‹ La race sémitiqueChapitre 44 sur 246 · L'homme, ch. II · texte numérisé non relu

L'homme, ch. II

2. Ces 23,000 ans ressemblent terriblement à l'empreinte du pied d'Hercule que les Scythes montrent sur un roc près du Tyras, et qui a deux coudées de long. Hérodote 1. IV, LaXXII; et aux lits que ût faire Alexandre le Grande dans les Indes, plus grands que ceux habituels c afin de laisser à la postérité par une merveille imposante, des idées prodigieuses et exagérées de toutes choses. ï» Quinte Curce, Vie d'Alexandre, 1. IX, ch. III, 9. Diodore, 1. XVU.

3. M. Marins Fontane qui écrit : « D'après Diodore, les Egyptiens n'estimaient pas à moins de 18^000 ans la période du gouvernement des (lieux jusqu'à Horus, et qui ajoute : ci Depuis, le pays a été gouverné par des hommes, n (les Egyptes, ch. Vl), commet la même faute. Il sait bien que Diodore est un homme trop sensé pour croire à de pareilles sottises : car lui qui a su déchiffrer les moindres inscriptions des stèles, des tombeaux, des papyrus et des pyramides d'Egypte— ces phares du désert — n'est pas sans avoir lu la phrase que nous citons de l'historien grec.

Aussi l'auleur n'osant pas s'arrêter aux dates données par les «fûfrpQ Kgyptiens, iait commencer l'histoire d'Egypte, 5004 avant

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chacun plus de douze cents ans, et que les derniers sont allés jusqu'à trois cents. Mais comme un règne de cette durée est incroyable^ quelques-uns de ces chronologistes

Jésus-Christ ' . Ce chiffre de 50f 4 nous a paru merveilleux ! pourquoi pas 5003, ou 5005 — ou le chiffre rond de 5000 — serait-ce afin d'imiter ces commis de magasin qui pour écouler leurs marchandises les affichent à 1,45; 2,95, etc., croyant amorcer le public, car enfin d'après le propre aveu de cet écrivain, ni Manétnon, ni les stèles, ni les papyrus, ni les tombeaux, ni les pyramides, ne donnent de dates. Ou donc alors a-t-il pris ce chiffre fantastique ? il ne le dit pas. Puisqu'il s'est promené dans le pays des sphinx, il l'est peut-être devenu un peu lui-même; mieux vaudrait pour nous

2u'il fût un Œdipe. Il mettrait une chandelle dans sa lanterne 1 încore une fois pourquoi 5004 plutôt que 5003, 5005, 5000, 18000. 23000, les chiffres donnés par les prêtres ? Où sont ses bases ? Où sont ses preuves ? Mon Dieu, il n en a pas. Il n'a pas osé prendre les dates Egyptiennes, de peur de faire rire de lui ; cependant, il lui fallait une date antérieure à celle qui résuite do la Bible, en sa qualité de libre-penseur et il a saisi la première qui lui a passé par la tête, qui n'était oi celle des chrétiens, ni celles données par les prêtres égyptiens et adoptées crânement par M. d'Assier, parce qu'elles étaient par trop ridicules, voilà tout.

Ce bon, cet excellent, cet adorable monsieur Marius Fontane, voudrait bien, comme tous ses congénères, anéantir l'autorité de la Bible, et avec elle, cet affreux, cet abominable Jéovah, qui le gène horriblement. Comme tous ses. frères en M.Renan, il préfère, atout, un peuple sans Dieu, mais si enfin l'on est obligé de subir le joug exécrable des prêtres, mieux vaut les dieux que l'nomme a créés dans son délire, à commencer par ceux des Arias, des Iraniens ou des riverains du Nil, que ce Dieu farouche qui nous a faits : Ohl celuilà il ne peut le souffrir ; et si cela dépendait de lui, il l'aurait bientôt envoyé au diable. Cela se comprend, les dieux que nous avons créés, sont de facile composition ; avec eux, nous pouvons tuer papa, maman et nos voisins quand ils nous gênent, ou quand nous avons envie de ce qu'ils possèdent; nous pouvons leur prendre leur âne, leur bœuf, leur maison et leurs femmes. No-.is avons le droit de coucher avec frères, sœurs, pères et mères, voire même a^ec notre vache* Tandis qu'avec Jéovan, halte-là ; il faut vivre chastement, honnêtement, respecter la femme du voisin, sa vache et notre mère, ne pas dépouiller le passant et ne pas écraser le faible, enfant, femme, serviteur et débiteur, c'est vraiment ennuyeux !

Aussi avec quelle grâce l'auteur envoie promener Moïse, Abra-

1 . M. Graëtz dans son Histoire des Juifs, donne des dates beaucoup plus rationnelles, ch. I.

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il se défend d'avoir là-dessus aucune opinion personnelle.

Mais voyons ce que dit Diodore de Sicile à ce sujet : M. dossier, a bien autrement été, lui qui comprend si bien le langage des pierres, sourd et aveugle avec cet bistorien, volontairement ou involontairement, si c'est volontairement, il est bien coupable ; si c'est involontairement, qu'il ne se dise plus savant ; et comment veut-il, dans l'un et l'autre cas, que nous ayons confiance en un homme qui commet ou de pareilles fautes, ou de semblables bévues !

« Il en est de même, dit- il, de la date de vingt-trois mille ans rapportée par Diodore, et qui, d'après les calculs des prêtres égyptiens, marque l'intervalle écoulé depuis Horus jusqu à l'invasion d'Alexandre en Asie \ » Chiffre que l'auteur prétend n'avoir pas la possibilité de contrôler, quand Diodore, d'après les prêtres eux-mêmes en établit la fausseté.

« Les prêtres d'Egypte dans la supputation qu'ils font des temps qui se sont écoulés depuis le règne d'Hélius ou du soleil jusqu'au ])assage d'Alexandre en Asie, trouvent plus de vingt- trois mille ans*. Pour soutenir cette fahle ' , ils disent que les premiers dieux ont régné

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