Strabon, 1. JY, ch. V
222 LA BAGE SÉMITIQUE
a Uainée des MeB, Artémise, d'Hécatomne, roi de Carie, épousa Mausole, son frère aine ; le second des fils, Hidriée, fut marié à leur autre sœur, Ava \ »
bent ces unions à certains degrés et non sans apparence de raison, du moins au point de vue moral. »
Mais Id morale qu'est-ce ? si ce n'est la conséquence de l'obéissance à la loi de Moïse : en dehors de cette loi, il n'y a pas de morale; nous l'avons dit cent fois, tout est permis : quel mal il y a-t-il de coucher avec sa sœur ou avec sa mère? pourquoi cela serait-il immoral? tous les animaux le font, et toutes les lois do la terre l'ont permis, sauf la loi de Moïse ; quel mal il y a-t-il à tuer, à voler? tous les animaux le font et tous les Godes depuis celui de Lacédémone jusquà celui de Manou et la loi des douze tables ne l'ont pas défendu aux classes nobles et ont réglé Tassassinat. Et quand vous venez nous parler de la morale éternelle, cela nous fait rire, en présence de toutes les infamies que les Codes profanes ont permises, autorisées, réglées et ordonnées : vous repoussez la Bible ! et vous êtes forcés de lui obéir ; vous conspuez Moïse ! et ses lois vous étranglent et vou^ n'osez pas vous en affranchir; vous préconisez, vous vantez, vous portez aux nues, Rome, Lacédémone, Mempbis, Bactres, les rives ae l'Indus, et vous voilez leurs mœurs ; vous adorez leurs lois et vous n'osez les proclamer à la face du soleil et vous vous mépriseriez vous-mêmes si vous alliez jusqu'à vous conformer à leurs principes I à adopter les mœurs qui en découlent I si votre abrutissement allait jusqu'à tendre le cou sous leur joug honteux, abominable, lyraniquc et anti- social !
Ail ! vous êtes de singuliers philosophes, vous rougissez de vos principes et des conséquences qui en jaillissent et vous obéissez aux clo^mes que vous attaquez.
Nous vous mettons au défit de proclamer, avec Zoroastre, les Egytiens, les Gaulois et autres que l'on aie droit et même que l'on est méritant d'épouser sa mère I avec les Lacédémoniens et Manou, que les castes nobles ont le droit de voler et d'assassiner! avec les Arias, les Spartiates et les Romains qu'il faut mettre à mort les enfants mal conformés! avec les Cretois^ les riverains de l'Indus et les Egyptiens que l'homme peut s'unir à l'homme et même à la bête ; avec 1 univdrs presque tout entier^ que le chef de la famille a droit de vie ot de mort sur sa femme, ses enfants, ses esclaves et ses débiteurs! Eh bien ! une seule loi, un seul code a défendu toutes ces choses que nous considérons, nous chrétiens, comme des infamies, parce que Dieu les a prohibées : et cette loi est celle de Moïse ! Que nous lui obéissions, nous, cela se comprend^ nous croyons en Dieu, en l'immortalité de l'âme, en la justice éternelle, eu un mot nous sommes des ignorants^ des fanatiques ^ des crétins, des idiotsl mais vous ! des hommes de progrès, des savants, des cs-