‹ La race sémitiqueChapitre 27 sur 246 · Liber Josué, caput X, 12 et · texte numérisé non relu

Liber Josué, caput X, 12 et

écrit au livre des justes ? Aussi le soleil s'arrêta au milieu du ciel et ne s'empressa pas de se coucher pendant un jour entier. »

Eh bien ! je m'adresse aux hommes de bon sens, non aux savants : Gomment Josué, général d'armée, pouvait-il s'exprimer autrement ? Devait-il donc dire en s'adressant à ses troupes : Terre qui tourne autour du soleil arrête ton mouvement Diurne J Cela eut peutêtre été un langage scientifique, mais eut été d'un parfait imbécile. — Les soldats ne l'auraient pas compris et se seraient moqué de lui et de sa science * .

Est-ce que Josué faisait un cours d'astronomie à son peuple ?

Il avait autre chose de plus sérieux à penser : Est-ce qu'il a dit que le soleil tournait autour de la terre ? Pas du tout, il a dit au soleil :

a Arrête-toi I » Ce n'est pas de savoir s'il a eu tort de s'adresser au soleil plutôt qu'à la terre qu il est important ; ce qu'il faudrait prouver c'est que le jour n'a pas duré plus que d'habitude, après la parole du général hébreu, et le cas échéant, cela serait grave ; nous n'en sommes pas là *.

1 . A l'appui de ce que j'avance, Strabon qui est pourtant, en général, un historien intelligent, regarde comme des idiots (sic) les phéniciens, parce qu'ils croyaient que les mouvements de l'Océan suivaient les phases de la lune> 1. 111, 8.

Et Hérodote parlant de ces mêmes phéniciens qui, après leur voyage de circonvolution autour de la Lybie (Afrique), affirmaient qu4ls avaient vu le soleil à leur droite, ajoute : <n cSe fait ne me pai.«î* «„n««,«-» — — vi^ jj C'était pourtant la vérité et c'est cette in-

qui affirme l'autherticilé du voyage de ces

rait nullement croyable. » C'était pourtant la vérité et c'est cette incrédulité de l'historien (^ui affirme l'autherticilé du vovage navigateurs, comme le dit fort judicieusement Larcher, I. iV, XLII.

2. La terre tourne autour du soleil; très bien — tout le monde est d'accord là-dessus j notez qu'aujourd'hui un savant, P. Trémeaux Lat en brèche, avec une grande force de raisonnement, le système tout entier de Newton. — Mais le soleil, lui, est- il immobile, ou marchet-il? Qui peut le dire ? — s'il marche, où et comment? S'il est immobile, en vertu de quelle loi ? Car, évidemment, c'est contre toutes les lois delà pesanteur. S'il va droit devant lui, où va-t-il? — S'il tourne, autour de quoi tourne- t-il, si c'est autour d'un astre, où est cet astre? Autant de questions iasondables et irrésolues et qui

l'aoe de la race humaine 19

Je voudrais bien savoir comment en plein xix' siècle les savants, môme les libres-penseurs feraient parler un général d* armée et comment eux-mêmes s'exprimeraient s'ils parlaient de la manière d'èlre du soleil en ce qui concerne le jour et la nuit ?

Souvenez-vous de cette ode sublime de Rousseau :

« Dans une éclatante voûte, 11 a placé de ses mains, Ce soleil qui dans sa route Eclaire tous les humains.

Environné de lumière, Cet astre ouvre sa carrière Comme un époux gracieux

Sui dès l'auLe matinale, e sa couche nuptiale Sort brillant et radieux.

« L'univers à sa présence Semble sortir du néant Il prend sa course, il s'avance Comme un superbe géant.

Bientôt sa marche féconde Embrasse le tour du monde

prouvent combien la science dont l'homme s'enorgueillit si niaise* ment est encore emmaillotée dans les langes de l'enfance. Voyez ce ballon, qu'après un demi siècle de travaux infructueux, ce savant veut en vain diriger dans les airs ; son maître, désespérant comme Empédocle de comprendre sa chimère, se précipite de désespoir dans Vabime. Cependant Dieu a créé des milliers d'oiseaux, d'insectes de toutes formes, de toute pesanteur, depuis l'aigle, navire aérien, qui déploie dans les airs sa vaste envergure, jusqu'au moucheron, qui fait, pierre fine, rubis, émeraude, topaze ou amétbislc miroiter au soleil ses ravissantes couleurs ; les uns sont élancés, les autres sont ronds et lourds ; ^ ceux-ci ont des ailes diaphanes et semblent des fleurs volantes ; ceux-là ont de lourdes membranes qu'ils font tourner sur eux-mêmes comme un chaland mal équilibré ; ceux-ci sont légers comme la plume qui les enveloppe de son gracieux duvet ; ceux-là sont pesants comme leur carapace que l'on dirait en métal ; et cependant tous volent, fendent l'espace et bravent les tempêtes, et, vous savants, vous n'avez pas su ravir encore à la nature un seul des milliers de secrets qui font mouvoir ces admirables mécanismes, vous n'êtes pas seulement aussi malins qu'une pauvre bécasse ; vous n'avez pas la modeste habileté d'un scnn ; vous n'avez pas môme la tête aussi bien organisée qu'une étourdie linotte et vous prétendez commander aux astres !

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Dans le cercle qu'il décrit ; Et par sa chaleur puissante La nature languissante Le ranime et le nourrit * . »

Lamartine n'aurait pas mieux dit :

« Le roi brillant du jour, se couchant dans saglohre, Descend avec lenteur de son char de victoire. Le nuage éclatant qui le cache à nos yeux Conserve en sillon d'or sa trace dans les cieux Et d'un reflet de pourpre inonde l'étendue *. »

Ecoulons maintenant Chateaubriand :

a Le soleil était descendu sous l'horizon pendant la promenade des deux amants '. »

a Le globe du soleil, dont nos yeux pouvaient alors soutenir l'éclat, ^r^^ à plonger dans les vagues étince-lanteSy apparaissait entre les cordages du vaisseau, et versait encore le jour dans les espaces sans bornes*. »

C'est aussi comme cela que parle Lemierre :

« Soleil par tes rayons l'univers fécondé

Devant toi s'embellit, de splendeur inondé.

Le mouvement renaît^ les distances^ l'espace ;

Tu te lèves, tout luit ; tu nous fuis, tout s'efface ^. »

Mais Bernardin, ce poète-philosophe, ne peut pas s'exprimer autrement :

a Le jo/eiMnvitait à s'avancer jusqu'aux extrémités du nord Pendant gue cet astre s'avance du tropique du Capricorne à celui du Cancer, un voyageur, parti de la zone torride, à pied, peut arriver sur les bords de la mer glaciale, et revenir dans la zone tempérée, lorsque le soleil retourne^. »

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