766 avec l’agrément de Georges III, et Aux conditions exigées par lui, dans le mesure où elles étaient compatibles avec la dignité et l'indépendance de l'Eglise. :
D'ailleurs dans les actes officiels, on refusa à Mgr Briand et à ses successeurs le titre d’évêque de Québec,
qui fut rempiacé par celui de Surintendant ” du culte catholique, en attendant que Mgr Plessis reconquit son vrai titre, à la pointe de l’épée, ce qui arriva en 1813.
Les communautés d'hommes furent condamnées à périr. Récollets, Jésuites et Sulpiciens eurent défense de se recruter au pays ou de recevoir des membres de l'étranger ; et leurs biens devaient revenir à la couronne. Un décret royal de 1774 supprima les Jésuites et confisqua leurs biens. Les représentants de le Compagnie jouirent cependant des revenus jusqu’à leur mort. Leur collège de Québec fut transformé en caserne (1776). Les maisons des Récollets eurent bientôt le même sort; et leur supérieur reçut jusqu à sa mort 500 livres sterlings de pension. Quant aux Sulpiciens, de trente ils étaient réduits en 1798, à deux vieillards septuagénaires, lorsque le gouvernement se relâcha de ses rigueurs et offrit l'hospitalité aux victimes de la révolution française.
La loi de mort n’épargna pas le chapitre, dont le der-
Arnts 1763 67 — nier acte capitulaire date de 1773. Justement inquiet de ce que deviendrait l’épiscopat après lui, étant données les dispositions hostiles du gouvernement, Mgr Briand s’assura d’un coadjuteur cum futurũ successione * dans la personne de Mgr Mariauchau d'Esglis. Ajoutons que le nombre des prêtres en activité qui était de 181 en 1759, était tombé à 138.
Les fidèles n'étaient pas mieux traités. Pour eux, point de places dans les charges publiques, point dans les conseils de la nation. Une sorte d’ostracisme les traquait de toutes parts. Les protestants réclamaient même une chambre de représentants d’où les catholiques seraient exclus en principe.
C’est dans ces conjonctures qu'éclata la rébellion des colonies anglaises d'Amérique. Le gouvernement de Londres comprit qu’il fallait gagner les Canadiens, et par Pacte de Québec (1774) il leur rendit les lois civiles françaises,-les dispensa du serment du fest, et rétablit leurs droits politiques et civils.
C'était un acte de sage politique. En effet, les Américains firent appel au Canada et voulurent engager. ses habitants dans leur révolte contre la métropole, laissant entendre que la liberté religieuse serait mieux respectée par eux que par l’Angleterre. En ces circonstances, Mgr Briand prescrivit dans un mandement (22 mai 1775) à ses diocésains, la conduite que leur imposaient la conscience et la religion: Le Canada fut envahi par les Bos-
68 LA RACE FRANÇAISE EN AMÉRIQUE tonnais qui, après s'être emparés de Montréal et des Trois- Rivières, portèrent le: siège sous Québec. Mais Ia ils furent battus et Montgomery, leur chef, tomba mort. Néanmoins ils essayèrent encore de la conciliation et . députèrent aux Canadiens le Célèbre. Franklin et John Carroll, plus tard évêque de Baltimore. Ils invitaient les hahitants du Canada à faire cause commune avec eux. Ils promettaient au peuple le libre exercice de la religion catholique; au clergé la jouissance pleine et entière de ses biens ; la direction de tout ce qui a rapport à Pautel et à ses ministres serait laissée aux Canadiens et à la législature qu’ils voudraient se donner, pourvu que tous les autres chrétiens pussent également remplir les charges publiques, jouir des mêities droits civils et politiques, et professer leur religion, 8sns avoir à payer la même dîme dé taxe au clergé catholique. Malgré de si séduisantes promesses, le peuple resté docile à son clergé qui lui prescrivait la fidélité à con souverain légitime. Après une série d'échecs, les Américains durent se retirer et Mgr Briand fit chanter un “ Te Deum ” d’actions de grâces (31 dée. 1776). n Pendant ces luttes, la population catholique augmentait sans cesse, En 1784, elle était de 130,000 âmes. Les prêtres de langue française ne suffisaient pas au besoin d'un tel accroissement. Deux citoyens de Montréal envoyés à Londres se plaignent qu’à cette époque soixantequinze cures sont privées de pasteurs. Mais le gouvernement fait la sourde oreille.
APRès 1763 : 69
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Mer Briand s'était démis du fardeau de l’administré-
dien en 1784. Son successeur Mer D Eagle, 48 de
soixante-quinze ans, se donna un coadjuteur, Mgr Fran-
sois Hubert, qui devint titulaire l’année suivante 1788. On doit à cet évêque d’avoir étoufté un projet d' universite mixte imaginé par les Protestants, fondation à laquelle ils Proposaient d’appliquer les biens des J ésuites ; on lui doit également l'ouverture du Canada aux prêtres français persécutés/par la Révolution. Dans ee but, il envoya à Londres ui important mémoire. Des 1703, tout prêtre français muni d’un Passe-port du secrétaire d’Etat put être rem à Québec. On en accueillit trente· quatre dont douse sulpiciens. s
Ates à ce renfort, le clergé canadien s0 trouve porté à cent-soixante prêtres ; neuf étaient dans la Nouvelle-
Ecusse et qurtre dans le Haut-Canada. Nous relevons i d'autres détails précieux dans un mémoire de Mgr Hubert
au Saint-Siège, II constate que les catholiques s'élèvent au nombre de 160,000 ; qu’en dépit: des Pièges tendus à leur foi, il y a pas cinq catholiques qui aient apostasié,
tandis que deux à trois cents protestants se sont convertis: :
bien que l'érection de l'évêché de Baltimore (1789) ait enlevé à la juridiction de Québec tout le territoire cédé aux Etats-Unis, Pétendue de ce dernier est encore trop vaste. II ajoute: „ II en faudrait plusieurs, mais ce projet trouverait des obstacles insurmontables de la part de
1 Grande-Bretagne, qui s'occupe, an contraire, des
8 7 * 4 — ale e- eee — NS
moyens d’établis en ce pays un cJergé protestant. Il faut donc attendre des circonstances plus favorables pour cette division. (Cependant le nouveau coadjuteur de Québec, se proposant de faire sa résidence dans le district de Montréal, on espère que le gouvernement s’accoutumera insensiblement à y voir un évêque ” (1794).
Avant de clore le XVIIIe siècle, signalons la fondation du collège de Montréal (1767) par M. Curatteau de la Blaiserie, prêtre de Saint-Sulpice ; avec le petit Séminaire de Québec, cet établissement était jusque-là le seul foyer d'instruction classique. Disons aussi que le clergé fut très occupé à relever les ruines accumulées par les guerres. A Québec, en particulier, tout avait été à refaire : palais . épiscopal, Hôtel-Dieu, Hôpital, et l'établissement de la Congrégation (1769) incendié trouvait une providence dans M. Montgolfier et Saint-Sulpice.
A Mgr Hubert succéda Mgr Denault (1797-1806). Sous son épiscopat, la lutte du protestantisme contre PEglise se traduisit par l'établissement de PInstitution Royale, due à l'initiative de l’évêque anglican. On nommait ainsi une corporation habilement composée et destinée à monopoliser l'instruction à tous les degrés, en concentrant les pouvoirs entre les mains du gouvernement. Par elle, l'éducation arrachée au clergé catholique tombait au pouvoir des protestants et l’œuvre de séduction s’exerçait librement sur Penfance et sur la jeunesse, Le gouverneur pouvait à sa discrétion, établir des écoles gra-
Ante 1763 71
tuites dans toutes les paroisses de la province, et nommer deux ou plusieurs commissaires dans chaque comté, Ces commissaires achetaient des terrains sur lesquels ils faisaient construire aux frais des habitants des maisons d’écooles. La nomination des instituteurs et leur traitement dépendaient du gouverneur, L’évêque anglican le Dr Mountain fut choisi pour président de l'institution, ce qui suffit pour donner l'éveil au clergé et au peuple.
Une restriction, mise à la loi, en fit échouer Pappli- ‘ation. Il y était dit que la maison d’école ne se consiruirait que si la majorité ia -demendnit-au-gouverneur ……..… | par requste. S’appuyant sur ce statut, le clergé dissuada les Canadiens de faire cette demande, E anéantit ainsi les projets de la population anglaise. .
La lutte n'était pas finie. Elle ‘allait s'engager plus “rdente, mais se terminer tout à l'avantage du catholirisme, grâce au grand évêque Octave Plessis que la Providence mit alors à la tête de l’Eglise canadienne (1806). Le prélat trouvait le diobèse dans une situation difficile. Une foligarchie puissante et fanatique entreprenait résolument de réduire P Eglise à n’être que lesclave du pouvoir civil, à en faire, comime en Angleterre, humble servante du gouvernement; en définitive, à mener insensiblement le Canada au protestantisme par voie gouvernementale, Ce projet eut pour prineipal fauteur un certain Witzius Ryland qui fut secrétaire des gouverneurs du Canada de 1790 à 1812. Cet homme actif et haineux professait que
l'existence de la religion catholique était un danger perpétuel pour l'Etat, et sa déclarait prêt à l’extirper par
Mon Joarru-Ooravn PLessis,
tous les moyens, même par la force. D’après lui, il fallait confisquer toutes les propriétés religieuses, ôter au catholicisme sa situation prépondérante, le traiter en culte
reconnaissant la
suprématie royale en matière de religion; on revendiqüa
pour l'Etat le contrôle de l'administration religieuse et la nomination des curés. |
tanta. Ce prélat sut garder entiere son indépendance, n’abdiquer aucun de ses droits, ne céder ‘aucun de ses
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bee faisant te un traitement: à ses ministres. Le gouverneur Craig fit entendre à l’é vêque qu’il était prêt à lui reconnaître son titre et les prérogatives de son rang, à lui accorder un traitement de 20 000 livres, à étendre même les faveurs royales à tout le clergé, à condition que le sacerdoce fut envisagé comme une fonction publique, et que la nomination aux cures se fit avec l’assentiment du pouvoir. Cette transa:tion, ajoptait Craig, revêtira les prêtres catholiques d’un edractère légal, et leur confèrera l’avantage d’être assimilés aux membres de l'église royale anglicane.“ Le gouverneur tenait surtout à la nomination des curés. Mgr Plessis fut inflexjble, et pour échapper aux obsessions qui l’entouraient, il redigea sur l'invitation de sir George Prévost, qui avait succédé à Craig, un mémoire célèbre. “ Je suis obligé de delt - d’avance, écrivait-il an gouverneur, qu'aucune offre temporelle ne me ferait renoncer à aucune partie de ma juridiction spirituelle. Elle. n’est pas à moi; je la tiens de l'Eglise comme un dépôt.” Le mémoire se divisait en trois parties: premièrement, ce qu’étaient les évêques au Canada avant la corquête; deuxièmement, ce qu’ils ont été depuis; troisièmement, l’état où il serait à propos qu’ils fussent à l’avenir. Dans la deuxième partie, il déclare qu’à dater de la capitulation de Montréal “ le chapitre se considéra comme revenu à l’ancien droit suivant lequel l’évêque était élu par le clergé de I Eglise vacante et confirmé par le Pape, sous le bon plaisir du Sou-
. APRês 1763 75 — — ver. in; que l’évêque de Québec, depuis 1770, a toujours eu un coadjuteur “ cum fuluré successione ” proposé par lui, agréé par le Souverneur, confirmé par le Saint-Siège, que tous ses prédécesseurs ont fait preuve de la loyauté la plus serupuleuse envers l’Angleterre ; que leur autorité étant toute spirituelle et s’exerçant seulement sur les sujets catholiques, on ne leur avait jamais contesté, en fait, jusqu’à ‘ces dernières années, ni leur juridiction, ni leur titre d’évêques. II réclamait, dans la troisième partie, le maintien des mêmes droits et leur reconnaissance offcielle, et, comme conséquence, le droit de propriété pour lui et pour ses successeurs.
On en était là, quand éclata la guerre entre la Grande- Bretagne et les Etats-Unis (1812). Mgr Plessis visitait alors les extrémités de son diocèse. En son absence ses vicaires généraux écrivirent des mandements pour inviter le peuple à la fidélité et au courage contre l’ennemi. Luimême, à son retour, n’épargna rien pour aider à la défense du pays. Ce ne fut pas en vain. Les Américains des Etats-Unis vaineus en plusieurs rencontres se retirèrent. Lersque put transmettre à ses curés, “la parfaite satisfaction du gouverneur pour l'assistance qu’il a reçue de leur part, tant pour la levée des milices, que dans le maintien de la subordination parmi elles.” Sir George Prévost fit plus: il obtint du prince régent la reconnaissance officielle du titre d’évêque catholique de Québec pour Mgr Plessis avec 20 000 francs d’appointements, A
l’évêque anglican qui protestait contre une telle faveur, Lord Bathurst répondit: “ Ce n’est point quand les Oanadions se battent pour l'Angleterre qu’il faut agiter pareilles questions.” Ainsi après quinze ans de luttes, étaient reconnue l’indépendance et les droits de l’évêque.
Lord Sherbrooke qui succéda à Sir George Prévost regut des instructions secrètes du gouvernement anglais pour se concilier l’évêque catholique. A ce titre Mgr Plessis entra au conseil législatif, en dépit des protestations de Sewell qui voyait là une mesure tendant à établir la su- ; “ématie du Pape, (1817) et Lord Bathurst consentit à reconnaître un coadjuteur cum fufurd successione ” quand l’évêque l’aurait désigné.
La même année (1817) le Saint-Siège érigea la Nouvelle-Ecosse en vicariat apostolique. Mgr E. Burke y fut préposé avec le titre d’évêque de Sion. En 1818, Lord Castlereagh engagea la cour de Rome, comme le réclamait Mgr Plessis à créer deux autres vicariats, l’un du Haut- Canada, l’autre comprenant le Nouveau-Brunswick, l’île du Prince-Edouard et les îles de ‘a Madeleine. Le prélat jugeait nécessaire de placer aussi in évêque dans le district de Montréal et un autre dans le territoire du Nord-
Pour hâter la conclusion de ces sffaires, il passa en Angleterre. Arrivé à Londres, il apprit par une lettre du Canada que peu d’heures après son départ, on avait reçu des bulles du Saint-Siège le nommant archevêque
arnès 1708 77
— ——— — de Québes ot érigeant son église en métropole ot lui donnant pour suffragant, Mgr MacDonell, vicaire-apostolique du Haut Canada, et Mgr MacEachern,
tolique du Nogveau-Brunswick et de l'fle du Prince- Edouard. Mer Plessis remit à Lord Bathurst trois mémoires : le premier, pour obtenir l'agrément du ministre an sujet des deux divisions nouvelles de son diocèse : Montréal et le territoire du Nord-Ouest, qu’il se proposait de solliciter du Saint-Siège ; le second, pour demander des lettres patentes pour le séminaire de Nicolet ; le troisième, au sujet des biens de Saint-Sulpice de Montréal. Le prélat obtint ce qu’il désirait, et partit pour Rome où Pie VII lui accorda la permission de ne point prendre le titre de métropolitain, tant que le gouvernement anglais s’y opboserait et signa les bulles de Mgr Provencher, pour le
Nord-Ouest, et de Mgr Lartigue, sulpicien, pour le district de Montréal, Le premier eut le titre d’évêque de Juliopulis, le second, d’évêque de Telmesse.
* FFP
78 LA RACE FRANÇAISE EN AMÉRIQUE — . r — ä : — —
culte catholique, on l’assujetissait à la suprématie du Roi,
que l’on affirmait de suite en lui conférant la nomination
aux cures et la collation des bénéfices, Ce complot trouva
en Angleterre un agent puissant dans un nommé Ellice, qui réussit à faire présenter un bill dans ce but à ln chambre des communes (1822). Le bill eut passé presque inaperçu si un certain Parker, ennemi d’Ellice, n’eut
mis en garde le ministère. Les Canadiens informés de
cette tentative secrète d’asservissement furer' indignés. Mgr Plessis et le clergé encouragèrent le peuple à protester et à signer des requêtes pour empêcher la mesure. Plus de soixante mille signatures couvrirent ces protestations. Munis de ces pièces Papineau et Nelson, représentants du peuple, partirent pour Loadres. Leur mission eut plein succès. Le bill fut retiré. D’ailleurs par l’influence de l'évêque de Québec, le conseil législatif canadien, bien qu’en majorité protestant, avait lui-même rejeté cette iniquité. Deux ans plus tard, 1824, le gouverneur, Lord Dalhousie, essaya de faire revivre les querelles religieuses; mais il ne trouva d’écho nulle part. Pendant que le clergé, son évêque en tête, ralliait toutes
. les forces du pays, hommes politiques, publicistes et le
peuple, pour résister aux Anglo-protestants, l'Eglise croissait avec le nombre même de ses enfants. En 1831, le nombre des Canadiens-Français atteignait 380 000 âmes : en 1784, ils étaient 106 000: ils avaient done, en quarante sept ans, réalisé un accroissement de 274 000 âmes
uns date importante dans Thistoire faits s'étaient accomplis, plusieurs œuvres
Ants 1763
on de 200 pour 100, proportion qui représente un
progrès de 0.40 pour cent par an sur la dente. Cette marche en avant n’était pas eurer le parti exclusif et intolérant qui des Anglais, ni à ‘inspirer la modération conscients de leur force.
période précéde nature à rasexistait du côté aux Canadiens
Après la mort de Mgr Plessis, plusieurs membres in-
fluents du corps législatif, désertant le terrain sûr de la
résistance légale, glissèrent sur la route
rejétèrent avec hauteur les tentatives de
révolutionnaire, conciliation du
gouvernement anglais et soufflèrent la révolte par leurs
philippiques indignées. Alors éclatèrent
les troubles de
1887-1838, vraie guerre civile où l’on vit quelques cen-
taines de paysans courir aux armes,
Indoeiles à la voix doe leurs pasteurs, qui maintinrent cependant dans la sou-
mission à l’autorité la masse du peuple, ces malheureux
.# firent décimer par les troupes anglaises, Ce qui fut bis, c'est que ce mouvement insurrectionnel, auquel la
plupart des Canadiens étaient restés étrangers, réveille les
malveillances contre tous et fournit aux | 00e et de Ia religion des Franco-Canadiens Vooension de-
le 28 juillet 1840.
ennemis de la
à puis longtemps désirée d'accomplir Punion des deux On- . …nadas. Lacte d'union passa au Parlement britannique :
Avant cet acte d’injustice et de despotisme qui marque
u Canada, plusieurs qui intéressent |
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i normales avec le concours du clergé.
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l'Eglise avaient été créées. Les centres d'éducation secondaire sétaient multipliés :. collège de Saint-Hyacinthe (1809), collège de Sainte-Thérèse (1825), de Sainte-Anne de la Pocatière (1829), de PAssomption (1832), d’où sortisont des hommes qui fourniront de puissantes recrues au clergé et aux professions libérales. Pour l'instruction
primaire à côté de P institution royale protestante, dont
nous avons parlé plus haut, avait été fondée la société d’éducation de Québec, société catholique dont le but était l'instruction des enfants pauvres et la formation d' instituteurs pour la campagne. Plusieurs autres sociétés poursuivant le même but se forinèrent sur nimes points du Canada. 1
: En 1824, fut passée la loi des écoles à 3 qui autorisait les fabriques à acquérir et à posséder les biens meubles et immeubles, pour fonder et entretenir des écoles dans les paroisses. Elles pouvaient établir une école pour deux cents familles et consacrer à cette œuvre un quart de leurs revenus. Le curé et le marguiller en charge étaient de droit commissaires d'écoles. En 1827, Lord
Dalbousie tenta, ares Is “coopération de l’évêque st du clergé de l’église romaîne ”, ainsi s’exprimait-il,. de for-
mer un comité séparé de PInstitution royale, lequel: conduirait et eurveillerait seul les écoles “catholiques. romaines ”, mais ce projet n’eut pas de suite. Enfin en 1896, le Parlement ft up da pour établir de dle
arnts 1763 81
A Mgr Plessis, mort en 1826, avait succédé Mgr Paret, aui eut une grande part dans les progrès réalisés en vue de l'instruction élémentaire. II mourut en 1839, l’année même où le choléra faisant son apparition au Canada, enleva en cinq semaines plus de 4000 personnes, parmi los-
5 quelles un grand nombre de prêtres et de religieuses, dé-
voués au soin des malades.
I coadjuteur de Mgr Panet, Mgr Signay, le remplaga. Son épiscopat fut signalé par beaucoup de malheurs: nou” wan choléra (1884), guerre civile (1837-88), deux incendies qui réduisirent la ville de Québec presque entière en un amas de ruines (1845), le typhus apporté par les . Irlandais chassés de leur patrie par les terribles troubles de 1847. | Signalons plusieurs érections d’évêéchés : Kingston (1826), Charlottetown (Ile du Prince-Edouard), :1829, . Montréal, 1836. Cette même. année 1836 vit l’établissement au Canada de l'œuvre de la propagation de la foi, bénie par Grégoire XVI, enrichie des mêmes privilèges el des mêmes indulgences que la société inaugurée à Lyon en 1822. Affliéo à celle de Lyon en 1848, elle le resta jusqu'en 1876, époque où elle continua de fonctionner indépendante. Son but est, par suite de cette séparation, À' cette période aussi appartient la solution d’une question pendante depuis la conquête, nous voulons parler de la reconnaissance par la couronne des biens de Saint-Sul-
82 LA RACE FRANÇAISE EN AMÉRIQUE pice de Montréal. Parmi les articles de la capitulation de Montréal, il s’en trouvait un (le 23ème) téhdent à reconnaître les biens des Jésuites, des Récollets et des Sulpiciens. Mais le général Amherst l’avait refusé “ jusqu’à ce que le plaisir du roi soit connu.” Ce plaisir du roi à l'égard des possessions des Jésuites et des Récollets aboutit à la spoliation, ainsi que nous l’avons dit. Les biens des Jésuites, après de longs débats entre la Province et la couronne furent abandonnés à la province, à destination exclusive d' instruction (1832). L'église des Récollets de Québec fut livrée au culte protestant, Les Sulpiciens avaient à redouter le même 0. Pour conjurer une mesure si funeste aux intérêts d ‘église du Canada et en: lever tout prétexte à la spoliation, Saint-Sulpice de Paris renonca spontanément à tous ses droits sur les biens de la compagnie à Montréal et en fit l’abandon, sans réserve ni condition, aux sulpiciens de cette ville. Un moment ceuxci purent craindre l’extinction (1789). Mais bientôt le Canada fut ouvert à leurs confrères de France et d’ailleurs ils s'étaient agrégés plusieurs prêtres canadiens de naissance. Une proie échappait à la horde bostile et persécutrics qui entourait les gouverneurs au „— du XIXe siècle. N
En 1800, le Jouverneur * au e un tat de tout son personnel, de ses biens çt revenus, M. Roux, alors suvérieur, le fournit, Quatre ans plus tard (1804) le procureur général Sewell remit au gouverneur un rap-
port où, s'appuyant sur deux décisions antérieures, l’une
doe sir James Marriott en 1773, l’autre du procureur de . 1789, il ooneluait au droit du gouvernement sur les biens de Saint-Sulpice et suggérait cinq plans différents pour s'en emparer. Sir R. Milnes, envoya ce rapport et d’aitres à Londres, et attendit dés instructions qui ne vinrent bes. En 1810 et 1811, Ryland, envoyé par sir James Craig en Angleterre, pressa la question avec sa violence ordinaire, mais encore sans effet. Les discussions eontinusient, quand M. Roux publia un mémoire qui réduisit au silence les ennemis du séminaire (1819). En mêmie temps, il fit passer à Londres M. Lartigue, plus. tard évêque de Montréal, pour faire valoir les droits de Saint- Sulpice.
Celui-ci fit le voyage avec Mgr Plessis, qui dans le me. moire par lui remis à Lord Bathurst, insista sur le même point et contribua plus que personne, de l’aveu miême de M. Roux, à mettre fin aux attaques répétées des fonctionnaires du Canada. II disait en substance que les attaques contre lés biens du séminaire provenaient, ou de ce qu’on ne croyait pas les Sulpiciens vrais propriétäires, et es eas, eux-mêmes s’offraient d'en donner des preuves satisfaisantes, ou du profit que le gouvernement tirerait de leurs possessions, et l’évêque montrait Pirritation que produirait une telle mesure chen les habitants du pays “ témoins journaliers de Pemploi vraiment exemplaire ét honorable que les ecclésiastiques de ee séminaire font de
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une requẽte au gouvernement pour réclamer contre cette
leurs revenus, et qui, dans ce dépouillement d'une communauté, verraient le signal de la spoliation de toutes les autres,” il ajoutait que c'était priver l'Eglise du Canada d’une de ses principales ressources pour l'instruction de la jeunesse comme pour la formation et la propagation de son clergé; qu’attaquer les biens du clergé, c'étuit paralyser son influence sur les peuples, influence dent PAngleterre avait bénéficié la première. II concluait que
. Ceux qui avaient suggéré une pareille mesure au gouver-
nement, n’avaient consulté ni sa dignité, ni sa gloire, ni les vrais intérêts et le mérite d’une province qui, par sa fidélité soutenue, parait avoit des droits particuliers à la bienveillance et à l'affection paternelle de son souverain.
Les mêmes attaques se renouvelèrent en 1829, et, Saint- Sulpice, lassé, envoya en Angleterre deux de ses membres,
- chargés de proposer au ministère un arrangement pour la
cession d’une seigneurie, qui excitait tan: de convoitises, et obtenir en retour une rente annuelle. Les daux mandataires se rendirent à Rome pour informer le Saint-Siège
et connaître ses sentiments sur Paliönation de bi ns que
Saint-Sulpice avait toujours rogardés, il est vrai, comme patrimoniaux, mais dont il n’entendait bien user que dans l'intérêt de I Eglise.
Cette négociation, entamée à l'insu de lépiscopat cana-
: dien, transpira et donna Palarme aux catholiques. Tout
le clergé du Canada, ayant à sa tête les évêques, adress
Arne 1768. . 85 — nm transaction foroéo et injuste; et députa deux délégués à
+ ‘Rome et à Londres. Informée, la cour pontificale refusa sa sanction. Londres attendit. En 1832, Mgr Panet écrit à Lord Aylmer pour presser la conclusion ; en 1886, Lord Gosford dans une adresse aux chambres, s'engage à prendre en mains la question. La décision semblait déjà mûre, puisque, en dépit des troubles de 1887-38 et du mécontentement qui suivit, en 1889, en vertu d’une ordon- : nance du conseil privé, le séminaire fut maintenu dans la possession de ses biens et pleinement confirmé dans ses titres, Le séminaire s’éngageait à ne faire passer aucun de ses biens à l'étranger et à s’en servir, oome il Pavait toujours fait, à l'avantage du pays. Cet acte de justice le laissait à même de poursuivre le cours de-ses bienfaits. Montréal lui devait son établissement, sa prospérité des premiers jours, son collège auquel M. Roque (1506-1828) avait donné une réputation qu’il a conservée depuis; sa magnifique église de Notre-Dame, œuvre de M. Roux (1825-28) ; ses écoles ; et tout récemment M. Quiblier, qui avait succédé à M. Roux en qualité de supérieur, venait d’appeler, du consentement de Mgr Lartigue, les Frères des Ecoles chrétiennes (1837); et bientôt le grand séminaire, aujourd’hui si florissant, allait s'ouvrir (1840). Par lui-même, l’acte d’union des deux Canadas n'avait rien de défavorable à l'Eglise catholique, bien que dans la pensée de ses auteurs, il fut destiné à lui porter atteinte.
II proscrivait l’usage de la langue française, comme off:
cielle ; et visait par diverses mesures despotiques à assujettir Québec à Ontario, l'élément français à l'élément anglais, les catholiques aux protestants; ces derniers qui u’étaient que 400 000 devaient avoir une représentation égale aux premiers qui étaient 600 000. Mais Dieu déjoua ces caleuls humains. Contre toute prévision, cet acte favorisa la liberté de l'Eglise catholique comme celle des sectes protestantes. L’anglicanisme cessa d’être la religion d'Etat et, en se séparant du pouvoir civil, d'user de son influence sur lui pour persécuter cette Eglise Ro maine dont la forte hiérarchie avait résisté à ses coups. D'ailleurs le régime constitutionnel et responsable, qui fut le résultat de l’acte d’union, en mettant la législation entre les mains de la majorité assura aux catholiques une influence avec laquelle tous les partis durent compter. Au surplus, comment la couronne aurait-elle pu songer, sans paraître ridicule, à ressusciter les vieilles querelles, en présence du droit public qui s’affi-mait de plus en plus dans la Provincef Ajoutons qu’un gouverneur aux vues larges se rencontra, Lord Elgin (1847-54-), qui comprit qu’il était tetnps Cen finir avec un système de gouvernement basé sur l’exelusivisme et l'injustice. : Aussi, dix années ne s s'étaient pas écoulées que la langue française avait acquis une influence égale à celle des Anglo-protestants dans la direction des affaires du pays.
Les quinze anné s qui suivirent 1840 sont des plus fl
na condce pour l'Eglise du Canada. À 1n voix des évêques, de
Ane 1765 87
Mgr Signay et. de son successeur Mgr Turpon (1850), à * Dukes et surtout de Mgr Ignsce Bourget qui à remplacé :
Deuxième évêque de Montréal.
Mgr Lartigue à Montréal, nous voyons aceourir de Frarce où surgir du sol canadien cinq commiunantés d'hommes et
seize de femmes. L’évêque de Montréal ouvre largement
e helfe Aut. hl ..
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853 eee er AMERIQUE 8 on dicdse, en 1641; aux Pères Oblats de Marke ams
euléo qui donneront aux missions du Canada un öelet
age et e 1 en 164,
de femmes: Sœurs de Charité de la Providence (1843) fondées avec Madame Veuve Gamelin: institut qui em-
brasse à la fois les œuvres de charité et d'éducation des classes pauvres; Sœurs des Saints Noms de Jesus et de
Marie pour l'instruction des jeunes filles ts): Sœurs
Mise tende (1848) pour l'assistance des filles tom. |. DR Annee. de Sainte-Anne pour l'éducation des filles | Antes époque, Mgr Turgeon de Ou. (1850) ouvre
— — — — . ie METRE
sable fécondité de l' Eglise nous renvoyons au tableau des communautés dans le chapitre suivant.
La hiérarchie épiscopale ne reste pas stationnaire; les évêchés se multiplient; en 1841 le siège de Toronto est érigé avec Mgr de Charbonnel, ancien sulpieien, pour titulaire; en 1849,.celui de Saint-Jean du Nouveau- Brunswick avec Mgr Dollarda. Deux ans après, le pape Grégoire XVI érige la Province ecclésiastique de Québec et nomme Mgr Signay archevêque et métropolitain en lui assignaut pour suffragants les évêques de Montréal, Kingston et Toronto. La même année (1844) est créé l'évêché d’Arichat (Nouvelle-Foosse) transféré à Antigonish depuis 1866 ; en 1847 deux nouveaux sièges sont érigés: Ottawa avec Mer Guigues, O. M. I.; et Saint-Jean de Terreneuve avec Mgr Mullock. Ainsi ds. 1850, l'épiscopat canadien comptait un archevêque et neuf évêques. Ile se réunirent en concile à Québec en 1851. C’est dans cette assemblée que fut décidé l'établi. went de l'Université Laval et que l'on résolut de demander à Pie IX l'érection de deux nou veaux diocèses: Les Trois-Rivières et Saint-Hyacinthe. | FRE aies eee . n par Mer Prince, condjuteur de
Au cours des dis années que nous venons de pareourir quatre faits méritent encore d’être mentionnés: 1° les missions de Mgr Forbin-Jauson au Canada (1840) qui produisirent une impression dont le souvenir ne s'est: pas
chic suivants: Année 1861, 746 864; 1861, 043300
Pour suffire eux besoins. de le population catholique. ainsi croissante, des écoles primaires s'étaient élevées dans toutes les paroisses. Un homme religieux et dévoué, le
|: docteur Meilleur, formé au collège de Montréal, et devenn en 1842 surintendant de l’éducation pour le Bas-Cènadn donna une vigoureuse impulsion à l'instruction 5 Lorsqu'il/entra en charge, le nombre des enfants qui fré-
9 mtsient les écoles ne dépassait pas 3 000 et quand fl prit za retraite (1855) ‘il s'élevait à 197 000. 41.
de ion publique à son berceau ; il a dû tout créer,
DA (One à rer peut sn mA 5 L'éducation secondaire, toute entière aux ma ns du ee clergé, avait ouvert de nouveaux foyers dans la ériode qui nous océupe: en 1846, le collège de Joliette ; en 1850,
2 cg Bug à Tigra (ia dns Le de
de 9 tenus par les Gleres de Saint-Vistenun; en 1847, 1e, collage Saint-Laurent, près Montréal, ouvert | bar les PP. de Sainte-Croix; en 1853, Sainte-Marie du
. Monnoir, aujourd’hui dans le diocèse de Saint-Hyacinthe,
à et le collège de Lévis, près de Québec, confiés au clergé
Mais si les maisons d’ensoigneinent secondaire étaient
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„ eee eee e drt DEF Nur — + —
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1 de cémpfiants, les cours d. bot et de médecine. ‘On
bonelle % Qusdes avait émis Ie vœu que les catholiques ni jouir décoles, dé collèges et même d'universités
en. dépit des difficultés. Mun dation de Lord lé, le supérieur, Vabbé Casault, partit
— entrer
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PAR A FRS ER a RO ARR 2 FA RCE ESC RS AE LT CS etre 0 de ce
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pour Londres. La feine Victoria concéda facilement la charte qu’on lui demandait (décembre,1852). Une copie en fut envoyée au Souverain Pontife, Pie IX, qui immé-
. diatement fit expédier à l’archevêque de Québec, un bref,
Pautorisant à conférer les grades, théologiques aux sémi-
bann Lavau DE Ces
naristes qui auraient fait louis études à PU niversité (1853). L'Université fut dès lors formée. Aux termes de sa constitution, l’archevêque est le visiteur de Pétablissement, le supérieur du séminaire en est de droit le recteur, et le conseil se compose des directeurs du séminaire et des trois plus anciens professeurs de chaque faculté,
1 . 1 95 ULD inauguration ainsi appelbe en souvenir. et fonda- 2 54, en pré-
Pie
Pendant qu'à Pest et à l’ouest du ‘Canada le Catholi eisme gagnait en nombre, en influence et en Organisation, M continuait cette vie de lutte qui est la condition de IE. glise igel bas. Le ITIème concile de Ousbee (1854) nous montre les Pères donnant aux fidèles: des règles diseipli-
“née de ist ddl isabit, dos ON ei.
de Ia tempérance, des instituts littéraires, de la politique, des bibles falsifiées, des livres immoraux, des bibliothèques paroissiales. Sur la fin de cette année la définition: du dogme de l’Immaculée Conception de Marie, vint combler de joie le our des Pastours et des gate. Durant: Ie années qui suivent, on voit le clergé douloureusement préoccupé de la marche des idées et des événements en En. dope. Les évêques, dans leurs mandements, signelent leerreurs que le Chef de l'Eglise condamne. L'envahissement des Etats Pontificaux souleva tous les cœurs ; et, bi ape s’être traduite par d’éclatentes protestations, Pindignation des catholiques de manifeste par une leve. de bouel ie. et Vorganisation d’un corps de zouaves pontif- | eaux | Le 18 février 1868, ent hen le départ d'un pre
ji eee e e 1 évêque de plus, Mer Langevin, de Rimouski, siège ‘érigé l’année précente. Le Concile insista sur les droits de la Papauté et sur la soumission qui lui est due; recommandsaux fidèles les œuvres du Denier de Saint-Pierre, | de la propagation de la foi et de la Sainte-Enfance, éta- | blies depuis plusieurs années ; donna des avis aux parents r Re f
f leurs enfants; signala le danger des mauvaisei jostures, Jjournaus et livres, et exhorta les pasteurs à former des
1 bibliothèques de'paroisse ; éclaira les catholiques sur leurs | devôirs en temps d'élection; et les mit en garde contre
certains péchés plus graves tels que le faux serment, l’intempérance et l’usure.
F R ee on re 1
00581 vers cette époque que l'immense paroisse de Notre-
Dame fut divisée en plusieurs. Canonigusment érigée en 1678, elle avait été desservie pendant près de deux sièeles par les prêtres de Saint-Sulpice qui, selon les bo- “ins, avaient élevé sur différents points de la ville et de
‘le banlieue des églises et des chapelles pour le service redes siècles la ville avait agrandi; en 1866, elle comptait 130 000 âmes, sur ce nombre plus de 100 000 catholiques. Un décret apostolique permit à Mgr Bourget de créer mutant de paroisses qu'il Je jugerait nécessaire au bien des âmes, paroisses dont l'administration serait d’abord offerte aur prêtres de Saint-Sulpice, de qui il dépendre de V’accepter ou de ls refuser. Depuis 1
Affaire Quibord. Condemnés per toutes les juré 5
Chicoutimi (1878), Nico-
Montréal fut érigé en archevéché,
tiastig érigées, l'une à Toronto et l’autre à wren Err sonronner une hiérarchie ai nombreuse, canadiens ei attachés An Rage, 1 a pi à Lr Tit Gene, Pe uerò coll eee e e | Tascheres juin 1886),
| À ue à mer dx oi pari 5 1. Le fondation de l'Université Laval à Montréal.
| PH de it ar de Qt à Pan. |
tion de ce projet. dite bosasit mu e in:
quer les base: toutes les dépenses de la succursale seraient
‘à la charge du dicobse de Montréal; les cours seraient ‘uniformes dans les deux villes ; le recteur serait repré- senté par un vice-recteur choisi par le conseil universi-
taire et approuvé par POrdinaire; deux mois après cette décision, Pie IX, par la bulle inter varias sollicitudines” : accordait l'érection canonique à l’Université Laval (10 mai, 1876). La succursale fut reconnue au civil par une loi de la législature de Québec de 1886. Les facultés o or-
ganisèrent lentement nt et au milieu de nombreuses y difficul- 5 tés au cours des années qui suivirent 2
| ee eee bee eee +08 | : Buipice à ‘Montréal, prit une part importante. Esprit |
t et aux larges conceptions, souple ei persévé
3 dent dans ses desseine, assuré d'ailleurs de l'appui de te | communsuté, il mens à bon terme de grandes œuvres pro 5 fitsblès à T Eglise et au pays ; “ je ne crois pas is tromper, :#éeriait Mgr Archambault, alors vice-recteur de la suc
: “eursale, et depuis évêque de Joliette, dans un éloge fr nèbre de M. Colin, en disänt que son œuvre par exc
laïcs, Pœüvre qui domine touiss les autres au double
donn de vus religieux et sels}, c'est l'université catho . ie nass de Montréal” : a
CTT Montréal, à obtenir pour la fondation nouvelle une indé- -pendancs qu’il estimait nécessaire à sa prospérité, Le décet dem Dudum ” (isse) par lequel Léon XIII 46 ait la suceursale de Montréal un second siège, “ alters sdes ”, de l’Université Laval vint courouner ses efforts.
Restait le côté matériel et financier, M. Colin agissant au nom de e compagnie, mit à la disposition des adminiy À (entoure un terrain de 660 000; et sur les 8180 000 40 1 soûtait Ia nouvelle bâtisse universitaire, … souscrivit - :“: 875 009 Doe plus, il contribue poug-une large part à son Pro intérieure ee charges. mate d'en
ins, Pour 1sque!ls ee Bet me
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furent occupées, et l’excédant de la population dut prendre le chemin des villes ou des Etats-Unis pour y trouver une vie plus facile. Le mouvement tendait à se généraliser et inquiétait Jes patriotes. Le clergé comprit qu'il y avait là une œuvre à accomplir. Une véritable croisade s’organisa pour retenir le peuple sur ses propres terres, et pour lui faire trouver chen lui ce qu’il courait chercher à l’6tranger. Le prêtre colonisateur est un type que l’on ne trouve aujourd’hui qu’au Canada. A ce titre, le curé Labelle s’est acquis une réputation qui a franchi les mers. Cet admirable prêtre a voué sa vie à retenir les Canadiens dans leur pays. A lui seuk il a fondé plus de quarante paroisses dans la province de Québee. Partout où la colonisation a porté ses efforts, au Témiscamingüe, sur les P
trouvons, dirigeant et soutenant les colons, des prêtres ou des religieux. Dans chaque diocèse, un ou plusieurs prêtres sont chargés de promouvoir le mouvement de la colonisation et de-lui imprimer une direction ; grâce à ces sociétés, la forêt a reculé, de nouvelles paroisses ont surgi. Aujourd’hui, l’on regrette qu’un mouvement de , olonisation plus puissant n'ait pas été dirigé vers les * riches plaines du Manitoba. Néanmoins des colons de race française et catholique s’y sont ‘établis an milieu des protestants et y restent un gage d'avenir pour le Catholicisme,
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CBAPITRE QUATRIÈME
ÊTAT ACTUEL DU QUÉBRO
que deux:
puis free d'expansion les Cansdient-Français débordené le limites de leur province, envoient des colons vm :
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Nouvelle-Angleterre, sans cesser de s'accroître de cent à deux cent mille âmes par décade; si Ton songe enfin à lu
sève apostolique qui alimente du vocations tant de communautés vouées à l'éducation de la jeunesse ou aux œuvres de charité, et emporte tant de missionnaires à l'est jusqu'aux rivages de l'Afrique, et à l’ouest jusqu’au Macken-
sie et à l'Alaska, jusqu'au Japon et à Ia Chine, il faudrait
se feriner les yeux pour ne pas reconnaître le signe de Dieu, pour ne pas y voir la continuation de la geste de Dieu par les Francs, et, partant, pour refuser d'avouer que notre province oceupe un rang hors pair dans les fastes contemporains de I Eglise catholique au, Canada.
1° Les provinces ecclésiastiques, + 8 Depuis 1909 J Eglise du Canada a cessé de relever de la Sacrée Congrégation, de la Propagande et dépend directe ment du Saint-Siège, La provinee ecclésiastique de Québec comprend les diocèses des Trois-Rivières, de Nicolet, de Chicoutimi, de Rimouski, plus le viceriai apostolique du Golfe Saint-Laurent. & celle de Montréal se rattachent les diocèses de Saint-Hyacinthe, de Sherbrooke, de Valleyfield et de Joliette. Le diocèse de Pembroke et le vicariat apostolique du Témiscemingue sont enlos dans la province ecclésiastique d'Ottawa. Un simple regard eur le tableau suivant donnera au lecteur les détails. de la popu-
lation, du clergé et des œuvres pour chacun deu.
Chapelles
Rimouski... ,
Québes, archovéché sr
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10$ LA RACE FRANÇAISE EN avs
Tandis qu'en dehors de Ode Pcs cathlique vit sous le régime de Ia séparation avec T Etat, au dedans pré- S000 civils,
À la mes Pan ee le outre bene de . e vince envoient à Rome, une liste de trois noms rangés per ordre de mérite: “ dignissimus, dignior, dignus ”, jointe à uns liste semblable laissée par l'évêque défunt ; et c’est an Saint-Siège, après informations prises, de choisir entre les candidats. Dans la province de Québec, les évêques sont de droit membres du conseil de l’Instruction publique. Ce conseil se compose en outre de laïques, nommés par legouvernement de Québec, en nombre égal à celui dés évêques. . II est présidé par un laïque qui a le titre de surintendant de l’Instruction publique. II se réunit deux fois par année pour statuer sur tout ce qui intéresse l’enseignement. Le gouvernement ne fait guère que ratifier les décisions de ce conseil. Cette. entente a pour avantage de tenir en dehors des disputes de la politique les matières si pen qui regardent la formation de la jeunesse.
A Pégard de l'Etat l’évêque est complètement —
daunt. Dès qu'il a regu ses bulles du Souverain Pontife,
il entre en fonctions sans avoir à remplir aucune formalité civile. Aussitôt les fidèles lui rendent hommage et obéissance et lui reconnaissent tous les droits de ses prédéces-
: senrs. En général, l’évêque est choisi parmi les prêtres
les plus distingués du diocèse vacant. Chaque évêché a
NS «et fondations, ia menso épiscopale, le revenu de s oom ee
* \ponendes, ete. L'Etat Ini reconnaît tous les droits d’une corporation civile. L'évêque jouit de la plus grande liberté pour la nomination aux cures, Peres tion des paroisses et Ia construction des églises ou
presbytères. Au Canada, point de curés inamovibles, : sauf celui de Notre-Dame de Québec. Dès qu’un curé est nommé par l’évêque, il entre en fonction, il tient les registres de J Etat civil pour les baptêmes, décès et mariages. Seul il peut célébrer les mariages, car ici le
mariage civil n’existe pas, Pour lérection d’une paroisse, il faut la requête de la majorité des habitants. L'évêque, ayant pris connaissance de cette requête, fixe un jour pour une assemblée de paroisse et entend les raisons qui peuvent s’opposer à l'érection demandée. Après cette assemblée et une enquête sérieuse, il rend un décret d’érection, et ce décret est sans appel. Le curé nommé a droit à la dime; et les registres paroissiaux qu’il tient sont reconnus Comme registres civils La dime est le moyen reconnu par l'Etat lui-même de subvenir à Ventretien du curé, Elle fait Pobjet d'un commandement de PEglise: Droits et dimes tu paieras à l’Eglise fidèlement.” La dime se prélève généralement sur les grains, et en dépit de eon nom, elle n’est que du vingt-sixième. Par suite des variations survenues dans l'état de la population et de la culture, la dîme tend beaucoup à se transformer en une redevance en argent, La moyenne de la population d’une