‹ La race sémitiqueChapitre 95 sur 246 · LES GRBCS — LA LANGUE · texte numérisé non relu

LES GRBCS — LA LANGUE

tandis qu'elle affecte une légère différence avec celle de l'alphabet phénicien ; ce qui confirme ce que nous avons dit y que les Grecs connaissaient Talphanet hébraïque avant que les Phéniciens leur eussent enseigné à employer une nouvelle forme matérielle de cet alphabet. Il faut aussi remarquer que les caractères affectent le même ordre dans ces langues '.

En ce qui concerne les mots grecs dérivés de Thébreu, nous répéterons ce qu'Hérodote a dit en parlant des noms des dieux : la plupart, viennent de racines juives ; pour le reste» il peut dériver du langage plus ou moins barbare que parlait les Pélasges : mais il doit y avoir un fort petit nombre de ces mots-là dans la langue grecque, pour deux raisons majeures : c'est que presque tous les mots grecs viennent de l'hébreu et qu'ensuite le peuplé grec, d'origine hébraïque, colonisateur, civilisé, conquérant, dédaigneux, a dû imposer son langage, ses expressions, comme il a imposé les dieux qu'il avait amenés d'Egypte à la nation aborigène, peu nombreuse encore, et qui avant son arrivée ne donnait aucun nom à la divinité ; les hordes conquises ont dû être refoulées, anibilées, ou disparaître englobées dans l'ensemble des nouveaux venus : c*est ce qui est arrivé plus tard quand Rome a imposé on langage à la France, à l'Espagne , au Portugal, dont les idiomes forment avec l'Italien, fils aine du Latin, une famille dont les membres ont de telles analogies que quiconque parle une de ces langues, peut comprendre tacilement les autres.

Toutefois le lecteur ne doit pas attendre de nous un tableau complet des mots grecs dérivés de Thébreu, il faudrait pour cela tout un volume et cela a déjà été fait magistralement'.

1 . « The Greeks hâve ))reserved not only the semitic names of ihe letters but their order in the alphabet. . . » On the origin of the Phœnician alphabet b^ G. Bertio, London, 1882.

2. Latouche, Dictionnaire idio-élymologiqoe, hébreu et grechébreu : En 1839, j'étais dans une pension fondée à Paris par l'abbé Latouche, ancien principal du collège de Golmar ; à la fin de l'année scolaire^ j'eus, en prix, toute une bibliothèque hébraïque, une averse de neige sur le printemps , il fallait voir aussi, comme mes 15 ans

Ot) LA RAGB S^ITXQUË

Et aÛD de ne pas entraver la marche de cet ouvrage, nous prions le lecteur de se reporter à la fin du volume où il trouvera ce tableau avec ceux des mots sanscrKs dérivés de Thébreu, soit directement, soit après avoir passé par le grec.

Le lecteur rencontrera là une assez jolie collection d'expressions dont Torigine ne peut être déniée, même

[)ar les savants qui ont la vue la plus obscurcie par 'esprit de parti pris ; et qui prouve à n'en pas douter que la langue grecque aussi bien que son alphabet vient de 1 nébreu et que les Grecs qui aimaient tant à dénaturer les mots pour les rendre plus harmonieux» n'ont pu, malgré toute leur ardeur, en dissimuler Tari-* Çine.

« Ils ont toujours aimé, on le sait \ à changer les noms, les noms barbares surtout, à dire, par exemple, Darius pour Dariécès , Parysatis pour Pharziris et Atargatis pour Alhara '. »

Aussi un amateur qui voudrait s'amuser à étudier tous les mots de la langue grecque, trouverait assuré**

envoyèrent à tous les diables le chef de rétablissement. Me voyet* vous à cet flge du roman, plongé dans la cbreslomalhie, le pano-* rama des langues, les dictionnaires étymologiques de toute sorte, jo m'inquiétais bien vraiment d'où pouvaient venir les mots de notre langue à cet ftge où l'avenir seul a du charme pour nous.

rïus tard, je rouvris ces bouquins, longtemps délaissés dans le fond d'une bibliothèque ; j'avais fait mon droit, j'avais parcouru l'Europe à pieds, j'étais marié,, j'avais des enfants. J'étais avocat 4 Paris, je n'étais rien..., mais je croyais être quelaue chose, J'étais rassis ; je fus d'abord étonné. Je consultai l'histoire et Je vis que mon vieil abbé m'avait donné un trésor : la vérité t — pauvre savani,un vrai savant, celui-là, qui a usé sa vie sur les livres I il est mort dans la misère et gît dans quelque coin ignoré de l'une des nécro* pôles parisiennes, quand tant d'imbéciles et de frii)ons trônent enchâsses dans le marbre et le granit ! Dans les derniers jours de sa vie, il faisait des conférences sur l'ori^ne des langues, dans l'arrière* boutique d'un charbonnier de la rue du Cherche-Midi !

1 . Il est bon là, Strabon avec son «c on le sait i» ; les ignorants le savent, mais non les savants ; les savants ignorent tout, mdme les choses les plus simples et qui courent les rues,

t. Strabon, 1. XVI, ch. IV, 27.

LBS ORBCS — LA LANGUS 97

ment pour la majeure partie leur origine dans la langue hébraïque. Quant à nous, nous en avons dit assez pour ce que nous voulions prouver, que la linguistique était d'accord avec Thistoire ; nous voulons dire que les descendants des émigrants, conduits par Danatls, sont au même titre que ceux dirigés par Cadmus ou par Moïse, des enfanls ae Jacob.

Page 1