Diodore, 1. III, XVII
phère austral est plus froid que le boréal, la raison en est des plus simples, c'est qu'il n'y a dans cet hémisphère aucune montagne qui entrave l'action des venls du Eôle antartique, tandis que dans l'hémisphère boréal, de autes montagnes ont été, gigantesques brise-vents, Ï)lacés par Dieu pour préserver les terres habitées ; vouez-vous la preuve de la vérité de ce raisonnement? Considérez le Canada ; le Manitoba, province centrale du Dominion f est à la même latitude que la France et a cependant, tous les hivers, une température qui varie entre 20 et 40 degrés de froid : pourquoi? C'est qu'au lieu d'être protégé comme l'Allemagne et nous par les Dofrines de Suède, il a au contraire une mer de glace, la baie d'Hudson, qui vient en coin lui apporter jusqu'en plein cœur de l'été les frimats redoutables du pôle. Voilà pourquoi aussi Québe«, à la même latitude que Paris, a en hiver 15 à 30degrés au-dessous de zéro, quand Paris reste à la glace fondante ; pourquoi New- York, à la même latitude que Madrid, a parfois jusqu'à 20 et 25 degrés de glacé, lorsque la capitale de TËspagne, protégée par les Dofrines, les Alpes et les Pyrénées, ignore même ce que c'est que la glace; et pourquoi la Russie non protégée par aucune chaîne de montagnes est relativement plus froide
3ue le reste de l'Europe. Il peut y avoir aussi l'élévation u sol : ainsi, la Champagne en franco dont l'altitude est de plus de 130 mètres au-dessus du niveau de la mer est rien que de ce fait plus disposée à éprouver l'effet des vents du Nord, et à subir les conséquences de la raréfaction de l'air. Il peut y avoir encore la pureté du ciel, qui est d'autant plus grande que l'on s'éloigne des côtes : Ainsi, il pleut deux fois moins à Paris qu'à Rouen et quatre fois à Strasbourg que dans cette dernière ville : et chacun sait que les nuages sont un manteau qui protège le sol. Quant au Gulf-Stream, que les savants donnent pour cause de la température modérée des côtes Européennes de l'Atlantique, c'est un enfantillage : comme si un courant venu du Mexique, futr-il d'eau bouillante au départ, pouvait avoir une influence appréciable sur le climat d'un continent situé à 1,500 neues de sa naissance.
l'âge de la rage humaine 41
Est-ce que le Gulf-Slream coule sur les côtes du Canada? Et cependant entre le Manitoba situé à des centaines de lieues dans les terres et le bas Canada qui longe les côtes américaines de rAtlantiaue, il y a au bas mot 10 à 12 degrés centigrades de différence : différence qui n'existe certainement pas entre la température du Havre et celle de Pultawa, ville russe située à peu près à la môme latitude que la première ville.
Que Ton m'explique aussi pourquoi dans l'hiver 1879- 1880, il faisait en décembre en France, de 25 à 30 degrés centigrades au-dessous de glace, quand tout à coup en deux jours la température est remontée de 40 degrés à 10 ou 15 degrés au-dessus de zéro, pour retomber 8 ou 10 jours après à lo ou 20 degrés au-dessous ? Est-ce que le GulF-Stream avait oublié d'obéir aux savants et de remplir sa fonction pendant les deux mois de glace que nous avons subis durant cet hiver ? Est-ce qu'il s'était réveillé dans l'intervalle qui avait séparé les deux périodes du froid? Pas le moins du monde : deux sautes de vent s^étaient produites qui avaient amené Tune le réchauffement de 1 air, l'autre son refroidissement et enfin une troisième nous avait ramené à notre état normiil et délivré de cette température exceptionnelle pour notre climat et que nous sunirions à coup sûr tous les ans, si comme le Canada, au lieu des Alpes Scandinaves, nous avions une mer de glace, qui enfonçât son coin désastreux en Europe Jusqu'à notre latitude.
Il suffît qu'un savant, à imagination vive, avança une de ces formidables niaiseries qui séduisent les simples, pour que d'un bout du monde à l'autre tous les moutons de la science emboîtent le pas et fassent chorus, bien heureux s'ils ne renchérissent pas.
C'est ainsi que ce docile membre de la race ovine savante, le spirituel M. d'Assier, ravi de nous voir descendre des singes par la vertu de Litlré, a voulu perfectionner la découverte en nous faisant naître d'une huître.
En présence de tant de contradictions, de tant d'assertions aventurées ou mensongères, appuyées sur des affirmations hypothétiques, guun petit nombre d^élus
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32 LA RACE SÉMITIOUE
il se défend d'avoir là-dessus aucune opinion personnelle.
Mais voyons ce que dit Diodore de Sicile à ce sujet : M. d*Assier, a bien autrement été, lui qui comprend si bien le langage des pierres, sourd et aveugle avec cet historien, volontairement ou involontairement, si c'est volontairement, il est bien coupable ; si c'est involontairement, qu'il ne se dise plus savant ; et comment veut-il, dans l'un et l'autre cas, que nous ayons confiance en un homme qui commet ou de pareilles fautes, ou de semblables bévues !
« Il en est de même, dit-il, de la date de vingt-trois mille ans rapportée par Diodore, et qui, d'après les calculs des prêtres égyptiens, marque l'intervalle écoulé depuis Horus jusqu à l'invasion d'Alexandre en Asie \ » Chiffre que l'auteur prétend n'avoir pas la possibilité de contrôler, quand Diodore, d'après les prêtres eux-mêmes en établit la fausseté.
« Les prêtres d'Egypte dans la supputation qu'ils font des temps qui se sont écoulés depuis le règne d'Hélius ou du soleil jusqu'au passage d'Alexandre en Asie, trouvent plus de vingt-trois mille ans*. Pour soutenir cette fable * , ils disent que les premiers dieux ont régné