‹ La race sémitiqueChapitre 58 sur 246 · Quinte-Curce, Vie d'Alexandre, 1. V, ch. IV · texte numérisé non relu

Quinte-Curce, Vie d'Alexandre, 1. V, ch. IV

l'échiture phonétique 53

que tous les Phéniciens. Mais, dans la suite des temps, ces lettres changèrent avec la langue et prirent une autre fimne. Les pays circonvoisins étant occupés par les Ioniens, ceux-ci adoptèrent ces lettres, dont les Phéniciens les avaient instruits, mais ils y firent quelques légers changements. Ils convenaient de bonne foi, et comme le voulait la Justice, qu'on leur avait donné le nom de lettres phéniciennes parce que les Phéniciens les avaient introduites en Grèce ...»

« Moi-môme J'ai vu aussi à Thèbes en Béotie des lettres cadméennes dans le temple d'Apollon Isménien. Elles sont gravées sur des trépieds et ressemblent beaucoup aux lettres ioniennes \ »

Ainsi voilà qui est avéré, Talphabet a été tranemis aux Grecs par les Phéniciens ; mais Diodore et Hérodote ne disent pas que ce soit eux qui l'aient inventé, et Lucain ainsi que Quinte-Gurce ne parlent que de la renommée. Cependant Hérodote, plus près des temps où cette découverte a été portée eu Grèce, était plus apte à décider la question. Il reste un point qui n'est pas éclairci par cet historien : c'est que Danatls, issu comme Cadmus delà famille hébraïque, devait, comme nous l'avons dit plus haut, connaître au môme titre que lui l'alphabet pbonétic[ue.

Aussi n'est-ce qu'un changement de caractères que les Phéniciens ont opéré en Grèce, comme nous le verrons dans Diodore do Sicile, où il est parfaitement établi que ce sont les Israélites qui ont inventé l'art de ûxer les sons de la voix humaine par des signes graphiques, mais que les Phéniciens, ayant changé la forme de ces signes, ont transporté en Grèce ces modifications qui ont été adoptées par toutes les nations.

Nous verrons plus loin une colonie grecque-crètoise

Sorter cet art avec la langue d'Homère, les lois de [inos et les coutumes mi-grecques, mi^hébraïques et égyptiennes sur les bords de l'Indus.

i. Hérodote, 1. V, LVII, LVIII, LIX. — Nous donnerons plus loin le texte de ces inscriptions.

a Les Muses ont reçu de leur père Tari d'écrire, et le talent des compositions poétiques : et à T égard de ceux qui disenl que les Syriens sont les inventeurs des lettres qu'ils ont transmises aux Phéniciens ; iqviQ ceux-ci les apportèrent dans la Grèce lorsqu'ils suivu'ent Cadmus à son passage en Europe ; et que c'est pour cela que les Grecs eux-mêmes nomment Phéniciens les caractères de l'écriture. On répond à ces auteurs que les Phéniciens • n'ont point réellement inventé les lettres ^ et que la dénomination de Phéniciennes, que les Grecs leur ont donnée vient seulement de ce que les Phéniciens ont changé lewr ancienne forme en une autre que la plupart des peuples ont adoptée *. i>

Les Phéniciens n'avaient donc fait qu'introduire les lettres en Grèce; ils ne les avaient pas mventées, cette gloire appartenait ai^a? Syriens^ c'est-à-dire aux Hébreux puisque la Palestine se nommait à cette époque : Syrie de Palestine.

a Les Phéniciens et les Syriens de la Palestine con^ viennent eux-mêmes qu'ils ont appris la circoncision des Egyptiens '. »

1. Le traducteur, l'abbé Terrasson, a substitué, à tort, le mot Syrien au mot Phénicien qui d'après son propre aveu, se trouve dans le texte. Il n'a pas compris le sens de la phrase, poursuivie

par l'idée abusivement reçue, oue les Phéniciens étaient les inven-

.Ce qui prouve q^ cicns et non pas Sif riens ^ 'c'est que le reste ae la phrase, avec ce

teurs de l'écriture phonétique. Ce qui prouve qu'il faut bien Phéni-

dernier mot, devient incompréhensible; c'est un véritable non sens. Evidemment c'est des Phéniciens dont Diodore a voulu parler quand il a dit : «^ Qu'ils n'ont point réellement inventé les lettres », puisque c*étaient eux qui passaient pour être les auteurs de cette invention (*t que c'était cette idée qu*iL s'agissait de détruire. Il est vrai oue la Phénicie faisait aussi partie de la Syrie (Hérodote» 1. II, c. A.VI) mais ce n'est certainement pas des Phéniciens dont il parlait en disant : « Et à l'égard de ceux qui disent que les Syriens sont les inventeurs des lettres qulls ont transmises aux Phéniciens », ce serait une absurdité.

2. Diodore, 1. V, XLIII, (Cadmus était né à Thèbes en Egypte* Diodore, 1. I, S- I, et DanaQs à Chemmis, ville aussi d'Bi7yt>te> Hérodote, 1. II, XGI).

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