‹ La race slaveChapitre 19 sur 43 · I. Polésie, région qui longe les forêts. Tr · texte numérisé non relu

I. Polésie, région qui longe les forêts. Tr

Les anciennes théories qui les représentaient comme étant d'origine étrangère sont assurément inexactes; il est certain que les Cosaques sont d'origine russe. Suivant la région où se sont fondées et établies leurs associations, on les distingue aujourd'hui en Cosaques du Kouban, du Don, du Terek, de l'Oural, etc. Leurs types sont différents. Ainsi les Cosaques du Don supérieur qui parlent grand-russe sont blonds, les Cosaques du E^n inférieur qui parlent petitrusse sont, en grande majorité, très bruns. Le recensement de 1905 a trouvé, pour la Russie d'Europe et d'Asie, 3.700.000 Cosaques qui vivent dans les provinces cosaques du Don, d'Orenbourg, du Kouban, du Terek, d'Astrakhan, de l'Amour, du Transbaïkal, du Littoral, d'Akmolinsk, de Semipalatinsk, de l'Oural. A côté de ces Cosaques russes, il y a aussi des Cosaques allogènes, par exemple les Cosaques bouriates du Transbaïkal, les Cosaques kalmouks du Don, les Cosaques turcs des territoires d^Orenbourg et de l'Oural, les Cosaques mordvines des territoires d'Akmolinsk et d'Orenbourg.

A côté des noms des Cosaques et des Zaporogues, on rencontrait naguère les noms de Stepoviks pour les habitants des steppes méridionales, de Poberejtsy (riverains) pour les habitants du sud de la Podolie actuelle, et de V^olyntsy pour ceux de la partie occidentale du district de Berditchev (gouvernement de Kiev) et de certaines parties de la Podolie.

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A un troisième type appartiennent les habitants de la Volynie occidentale et de la Galicie : sur les frontières de Galicie et de Pologne, on leur a donné le nom de Rousini et aussi de Rousniaks. Ils ont encore dans la région des Karpathes une foule de noms locaux : Bukoviniens, Kraïniens, Hrivniaks, Opolanes, Galiciens, Lvoviens ou autres dus au nom de telle localité, habitée par eux. L'élément principal, ce sont les Gorals (montagnards, du mot gora^ montagne) des Karpathes, qu'on appelle aussi Verkhovints}^ [àç-verkh, sommet). On distingue particulièrement quatre tribus parmi ces Russes : à l'ouest, les Lemki, des deux côtés des monts Besk3'des, particulièrement dans les cercles de Sandets, de Jaslo et de Sanok, les Boïki, voisins des précédents, à l'est du San, les Toukholtsi, plus loin au sud, du cercle de Sambor au cercle de Stanislavov, et encore plus loin dans les montagnes, du cercle de Kolomya, de Stanislavov, en Bukovině, et dans le comitat hongrois de Marmaros, on rencontre les Houtsoules (Huculi) qui s'appellent eux-mêmes chrétiens, Rousniaks, ou gens russes.

Dans la population russe de la Bukovině, on distingue trois types : les Podolianes ou Polia nes, les Houtsoules et les Lipovanes. Ces derniers sont des raskolniks qui ont quitté la Russie au xvni^ siècle.

Les Houtsoules sont une tribu tout à fait singulière et intéressante, une énigme de l'ethnolo-

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gie slave. Ils ont donné lieu à toutes espèces d'hypothèses. Ivan Vagilevitch les rattachait aux Ouzes turcs, Kochkov aux Thraces ou aux Scythes, plus récemment A^olkov recherche leurs origines dans le Caucase. D'autres admettent une forte intrusion d'éléments étrangers dans Télément slave primitif, d'autres les considèrent comme des Slaves pur sang. Ils sont remarquables par la beauté de la taille, par l'antiquité et la richesse de leurs coutumes, par leur sens artistique, leur costume pittoresque, mais aussi par leur manque de culture intellectuelle qui les met au dernier rang parmi les Slaves. On compte encore chez eux 93 p. 100 d'illettrés. Le nom. des Houtsoules est probablement d'origine roumaine {goc, plus l'article roumain uF). Les noms des Boïki et des Lemki sont des surnoms donnés par les voisins à cause de l'emploi des mots lem et bo'i. Vagilevitch a vu chez les Lemki — sans raison d'ailleurs — des restes de Celtes disparus. En 1890, Schoukhevytch évaluait leur nombre à 60.000 ^

Chez les Russes Blancs, on rencontre aussi des nuances dialectales et des noms locaux de tribus : par exemple les Polianes dans le district de Slonim, les Siekals ou Sakals dans celui de

I. A. Sobolevsky retrouve le nom des Houtsoules et des Boïlci dans les Goulatsi et les Boutsi du gouvernement de Kiev (district de Tcherkassk). Et il invoque ce rapprochement à Tappui de sa théorie sur l'arrivée des Russes des Karpathes à Kiev après l'invasion tatare.

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Volkovitsk. Chez les Grands-Russes, malgré l'immensité' de l'espace occupé par eux, les relations sont toujours restées faciles à cause de l'égalité du sol; il ne s'est pas établi de différenciations considérables dans la langue, ni des types aussi accentués que chez les Petits-Russes. On trouve cependant aussi chez eux des noms locaux dus le plus souvent à des particularités dialectiques. Ainsi, dans le gouvernement de Voronèje, on rencontre des lagouny, des Kagouny, des Tsoukany, des Stchekouny, des Talagaï; dans le gouvernement de Koursk, des Saïany. Dans le gouvernement de Kalouga, les habitants de la partie occidentale du district de Mosalsk et des districts de Briansk et de Troubtchev (gouvernement d'Orel) s'appellent les Poliechi, et les habitants de la partie orientale du district de Mosalsk, les Polianes. Les habitants de la rive septentrionale de la Desna sont appelés par les Petits-Russes les Zadesentsy (Transdesniens). On emploie également nombre de noms tirés de ceux des villes (^Moscovites, Novgorodiens, etc.).

I 9. — Cette différenciation des types est confirmée en partie par la méthode anthropologique. Les Petits-Russes du midi se distinguent en effet des Russes Blancs et des Grands-Russes, non seulement par la coiffure et la barbe, mais par la constitution même du corps. Ainsi, nous trouvons au midi plus de brachycéphales, des teints plus foncés, des tailles plus élevées que

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chez les Grands-Russes et les Russes Blancs. Mais, d'autre part, ces groupes eux-mêmes sont loin de présenter une parfaite unité. Bien au contraire. Ce qu'on connaît jusqu'ici de l'examen physique des types russes présente des variations assez intenses des groupes locaux, variations plus considérables que ne l'est par exemple la dilTérence moyenne des groupes grand-russe, petit-russe et russe blanc.

Pour l'ensemble, si nous nous en référons aux indices anthropologiques recueillis par A. Ivanovsky, voici ce que nous constatons.

Chez les Russes, la taille moyenne est d'environ i"S65. Chez les Grands-Russes, on trouve 51 p. 100 de taille inférieure et 49 p. 100 de taille supérieure; chez les Russes Blancs, 36 de taille inférieure, 64 de taille supérieure; chez les Petits-Russes, 47 p. 100 de taille inférieure et 53 p. 100 de taille supérieure.

En ce qui concerne la couleur des yeux et des cheveux, les Slaves de Russie appartiennent pour la plupart à un type mixte. Ce n'est que chez les Russes Blancs que domaine le type blond pur (48 p. 100 contre 31 p. 100 châtains, et 2 bruns). Chez les Grands-Russes, on trouve la proportion suivante : 37 : 41 : 22 p. 100; chez les Petits- Russes, 30 : 42 : 28 p. 100. Ainsi les Petits-Russes ont plus de tendance au type brun; mais il y a dans l'intérieur du groupe des différences considérables : voici par exemple quelles sont les proportionscnYolynie, d'après Kojoukhov.42 : 29 : 29.

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Parmi les Grands-Russes, les plus clairs sont ceux de Tver et de laroslavl, les moins clairs ceux des gouvernements de l'est. Au point de vue de Tindice céphalique, on trouve chez les Grands Russes 9 p. 100 de dolichocéphales, 19 p. 100 de mésocéphales et 72 p. 100 de brachycéphales. Des proportions analogues se rencontrent chez les Petits-Russes : 12 p. 100 : 16 p. 100 : 72 p. 100. On trouve chez les Russes Blancs 13 : 23 : 64 p. 100. Il y a d'ailleurs d'importantes variations. Ainsi les Petits Russes du nord sont plutôt brachycéphales; mais à Voronèje, à Poltava, en Volynie, on rencontre une portion assez considérable de dolichocéphales.

Aucune des parties de la Russie ne fournit autant de dolichocéphales et de mésocéphales que la Volynie peuplée de Petits Russes (31, 34).

De même les Gorals des Karpathes présentent un type très distinct des habitants de la plaine. Mais ce sont là des phénomènes que nous constatons aussi chez leurs voisins les Polonais. Ce qui a contribué à la confusion des types, c'est chez les Grands Russes le croisement avec les Finnois du Volga; chez les Petits Russes, le croisement avec les peuples turco-tatares.

I 10. — Tous ces groupes, grands et petits, diffèrent les uns des autres. Mais aucune différence n'est plus accusée que celle des Grands Russes et des Petits Russes. Les distinctions entre les diverses tribus dans les grands groupes

ne sont en somme que secondaires. Ce sont des variations de dialectes, de costume, de vie domestique. La diiTérence entre les Grands Russes et les Petits Russes n'est pas non plus considérable ou du moins ne le paraît pas; les philologues sont d'accord pour proclamer que les Russes Blancs sont une partie des Grands Russes ou tout au moins une branche très rapprochée.

Entre les Grands-Russes et les Petits-Russes la différence est plus profonde. Elle existe rion seulement dans la langue, mais dans la complexion physique et morale, dans le caractère, le tempérament, les chants populaires, dans les mœurs et coutumes. Et cette différence est encore accentuée par les destinées historiques et dans ces dernières années par les divergences politiques. Ces divergences vont si loin que souvent elles aboutissent à la rupture de tous les liens de famille. Les représentants de la classe intellectuelle chez les Petits-Russes ne veulent pas se considérer comme Russes, comme une nation de même origine et de même caractère que les Russes. Ils déchirent l'unité du monde russe en deux parties, en deux nations : l'une située au nord est constituée par les Grands- Russes, les Russes xa-:' £Íoy;/;v, autrement dit Rossiany, autrement dit les Moskaly, les Moskvitchs. Les autres, les gens du sud, ce sont les Petits-Russes, les iougorusses S ou

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