‹ La race sémitiqueChapitre 6 sur 246 · Voltaire, DictiDnnaiTe pbiiosapliique, i · texte numérisé non relu

Voltaire, DictiDnnaiTe pbiiosapliique, i

II AVANT- PROPOS

n'a que l'apparence d'une œuvre d'art en métal précieux.

Lorsque tu rencontreras le public sur ton chemin, dis-lui bien que mon livre, n'est pas une oeuvre de savant, mais le cri de la conscience d'un honnête homme; j'ai en horreur les savants ; depuis que je suis sur cette terre, et il y a déjà bien longtemps, je leur ai entendu dire et vu faire tant de sottises, tranchons le mot, tant de bêtises % que, ma parole d'honneur, j'aimerais autant boire un bouillon en pleine mer, que de m'affubler du bonnet de docteur ; un instant, j'ai craint de le voir tomber sur ma tête, comme un éteignoir sur une lumière ; il mé semblait que mes ordOties prenaient des dimensions anormales pour la raœ humaine, mais qui siéent si bien à la grande femille des docteurs, des ligenciés et des bacheliers de toute couleur, de toute espèce et de tout format, qu'ils soient habillés en veau, en requin ou en peau d'âne ; mais il m'a suffi de jeter un coup d'œil sur un miroir pour être rassuré I Non i Dieu merci, Je ne suis pas un savant ; je ne suis, et j'en suis fier, qu'un simple ami du peuple qui cherche à l'éclairer en s'éclairent lui-môme.

Hélas I le «avant est resté ai^gourd'hui ce qu'il était hier : l'ignorance, la suffisance, l'intolérance, la pédanterie, la diarlatanorie incarnée I

i . Je ne citerai que les «aiseries qui ont été débitées sur Vàge de pierre^ ce dont les savants se seraient dispensés, s^ils avaient su que toute L'antiqttité paSenne «vaH naé d^'armas «t îTinttramiots de pierre, que même, certains alliés do Xerxèe (480 ans avant Jésus- Christ) avaient combattu à Salamine avec de telles armes, (Hérodote, i. Vil, LXIX) «l qoe les iwifs epénlenl Sa Giroonoiâoa av«c des covteaux de pierre. (Kxode^ ch. IV, 25. — Josué, cb« V, 2.)

MON FILS m

€ Les sciences ne pouvaient guère être sans char-« latanerie. On veut faire recevoir ses opinions ; le docteur profond veut régner seul. Chacun bâtit son système de physique, de métaphysique, de ihéol(^e scolastique, c'est à qui fera valoir sa marchandise. Vous avez des courtiers qui la vantent, des sots qui vous croient, des protecteurs qui vous appuient.

« Y a4*il une charlatanerie plus grande que de mettre les mots à la place des choses, et de vouloir que les autres croient ce que vous ne croyez pas vousmêmes?

« L'un établit des tourbillons de matière subtile, rameuse, globuleuse, striée, cannelée, Fautre des éléments de matière qui ne sont point matière, et une harmonie préétablie qui fait que l'horloge du corps sonne l'heure quand l'horloge de l'âme la montre par son aiguille. Ces chimères trouvent des partisans pen-r dant quelques années. Quand ces drogues sont passées de mode» de nouveaux énergumènes montent sur le théâtre ambulant ; ils bannissent les germes du monde, ils disent que la mer a produit les montagnes, et que les hommes ont autrefois été poissons. . . ^ »

Ce pauvre M. d'Assier qui est convaincu qu'il descend d'une huître, doit être désolé de n'avoir pas inventé la poudre.

De ce passage de Voltaire je serai bien obligé de conclure que le patriarche de F^rney^ le commensal de Frédéric le Grand, l'auteur tant admiré de lapuceîle,

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