Diodore, 1. 1, S. II. XXXll
€ Uu romain qui avait tué un chat fut assommé par le peuple (}ui se jeta dans sa maison, sans pouvoir être arrêté m par l'intérêt de Tétat, ni par les remontrances des officiers du roi, ni par les protestations que faisait le romain même de n'avoir tué le chat que par mégarde. Je n'allègue point ce fait sur le rapport d' autrui et fen ai été témoin moi-même dans mon séjour en Egypte. S'il parait fabuleux et incroyable, on sera bien plus surpris d'apprendre qu'en une famine dont TEgypte fut affligée, les nommes en vinrent jusqu'à se manger les uns les autres, sans que personne n'ait été accusé d'avoir touché aux animaux sacrés. Dans une maison où il meurt un chien, tout le monde se rase et se met en deuil ; ce qui est encore plus singulier, ils ne se servent plus ni de pain, ni de vin, ni de toutes les provisions de bouche qui se trouvent chez eux \ »
Nous retrouvons aux Indes, la Métempsycose avec toutes sesconséquenses ridicules, odieuses et bestiales : elle s'est répercutée jusque dans les doctrines de Gaudama dont elle a été le point de départ comme nous le verrons plus loin ; et jusque dans l'A vesta, oùsi elle s'est effacée en partie, elle apparaît encore dans ce culte ef- >
froyable du chien que nous décrirons quand nous traite- '
rons des doctrines de ce code.
La métempsycose est Pâme du code de Manou ; quand le gendre de Minos, Brighou (Bacchus)* donna ses lois ou plutôt celles de Crète, que cette île avait empruntées à celles d'Egypte, à ses compagnons de colonisation, il fit reposer toute l'économie de son code en ce qui con- ^
cerne les récompenses de l'observance et les châtiments de l'inobservance de ses abominables règlements, sur le passage de l'existence humaine dans celle d'animaux considérés comme plus ou moins sacrés, ou plus ou moins heureux ; nous ne pourrions citer tous les articles
\ . Diodore, 1. 1, s, 11, XXXI.
2. Lois de Manou, 1. Xll, 2, dans Tart. 3, 1. V, il est qualifié fils de Manou — il en était le gendre en réalité puisque ainsi que nous l'avons démontré il avait épousé, Ariane, fille de Minos.
de loi qui ont trait à celte ridicule et terrible croyance, qui en même temps qu'elle avilissait les cœurs, terrifiait les âmes et les livrait entièrement enchaînées entre les mains de leurs tout puissants maîtres; il nous suffira d'en citer quelques-unes qui feront connaître au lecteur Tesprit général de celte funeste doctrine :
« Lorsque le souverain maître a destiné d'abord tel ou tel être animé à une occupation quelconque, cet être, Taccomplit de lui-même, toutes les fois qu'il revient au monde '. »
ce Les maîtres de maison assez dépourvus de sens pour aller prendre part au repas d'un autre, (un inférieur) en punition de cette conduite, sont réduits, après leur mort, à la condition des bestiaux de ceux qui lui ont donné des aliments*, d
c Le Brâhma invité convenablement à des offrandes en r honneur des Dieux et des mânes et qui commet la moindre transgression renaîtra pour cette faute sous la forme d'un porc ^ »
Le Dwidja qui par « colère et à dessein, a frappé (un Brahmane) rien qu'avec un brin d'herbe, doit renaître, pendant vingt et une transmigrations, dans le ventre d'un animal ignoble \ »
Naturellement, ainsi que nous Tavons dit précédemment, les animaux comme en Egypte deviennent très respectables, on ne peut manger ni tuer aucun d'eux ^, et leur âme par le pouvoir de la dévotion parvient au ciel^. La vache surtout, aussi bien qu'à Memphis, devient \m être de prédilection et la plus grande des purifications est de se laver avec son urine ou même