LIVRE VI
Bondbft.
A côlé des lois immorales et contre nature édictées par le code de Manou, on rencontre plusieurs préceptes réglant les mœurs des Brahmanes qui voudront ou devront faire pénitence. Quelques-unes de ces lois ont été le point de départ de toute la doctrine de Boudha, combinées avec celles qui traitent de la métempsycose. La loi de Manou avait dit :
€ Ce n'est pas une faute que de manger de la viande, de boire des liqueurs spiritueuses, de se livrer à l'amour dans le cas où cela est permis ; le penchant des hommes lés y porte, mais s'en abstenir est très-méritoire \ »
1 . Lois de Manou, 1. V, 56 . — Le lyrique Michelet s'écrie avec cette fausse sentimentalité qui n'a d'égale que son emphase : a Vraie bénédiction du génie. Tandis que, dans notre occident, les plus secs et les plus stériles font les fiers aevant la nature, le génie Indien, le plus riehe et le plus fécond de tous, n'a connu ni petite ni grande a généreusement embrassé Vuniverselle fraternité jusqu'à fa communauté d'âme. » (Bible de l'Humanité, 1'« partie, ch. Vl.) Elle est belle ! elle est noble I elle est grande ! elle est vraiment adorable cette universelle fraternité ! qui permet au noble de dépouiller l'ouvrier, et C[ui le fait fouler aux pieds des éléphants pour le moindre larcin ; qui force la femme à mourir avec son mari et détruit les enfants mal venus ou laids ; vous pouvez en être fiers, O grand pontife du Pathos ! car c'est le plus beau monument de Tinfamie humaine, développant les sombres ailes de son génie loin des dogmes de Jéovah; oui, chez ce peuple qui a poussé Ta métempsycose lusqu'aux derniers échelons de la folie, c'est un crime de tuer un chat, mais l'enfant sera détruit sans pitié s'il n'est pas bien conformé ; on respectera l'existence d'un moucheron, mais le vieillard devra mourur quand sa vie deviendra â charge à ses proches ; on sera l'objet de la réprobation universelle pour mettre à mort un crocodile, mais le Brahmane expiera les plus grands crimes en lisant le Rig-Véda qI les autres
« Ce n'est qu'en faisant du mal aux animaux qu'on
i>eut se procui'er de la viande, et le meurtre d*un animal érme Taccès du Paradis ; on doit donc s'abstenir de manger de la viande sans observer la règle présente. »
« En considérant attentivement la formation tle la chair et la mort ou Tesclavage des êtres animés, que le Dwidja s'abstienne de toute espèce de viande, môme de celle qui est permise ^ »
(L Quelle que soit la qualité qu'il lui ait donnée en
Êartage au moment de la création, la méchanceté ou la onté, la douceur ou la rudesse, la vertu ou le vice, la véracité ou la fausseté, cette qualité vient le retrouver spontanément dans les naissances qui suivent *. »
Gaudama\ frappé de Tétat misérable des hommes qui
fautes par trois suppressions d'haleine * ; celui qui tuera un chien sera maudit^ mais la femme, sous peine d'être déshonorée, devra mourir avec le tyran de sa vie. C'est le comble de la déraison aussi bien que du despotisme, comme de la barbarie. Michelet et ceux qui l'imitent auront beau couvrir de ileurs cette abominable loi de Manou, cette puanteur montera toujours du sein de la société arienne pour attester que le génie de l'homme n'a pas de limites quand il se vautre dans les turpitudes du despotisme humain !