Essai de philosophie naturelle, V* partie, ch. I
12 LA RACE SÉMITliQUE
deur. Le Colysée de Lille-Bonne (Julia Bona) entièrement oublié, a été découvert car hasard» complètement englouti sous un verger qui, depuis des siècle», rapportait des pommes à ses propriétaire», lesquels ne S9 doutaient guère que sous leur clos gisait un mtmumtut dont les murs avaient 4 à 5 mètres d'élévation et l'abbé Cochet a trouvé au moins une hache en pierre taillée au milieu de ces débris romains ^
De la mort du roi Mœris à Hérodote^ pendant un laps de neuf cents ans, le sol entier de l'Egypte s'était tellement élevé, que l'on craignait dès lors c^^ue s'il continuait à monter dans la môme proportion^ le Nil ne pût plus déborder ; avant Mœris, il loi suffisait de monter de huit coudées, du temps d'Hérodote, il lui en fallait seize* ; c'était donc de quatre mètres environ, que le sol s'était élevé dans ce court laps de temps ; pouir qu un terrain placé dans certaines conditions & élève de sept mètres, il suffit, conséquemment, de 1625 années ; le squdette de Hyell, trouvé dans le delta de Mississipi n'ofiEre donc rien d'extraordinaire. lien est ainai de toutes les trouvailles que Ton fait dans les plaines, puisque toutes, sans exception, se sont formées par des «tterrissements de fleuves ; c'est une vieille vérité :
« L'Inde s'étend presque partout en plaines ; on les croit formées par les atterrissements des fleuves débordés, C'est ainsi qu'aux bords de la mer croissent ces plaines qui empruntent le nom des fleuves à qui elles dmvent leur origine; ainsi VHermus qui tombe du mont de Cybèle en Asie, et se décharge près de Smyme en Eolie, a donné son nom aux champs d'Hermus ; ainsi le Lydius à la plaine de Cayster, le Catcus à la Mysie et le Méandre à la Carie qui s'étend jusqu'à Milet. Ainsi l'Egypte est un présent du Nil, s'il faut en croire Hérodote et rhistorien Hécatée... Hérodote Id prouve d'une manière irrésistible ; il parait même que le fleuve a donné son nom à cette contrée, il s'appelait l'Egyptus, au rapport
i . Boucher de Perthes, de VIndustrie primiUve, ch. XX VU. 2. Hérodote,!. U, XUI.
d'Homère, qui fait aborder la flotte de Méûélas à l'emtouchure de TEgyptus*. »
J'ai vu deux ou trois haches de bronze recueillies à deux mètres de la surface du sol dans un lieu appelé les CâteUers^ quand non loin de là, il a été ramassé sur le sol même, une hache celtique *, en pierre polie, qui est encore en ma possession. La légende du pays veut qu'une grande bataille se soit livrée jadis en cet endroit, entre les Romains et les Gaulois; et l'examen des lieux, où se retrouvent de nombreux terrassements, ainsi que le nom de CâtelierSj semblent indiquer remplacement d'un camp fomain.
Comme les savants ne s'entendent guère entre eux, ea voici un qui ne donne que 12,000 ans aux tibias d'oiseaux, trouvés en France et 6 ou 7,000 à l'Egypte» ;
« Mais le Dieu Champètre-Pan avait été devancé d'une centaine de siècles par les habitants de la Charente et des Pyrénées. On a trouvé, en effet, dans les cavernes de l'époque du renne, des tubes façonnés avec des tibias d'oiseaux, pour former des flûtes composées \ »
Espérons qu'un jour ou l'autre un docteur encore plus malin que ceux d'aujourd'hui, nous prouvera que notre race remonte à deux ou trois milliards d'années ; dans un âge antérieure à cet âge de pierre ou à l'âge glaciaire, âges qui n'ont existé, pour le dire entre nous, que dans le cerveau des savants, car dans toute l'antiquité, la plus historique du monde» en plein âge d'or, de bronze et de fer, voire même de zinc ; en Europe comme en Lybie, en Asie comme eu Amérique, les peuples se servaient d'instruments de pierre aiguisée ou de corne d*animal, dans certaines circonstances : Les Egyptiens usaient de haches en pierre et de flèches terminées par
1 * Arrien, expédition d'Alexandre, 1. Y, ch. III.
2. M. Boticher en a ramassé un certain nombre sur le sol même, de V Industrie primitivey ch. XXIV.