Quinte-Curce, 1. VIII, ch. X
portion du sol arien est restée sauvage ; Kirâti est le nom du Gange. Bacchus donna son propre nom à la Bactrianne et à la ville de Bactres. « Nous devons placer ici quelque chose de ce que les Indiens les plus sçavans dans leurs anliquitez racontent de leurs premiers tems. Ils disent que lorsqu'ils n'habiloient encore que dans des villages, Bacchus venant des pays occidentaux entra chez eux avec une puissante armée, et qu'il parcourut aisément toute Tlnde, vHy ayant alors aucune ville gui fût capable de l'arrêter. Des chaleurs excessives étant survenues, et la maladie s' étant mise dans son armée, cet habile capitaine la tira des lieux bas pour la conduire sur les montagnes. Les vents frais que ses soldats y rece voient, et les eaux
Eures qu'ils buvoient dans leurs sources les eurent ien-tôt rétablis. Ce lieu qui avoit été si salutaire pour ses troupes étoil Méros , mot qui en grec signifie Cuisse. • . . Outre cela il bâtit des villes considérables et bien situées et y appela les habitans des villages pour les peupler. Il leur enseigna le culte des Dieux, et leur donna des loix ^ »
Les lois qu'il leur donna sont les lois de Minos, qu'il rassembla dans un code, que du nom de son beau-père, il appela loi de Manon ; mais n'anticipons pas.
Strabon, dans un passage, met en doute l'existence de la Nysa fondée par Bacchus * ; ce géographe prétend aussi que les peuples rencontrés par Alexandre-le— Grand, entre le Cophès et l'Indus ne savaient pa& écrire^; mais dans deux autres endroits il se donne à lui-môme un démenti :
a Et dans l'Inde, où il est constant que nul voyageur n'a vu debout les colonnes d'Hercule et de Bacchus, il a bien fallu que le nom ou l'aspect de certains lieux rappelât aux Macédoniens tel ou tel détail de l'histoire ae