BOMBARDEMENT DU MUSÉUM
Le Muséum de Paris, avec les jardins et les bâtiments qui en dépendent, forme un quadrilatère irrégulier compris entre un quai et trois rues. La surface en est de 225 A30 mètres carrés. Au sud, une ligne de maisons complète la rue de Buffon, et cache de vastes espaces dont je n’ai pas à m’occuper ici, bien qu’ils renferment les laboratoires d’anatomie comparée et de physique végétale, ainsi que des pépinières placées dans le voisinage de jardins particuliers et de quelques tanneries. A l’est, coule la Seine, fort large en cet endroit. Au nord, est placé l’entrepôt des vins et eaux-de-vie, mesurant I/4I 700 mètres carrés. A l’ouest, se trouve l’hôpital de la Pitié, dont les
bâtiments et les cours occupent 21777 mètres carrés (1).
11 est important de tenir compte de ces chiffres, si l’on veut apprécier les faits à leur juste valeur. Tout d’abord il eu résulte que le Muséum est complètement isolé.
Ajoutons qu’un baraquement destiné aux ambulances militaires avait été établi d’une extrémité à l’autre du jardin, le long d’une allée allant de la grande cour jusqu’au quai (2). Une autre ambulance fondée et desservie par quelques dames du Muséum avait été installée près de la rue Cuvier. Aucun de ces détails n’était certainement ignoré de l’ennemi, toujours si bien renseigné. Il savait bien que notre grand établissement scientifique ne renfermait absolument rien pouvant être utilisé pour l’attaque ou pour la défense, et qu’il était seulement devenu une succursale de V hospice de la Pitié (3).
Dans des conditions pareilles, il eût été permis
(1) Tous CCS diiffrcs sont tirés du Dictionnaire administratif et historique des rues et monuments de Paris, par MM. F. et L. Lazare, ouvrage dont les matériaux ont été puisés aux sources les plus officielles, l’un des auteurs étant un des cliefs de la voirie de Paris.
(2) Voyez le plan.
(3) Dans les premiers temps de l’investissement, on avait, il est vrai, placé un certain nombre de bêtes à cornes dans l’allée qui longe la rue de BulTon, dans la portion comprise entre la
LA RACE l'RUSSIENINE.
de se regarder comme étant à l’abri d’un bombardement. Toutefois, en présence de menaces officiellement répétées et du langage des journaux allemands, Vassemblée des. professeurs chargée de l’administration du Muséum avait pris, dès le début du siège, les précautions nécessaires pour en sauvegarder les richesses scientifiques. La nature de l’établissement exigeait des mesures entièrement spéciales. Avant tout, il fallait parer au danger résultant de l’accumulation dans les salles d’au moins soixante-dix mille vases ou bocaux renfermant les préparations, les plantes, les animaux conservés dans l’alcool (1). Employés et professeurs mirent la main à l’œuvre. En quelques jours, cette masse d’objets inflammables fut à l’abri dans une espèce de crypte creusée sous le grand labyrinthe. Les pièces les plus précieuses, les échantillons uniques, des collections entières, dont la valeur résulte de leur ensemble même.
^'alcrie botanique et le quai. L’administration du Muséum eu réclama en vain l’éloig:nemcnt : mais cette réserve alimentaire était épuisée depuis longtemps quand s’ouvrit le feu sur Paris; et les Prussiens le savaient bien, car fort peu de leurs obus se sont égarés dans cette direction (voyez le plan). Jamais, d’ailleurs, le Muséum n’a reçu, comme quelques autres établissements de Paris, des dépôts d’armes ou de munitions. Il n’a pas davantage servi de lieu de campement.
(1) A elle seule, la collection des Reptiles et des Poissons compte environ trente mille objets de cette nature.
furent descendus dans les caves. On put croire pendant trois mois que c’était autant de peine inutile. Mais on sait comment le 8 janvier, entre dix et onze heures du soir, éclata, sans sommation aucune^ ce bombardement qui a motivé une solennelle protestation de la part des puissances neutres.
Ne reconnaît-on pas à ce trait le Slave tel que l’ont peint les auteurs classiques et M. Amédée Thierry? Il n’y a là qu’une différence de temps et de science. Au lieu des javelots de ses ancêtres, le Prussien nous envoyait à l’improviste ses obus à longue portée.
Les projectiles pleuvaient sur le Muséum et dans le voisinage. Professeurs, employés de tout grade, maîtres, domestiques, descendirent dans les caves ou cherchèrent un asile dans les galeries souterraines attenantes aux serres. Sans doute il était impossible qu’une certaine émotion ne se manifestât point à ces premiers moments. Sans doute, quand deux obus, éclatant presque coup sur coup, vinrent fracasser la serre des Orchidées et la serre des boutures à quelques mètres d’une foule composée en majeure partie de femmes et d’enfants, il y eut des moments d’angoisse et des cris d’effroi. — Mais on se fit vite aux sifflements, aux explosions des projectiles. Tous ceux qui ont passé quelques nuits
La race prlssienne.
dans cette crypte peuvent attester combien le calme s’y rétablit rapidement. Ils se rappelleront longtemps le mélange de résignation et d’insouciance qui y régnait, les observations pleines de justesse, les réflexions fermes et sérieuses qui sortaient parfois des bouches les plus humbles dans le langage le plus naïf. Les piétistes de Berlin en auraient été, à coup sûr, étrangement surpris. Sans doute la gaieté française se trahissait jusque dans ces moments terribles par des saillies imprévues. Mais plaisanter et rire sous une pluie d’obus, est-ce donc là un signe de démoralisation et de pourriture morale?
Les services du Muséum, toujours fort complexes, marchèrent d’ailleurs avec la régularité accoutumée. Animaux et plantes furent soignés comme à l’ordinaire. Malgré scs quatre-vingtcinq ans, notre illustre et vénérable directeur, M. Chevreul, parcourant de jour l’établissement, veillant chaque nuit dans la serre, ne prenant de repos qu’au soleil levé, donnait à tous un exemple (jue chacun voulait imiter. Aussi, dans tout le personnel du Muséum, si nombreux et si divers, il n’y eut pas un instant de défaillance. Ueffet moral tant attendu, tant annoncé par les Prussiens, fut absolument nul. Comme preuve, il suffira de dire que les brèches des galeries furent fermées, que les plus hauts vitrages des serres
furent réparés en plein bombardement et pendant que les obus sifflaient au-dessus de la tête des ouvriers.
Au reste, grâce aux précautions prises, les dégâts causés par les obus furent surtout matériels et peu considérables. Les serres perdirent , 11 est vrai, des végétaux précieux qui n’étaient encore cultivés que chez nous, et qui se seraient répandus de là dans l’Europe entière. Les collections rapportées du Mexique furent broyées, et la science doit regretter quelques espèces, quelques genres nouveaux, dont l'étude était commencée. Dans les magasins de la conchyliologie, quelques types rares disparurent, et un certain nombre de tiroirs furent absolument bouleversés. Mais en somme les pertes auraient pu être bien plus nombreuses et plus graves. Dans les galeries de zoologie, un crocodile empaillé perdit sa tête; quelques lézards, également empaillés, furent éventrés. Parmi nos animaux vivants, une perruche fut tuée. Aucun des employés ne fut blessé.
Voilà le bilan du bombardement du Muséum.
Le bombardement du Muséum a-t-il été intentionnel et raisonné? ou bien cet établissement scientifique n’a-t-il reçu que des projectiles égarés, pour employer l’expression prussienne?
Les faits répondent bien vite à ces questions, et le lecteur en jugera.
Du 8 au 25 janvier, le Muséum et ses annexes ont reçu quatre-vingt-quinze obus, dont quatrevingt-six ont atteint le Jardin des plantes proprement dit (1); la Pitié en a eu quarante-sept; cinq sont tombés dans la rue qui sépare ces deux établissements (2).
Ainsi 135 obus au moins sont tombés sur un espace d’environ 25 hectares. Mais ils n’y sont disséminés, ni d’une façon régulière, ni au hasard. — Voyons avec quelque détail comment ils sont distribués dans le Jardin des plantes.
Si l’on tire une ligne du bâtiment de l’anatomie comparée à l’extrémité orientale des galeries de minéralogie, on divise les terrains du Muséum en deux parties fort inégales.
La première, qui se termine au quai, est occupée surtout par la Ménagerie, l’Ecole de botanique et les carrés de la culture. Du côté de la rue Cuvier, elle est bordée par ùms logements de professeurs, ceux d’un certain nombre d’em-
(1) Voyez les observations qui accompagnent le plan.
(2) La portion de la rue Geofl'roy-Saint-Hilaire sur laquelle s’étend la Pitié a 200 mètres environ de long sur une largeur moyenne de 10 mètres. Elle représente donc à peu près 2000 mètres carrés qu’il faut ajouter aux chiffres donnés plus haut.
ploycs, par les collections d’anthropologie et d’anatomie comparée réunies dans un seul local. Elle comprend environ 150 955 mètres carrés.
La seconde ne compte que 7h fi7b mètres carrés. On y trouve les logements de neuf professeurs et de quelques employés, l’administration, tous les lal)oratoires et magasins de la zoologie, toutes les galeries de zoologie, de botanique, de minéralogie, de géologie et de paléontologie; enfin, les serres chaudes et tempérées, placées à la base du grand et du petit labyrinthe.
Eh bien, de ces deux surfaces, dont l’une est plus que double de l’autre, la plus grande a reçu dix-huit obus, la plus petite soixante-huit.
Il y a plus. — Si, partant de la petite ambulance des dames du Muséum (ancienne maison Serres), on passe entre les deux labyrinthes (1) et les deux grandes serres, pour aboutir un peu au-dessus du milieu delà minéralogie, on partage en deux portions presque égales la région du jardin la plus frappée. Or, de ces deux parties, celle qui comprend le petit labyrinthe n’a reçu que vingt-deux projectiles ; tous les autres, au nombre de quarante-six.^ se pressent dans celle
(1) Toutes les personnes qui ont visité le Muséum savent qu’on donne le nom de Labyrinthes à deux collines artificielles de grandeur inégale, et dont la plus élevée porte à son sommet un pavillon servant de belvédère.
OÙ s’élève le grand labijrinthe surmonté de son belvédère.
Enfin, à lui seul, le grand labyrinthe, avec les serres échelonnées à sa base, a reçu vingt-cinq obus. Les serres furent frappées dès la nuit du 8 janvier, et le dernier obus destiné au Muséum éclata sur la terrase du labyrinthe, le 25, à dix heures du soir. Ajoutons qu’un grand nombre de projectiles restés en deçà ou tombés au delà du même massif l’auraient atteint, si la trajectoire n’eût été trop courte ou trop allongée (1).
Ces chiffres, ces particularités frappantes, réfuteraient au besoin l’étrange excuse invoquée par les autorités et la presse prussiennes pour expliquer comment des hôpitaux, des monuments, ont été si souvent frappés. Il est évident que des projectiles dirigés par ces artilleurs dont nous avons éprouvé tant de fois la redoutable adresse ne s'égarent pas en si grand nombre, d’une manière constante et pendant dix-sept jours, sur un point aussi bien déterminé que notre grand labyrinthe, en se répartissant tout autour presque régulièrement et devenant de plus en plus rares à mesure qu’ils s’en éloignent. Cette répartition n’est pas l’œuvre du hasard. Elle s’explique par une observation très-simple.
(1) Voyez le plan.
La colline artificielle du grand labyrinthe, qui n’est séparée de la Pitié que par une étroite terrasse et la rue Geoffroy-Saint-Hilaire, fournissait un point de repère marqué sur tous les plans, sur toutes les cartes. L’ennemi en a évidemment fait usage. C’est sur cette butte qu’il a pointé ses canons comme sur une cible, s’en remettant peut-être aux incertitudes même du tir, pour éparpiller ses coups dans les environs. Mais il savait au besoin corriger ce que celte incertitude pouvait avoir d’excessif, et en voici la preuve.
Les premiers jours, les projectiles tombaient à peu près exclusivement au sud de ce mamelon. C’est pendant cette période que furent frappées les serres, les galeries de zoologie et de minéralogie, l’extrémité de l’ambulance élevée dans la grande allée. La maison historique de Buffon, isolée à l’angle sud-ouest du jardin et qui renferme trois logements de professeurs, fut cernée en tout sens par les obus, et ne fut sauvée que par une sorte de miracle. A partir du 19, le tir fut dirigé d’une manière tout aussi constante au nord du labyrinthe. Alors furent atteints les laboratoires et magasins consacrés aux mammifères, aux oiseaux, aux mollusques, aux zoophytes, aux reptiles, aux poissons, aux insectes; le bAtiment de l’administration, occupé en partie par M. Brongniart et sa famille; la maison de Cuvier
et celle des Jussieu ; celle où loge M. Becquerel. M. Deshayes faillit être frappé dans son laboratoire. M. Edwards eut son lit presque écrasé par les décombres. Un obus éclata tout àcôté du cabinet de M. Ghevreul avec des circonstances telles que, s’il n’eût été absent, l’illustre -doyen des chimistes vivants était tué à sa table de travail.
Il est évident qu’avertis de l’immunité dont avait joui pendant quinze jours une moitié de l’aire condamnée, les artilleurs avaient corrigé leur tir.
Dira-t-on que ces obus étaient destinés à l’entrepôt des vins, et que, faute d’une force d’impulsion suffisante, ils tombaient quelque peu en deçà? Je répondrai qu’il n’en est rien.
L’entrepôt, à raison de son étendue, pouvait être aussi facilement visé que le Muséum, et les Prussiens lui ont parfaitement fait sa part distincte. Lorsque, dans la nuit du 17, le feu prit au magasin des eaux-de-vie, l’ennemi, averti par la lueur, sut fort bien envoyer coup sur coup, exactement dans cette direction, une douzaine de projectiles, qui non-seulement ne restèrent pas en route, mais heureusement dépassèrent le but. Une fois le feu éteint, la trajectoire se raccourcit, les obus tombèrent de nouveau sur le Muséum, et l’un deux éclata sur le labyrinthe, à quelques mètres du toit de nos serres, déjà si éprouvées.
Les professeurs réunis en conseil au moment
du sinistre, ceux qui passèrent cette nuit aux serres, — et j’étais de ce nombre — ont pu constater par eux-mêmes toutes ces circonstances.
On le voit, la déclaration faite à l’Académie des sciences par notre Directeur est incontestablement fondée (1). — Le Muséum a été bombardé. — Les Prussiens ont bien volontairement disséminé leurs obus armés de tubes incendiaires tout autour du labyrinthe pris pour point de mire.
En agissant ainsi, nos ennemis avaient la certitude absolue de n’atteindre que des édifices modestes, consacrés à l’humanité ou à la science, de ne frapper que des malades, des blessés, des médecins- ou des savants. Est-ce là ce qu’ils ont voulu? Non certes. Je suis loin de leur attribuer une cruauté aussi froide et sans but. Mais ils se
(1) Voici les termes de cette déclaration :
« Le Jardin des plantes médicinales, fondé à Paris par un édit du roi Louis XIII, à la date du mois de Janvier 1526,
» Devenu Muséum d'histoire naturelle par décret de la Convention du iO Juin 1793,
» Fut bombardé,
» Sous le règne de Guillaume roi de Prusse, comte de Bismark chancelier,
» Par l'armée prussienne, dans la nuit du 8 au 9 de Janvier 1871.
» Jusque-là il avait été respecté de tous les partis et de tous les pouvoirs nationaux et étrangers. »
Cette déclaration sera gravée tôt ou tard sur la porte d'entrée du Muséum. Il est évident, toutefois, qu’elle devra mentionner la durée réelle du bombardement.
donnaient la chance d’anéantir des collections qui, dans leur ensemble, sont absolument sans rivales, que les naturalistes de tous les pays, et de l’Allemagne par conséquent, sont à chaque instant forcés de venir consulter. Les détruire, c’était enlever à ce Paris qu’ils exècrent, à cette Habiflone qu’ils maudissent, un de ses éléments de supériorité, d’attraction. — Donc nos collections devaient périr.
Tl me paraît impossible de trouver une autre explication au bombardement du Muséum.
La guerre telle que la comprennent la Prusse et ses interprètes présente partout les mêmes caractères. Plus on en examine froidement les causes et les moyens d’exécution, plus l’esprit se trouve involontairement rejeté dans le passé.
Qu’on relise l’article où M. Goquerel a résumé ce que Varnliagen de Ense écrivait dès I8/1O (1), qu’on se rappelle tout ce que Heine a dit des sentiments de ses compatriotes envers nous, et l’on aura la clef du langage tenu dans les harangues officielles, dans la chaire, dans la presse. Pour les Prussiens, l’invasion de la France a été
(1) lievue des (leux mondes ^ 1®'' février 187i.
DE QUATREFAGES
LA RACE l'RLSSlENNE.
une croisade. Elle a été prêchée dans un langage où se trahit à chaque mot le mélange de mysticisme impitoyable et d’ambitions effrénées qui animait les chevaliers armés contre les Sarrasins ou les Pruczi.
Les procédés guerriers de la Prusse nous reportent encore plus loin dans l’histoire. Je ne veux pas revenir sur ce prétendu code delà guerre dont on a lait l’application inexorable à toutes les classes de notre population, aux chaumières comme aux villas. Mais que dire de cette organisation si emphatiquement, si officiellement prônée comme une découverte toute moderne, et qui a permis à rAllemagne de nous écraser en deux coups, d’inonder la France des ses armées?
Jeter un peuple entier sur un autre, est-ce donc là une invention nouvelle? — Qu’est-ce faire, sinon imiter ces barbares qui se heurtaient nations contre nations, se ruant les uns sur les autres et contre la civilisation romaine, dans de véritables duels pour la vie ou la mort ?
On pouvait croire impossible le retour d’un pareil état de choses. L’institution des armées permanentes, formant un corps à part dans l’Etat, destinées à lutter pour tous, laissant les citoyens à leurs affaires, les savants à leurs recherches, les artistes à leurs études, les laboureurs à leurs
travaux, amoindrissait un mal peut-être inévitable. Le mouvement général de la civilisation pouvait être enrayé; il ne s’arrêtait pas.
Grâce à la Prusse, il n’en sera plus ainsi.
L’Allemagne ne nous surprendra pas une seconde fois; avertis par nos malheurs, les peuples s’armeront de fond en comble. En France, en Europe, tout le monde portera les armes ; et, quand viendront les luttes prochaines, quand tomberont sur les champs de bataille, non plus seulement des soldats, mais des représentants du progrès en tout genre, des chefs d’industrie et des poètes, des artistes comme Henri Régnault, des savants comme Gustave Lambert (1), alors on comprendra ce que sont la guerre et la civilisation non pas invejitées, mais retrouvées par la race prussienne.
(1) Henri Régnault, le peintre de Salomé; Gustave Lambert, qui était à la veille de partir pour son expédition du pôle nord, sont tombés tous les deux sur le champ de bataille de Buzauval, frappés, l’uu d’une balle au front, l’autre d’un éclat d’obus.