‹ La race sémitiqueChapitre 28 sur 246 · Lemierre · texte numérisé non relu

Lemierre

6. Bernardin de Saint-Pierre. Études de la Nature, Des plantes, Etude onzième, harmonies élémentaires des Plantes,

l'âge de la bace humaine 21

que ces grands écrivains ignoraient que ! autour du soleil? Cependant, ils font,

Croyez-vous^ la terre tourne

dans un magnifique langage, soit en prose, soit en vers, circuler le soleil autour de la terre I Ce n'étaient pas des savants ! Parbleu, ils avaient trop d'esprit pour cela! Les savants, eux, auraient dans un jargon extravagant, dans un galimatias digne de l'Institut, fait circon voler la terre autour du soleil ; Bravo I cela eut été vraiment drôle : tout le monde y aurait trouvé son compte ; Ils auraient été satisfaits d'eux*mèmes et le public aurait ri' I

Je vais encore plus loin, je voudrais bien savoir comment tous les docteurs de France, de Navarre et autres lieux, s'y prendraient pour annoncer le commencement et la fin du jour ?

Ouvrez l'Académie : Vous trouverez au mot « Soleil* » :

a Le cours du soleil. Le mouvement diurne du soleil. Le soleil levant. Le soleil couchant, Le levery le coucher du soleil. » Lisez Larousse, un libre-penseur : « Le soleil se couche. » Consultez Littré, ce grand prêtre de la libre-pensée, ce fils de Boudha qui, mourant, a foulé du pied tous ses rôves insensés : € Lever du soleil : Le moment où le soleil paraJt à l'horizon '. »

Développez même le Petit Journal, cette feuille où

1. Oq dira peut-être : « Vous croyez donc que Josué savait que la terre tourne autour du soleil. » Mon Dieu, à cet égard, nous ne croyons rien : nous n'avons pas à nous lancer dans le champ des suppositions. M. Marius Fontane a trop bien prouvé que lorsque Ton écrit l'histoire de cette manière, il n'y a plus de limite aux divagations, aux sottises, aux hontes mêmes ac l'esprit humain ; non, nous ne marchons que l'histoire à la main ; ce que pensait Josué là-dessus ne nous importe pas : ce qu'il fallait prouver c'est que quelle que fût sa manière de voir, il ne pouvait non seulement parier autrement aux soldats de son temps ; mais que si un général contemporain faisait différemment, on lui rirait au nez.

2 . £n Anglais : Lever du soleil, Sun-rising ; le coucher du soleil, Sunsel ; en italien : Lo Spuntar del sole ; en Allemand : Sonnenaufgang ; Sonnenuntergang.

3. Dictionnaire de la Langue française. A l'appui de son opinion, Littré cite ces deux auteurs :

22 LA RAGB SlÎHniQUE

Thomas Grimm déploie, habituellement, tant de bon sens, quand il a Tesprit de rester lui-même : vous lirez :

« Le Soleil a lui franchement, mais dès après son coucher, le ciel s'est couvert.... ' »

« Hier matin, dimanche, la pluie est tombée faiblement au coucher du soleil ^ »

Autant d'erreurs scientifiques : cependant à moins de passer pour de ridicules pédants, il nous faut tous les jours employer ces façons mensongères de parler. L*homme sensé doit nécessairement s'exprimer dans une langue qui soit comprise de ses semblables.

Entendez-vous ce chef de maison, commensal de Charenton ou de l'Institut, ce qui se ressemble beaucoup, s'écrier le matin en bâillant et en s'étirant : — Jean, la terre a-t-elle commencé sa révolution? « — Bon Dieu ! penserait in petto, maître Jean, que monsieur est savant !.. . Mais qu'il est bête ! o

Si les moines et Tlnquisition ont tué Galilée, c'est qu'ils étaient aussi malins, aussi tolérants, aussi doux que nos libres-penseurs, qui se débarrasseraient volontiers, s'ils étaient complètement les maîtres, de tous ceux qui ont l'abomination de ne pas adorer leurs sornettes et qui dévoilent leurs mensonges : Témoins leurs pères de 93, qui caressaient si tendrement, au nom de la raison ceux qui adoraient Vin/âme I

Quoiqu'il en soit, Josué, à moins d'être un ^iai^ élevé à la puissance N, ne pouvait s'exprimer devant ses soldats, autrement qu'il l'a fait, sans se rendre ridicule à leurs yeux ; ce qui aurait été un mauvais moyen d'é-

« Vous avez dans un trouble à nul autre pareil Prévenu ce malin le lever du soleil. »

Thomas Corneille, Ariane a. 5. 1.

« Qui n'admire ce bel astre, qui n'est ravi de l'éclat de son midi et de la superbe parure de son lever et de son coucher. »

BosBUBT (Louis de Bourbon).

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