StraboD, 1. XVII, ch. III
5 Strabon, 1. XVII, ch. III, 18.
70 LA BACB SÉMITIQUE
une presqu'île de l'Europe voisine des colonnes d'Hercule, et ils l'appelèrent Cadix*.., Au reste, les Phéniciens ayant passé le détroit, et voyageant le long de l'Afrique, furent portés fort loin par les vents de l'Océan; la tempête ayant duré plusieurs jours, ils furent enfin jetés dans l'Ile dont nous parlons '. » — Cette lie était appelée par les anciens Atlantide : qu'elle est-elle? a-t-elle disparu comme certains le prétendent? ce qui n'est pas admis^ble % ou serait-ce une des Açores, ou Madère, ou TénérifEe, ou l'Angleterre? Pour cette dernière, ce ne peut être, car Diodore en parle plus loin et en fait une description détaillée qui ne permet pas le doute & cet égard. Pour les premières, ce n'est pas possible non plus, Diodore disant que cette lie — l'Atlantide — renfermait de grands fleuves.
Ne serait-ce pas l'Amérique? « Autrefois, elle était inconnue à cause de son éloignement, et les Phœniciens furent les premiers qui la découvrirent. Ils étaient de tout temps en possession de trafiquer dans toutes les mers, ce qui leur donna lieu d'établir plusieurs colonies dans TAfrique et dans les pays occidentaux de l'Europe*. » Mais l'Amérique est nien loin; n'oublions
Eas, toutefois, que les anciens, quoique privés de la oussole, étaient d'une hardiesse surprenante : témoins les voyages d'Eudoxe", d'Iambule' et de ces Phéniciens qui, s'étant embarqués sur la mer Erythrée, firent le tour de l'Afrique et revinrent en Egypte par les colonnes d'Hercule, voyage qui dura plus de deux années. Ce qui fait que lorsque nos savants affirment que le cap de
1 . Cadix, vient de l'hébreu, Cad, vase, et de Cadad^ travailler^ faire un puits, ou de Qadesh, être saint, purifié.