La verste vaut 1.0Ó7 mètres
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p. 100 d'agriculteurs, 25 p. 100 d'industriels, 1,7 p. 100 de négociants' et 2,5 p. 100 de fonctionnaires.
La plus grande partie du peuple russe vit à la campagne, dans des villages qui, en mo3'enne, comptent 200 âmes. Dans les régions du Volga et de rOural, le chiffre est en moyenne de 150 âmes; dans la Petite-Russie, la Nouvelle- Russie et la Terre Noire du centre, de 400 à 300. Dans les régions forestières, par exemple dans celle de ]\îoscou, dans le nord de l'Oural, il ne dépasse pas 160; dans la Russie Blanche et la Lithuanie, on en compte de 100 à 50, et 20 dans les Provinces Baltiques. Dans les pays fertiles, il y a de grands et riches villages; dans les régions forestières, le peuple préfère les petits hameaux, les oasis de culture au milieu des déserts. Là où les villages sont les plus petits, on rencontre le maximum d'habitants par foyer, par exemple 11 à 13 dans les régions baltiques contre 6,6 dans la Russie en général.
En ce qui concerne les sexes, le recensement de 1907 donnait chez les Russes 100 hommes contre 103,4 femmes. Mais cette proportion varie beaucoup suivant les régions. D'une façon générale, les chiffres de la campagne sont très différents de ceux des villes : on compte par exemple 10D5I femmes contre 85,9 dans les villes; cç.ci
I. Dans la Galicie orientale, le commerce est en grande partie aux mains des Israélites. Tr.
est le résultat de rémigration des hommes qui vont gagner leur vie dans les villes. Les différences sont très accusées suivant la région : sur les 50 gouvernements de la Russie d'Europe, il y en a 13 qui comptent une majorité d'hommes, particulièrement au sud; 3 où il y a équilibre entre les deux sexes, et 34 où les femmes dominent. Ils appartiennent particulièrement à la Russie centrale. Le gouvernement d'Iaroslavl — dont les hommes émigrent le plus volontiers, notamment pour se faire colporteurs — compte jusqu'à 132 femmes pour 100 hommes. A Moscou, il n'y en a que 75.5; à Pétersbourg, 82,6; à Odessa, 86,3. En Galicie, on compte pour 100 hommes 99,2 femmes: en Hongrie, dans le comitat de Marmaros, 101,1. En Russie, on compte 55,9 p. 100 hommes célibataires, contre 52,1 femmes, 40,28 mariés contre 39,42, 3,68 veufs contre 8,38 veuves, 0,03 divorcés contre 0,04 divorcées.
En ce qui concerne la religion, voici les principaux chiffres pour l'Empire russe :
Orthodoxes 95,48 p. 100
Vieux-croyants 2,59 —
Catholiques et Arméniens 1,78 —
Protestants 0,5 —
Juifs . 0,8 —
Musulmans 0,01 —
En Russie, l'idée de Russe et d'orthodoxe est à peu près identique (sauf pour le pays de Kholm
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et pour la Russie Blanche). En Autriche et en Hongrie, les Russes sont en grande majorité uniates (c'est-à-dire unis à l'Église de Rome tout en conservant leur langue liturgique et le mariage des prêtres); 8 p. loo appartiennent seulement à l'Église orientale.
Dans le royaume de Pologne, on comptait en 1897 78,8 p. 100 de catholiques, 4,4 p. 100 de protestants, 14 p. 100 de juifs et seulement 6,57 p. 100 d'orthodoxes (4,20 p. 100 suivant un recensement de 1906).
Dans les gouvernements occidentaux de l'Empire, Tchoubinsky comptait encore, en 1870, 290.000 catholiques petits-russes (dans les gouvernements de Lublin, de Siedlec) et il déclarait que, bien que rattachés à l'Eglise romaine, ils se disaient russes.
Récemment, dans le pays russe de Kholm, un certain nombre d'individus considérés comme orthodoxes, à la suite de l'édit sur la liberté religieuse (17 avril 1905), se sont déclarés catholiques. Frantsev estime à 300.000 le nombre des conversions pendant les trois dernières années. Ainsi le nombre des Petits-Russes catholiques a considérablement augmenté. D'autre part, il y a en Courlande, dans les gouvernements de Vitebsk, de Pskov, de Suwalki, de Grodno, des Russes Blancs catholiques et dans la Galicie occidentale il y a beaucoup de localités où une partie de la population est catholique et s'est déclarée de langue russe. Le professeur Florinsky
évaluait récemment le nombre des catholiques russes à un million et demi.
Mouvement de la population. — Le coefficient des mariages, qui permet surtout d'apprécier la vitalité de la nation, est plus fort en Russie que partout ailleurs. Il est de 9 sur i.ooo; le nombre des naissances est d'environ 48 p. i.ooo (dont 3,4 p. 100 d'enfants illégitimes). Le nombre des morts est de 34 sur i.ooo. C'est un gros chiffre assurément, mais le nombre des naissances l'emporte de beaucoup. L'accroissement annuel de la population est de 1,5 p. 100, soit environ 2 millions d'àmes. La proportion n'est pas la même dans les diverses régions. Celles où l'accroissement est le plus considérable sont la Nouvelle-Russie, la Russie Blanche et la Petite- Russie. Celles où il est le plus faible sont la région baltique et la moscovite. Dans la Russie d'Europe — sans la Finlande, la Pologne et le Caucase — on a évalué l'accroissement annuel à 1,41 p. 100. En 1900, il est monté jusqu'à 1,83 p. 100.
L'émigration et l'immigration sont pour la Russie des phénomènes sans importance. Ce qui est beaucoup plus important, ce sont les déplacements de la population dans l'intérieur de l'Empire. Dans le dernier quart du xix^ siècle, on a vu se produire un fort mouvement centrifuge dans la direction du sud et de l'est. Les plus grandes masses, surtout de la Russie méridio-
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nale, se portent constamment vers la Nouvelle- Russie, les régions d'Outre- Volga, l'Oural méridional, la Sibérie, le Turkestan, etc. L'émigration des Grands-Russes vers le sud offre un intérêt spécial au point de vue du problème petit-russe. '
L'émigration aux pa3^s d'outre-mer se fait particulièrement par les ports de l'Allemagne. Elle se dirige surtout vers l'Amérique. Jusqu'ici elle est bien peu importante, si l'on considère l'immensité de la nation. Cependant elle s'accroît sans cesse. De 1893 à 1902, pendant la première période quinquennale, elle a été annuellement de 30.000 âmes et de 45.000 pendant la seconde; en 1903, il est parti 72.000 personnes. Le plus grand nombre ém.igre dans l'Amérique du Nord (94,3 p. 100 en 1903). Les autres vont dans l'Argentine (le Parana), l'Afrique (à partir de 1903) et le Canada.
L'instruction du peuple est encore peu développée. En laissant de côté la Pologne et la Finlande, on ne compte que 22,9 p. 100 de lettrés (32,6 hommes et 13,7 femmes). En Pologne, la proportion est de 30,5 p. 100 (34,2 pour les hommes. 26,8 pour les femmes). On trouve plus de 30 p. 100 dans les gouvernements finnois et en particulier dans ceux où il y a de grandes villes : Esthonie (79 p. 100), Livonie (77,5), Courlande (70,9), Saint-Pétersbourg (55,1), Moscou (40,2), Kovno (41,9), Varsovie (39,1)5 Suwalki (37j4)î laroslavl (36,2), Plock
(3300), de la Mer Noire (31,2;^, Siedlec (30,0) et Piotrkow (30,9). On trouve moins de 20 p. 100 dans 24 gouvernements et quelques-uns ont même moins de 15 p. 100 (ceux de Penza et de Pskov).
Si l'on retranche de la population les enfants au-dessous de neuf ans, le nombre des lettrés s'élève à 41 p. 100 pour la Pologne et 30 p. 100 pour la Russie. Dans les pays de langue russe, on a compté, en 1897, 29,6 lettrés parmi les hommes et 9,34 parmi les femmes, c'est-à-dire en moyenne 19,78 p. 100. En Autriche, les Russes sont également peu éduqués. La statistique autrichienne, depuis six ans. n'a compté que 21.8 p. 100 de lettrés parmi les Russes ou Ruthènes. Ils occupent donc le dernier rang parmi les Slaves autrichiens, de mxême que les Russes parmi les peuples civilisés de leur empire.
§ 6. Différenciation intérieure de la nation. — Les Russes, de même que les autres grandes nations, n'ont jamais formé un peuple complèteïnent homogène. Dès les premiers siècles de rhistoire, nous voyons apparaître une série d'unités distinctes et plus ou moins différentes, et, même après leur groupement en une seule nation politique sous le nom de Russie, les anciennes nuances n'ont pas disparu. Elles se sont en partie équilibrées, elles ont pris de nouvelles formes, un nouveau développement, par-
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fois même elles se sont accentuées. Cette accentuation s'est, au cours du dernier siècle, tellement prononcée , que beaucoup de personnes ne veulent pas reconnaître une seule nation russe, mais deux nations : les Grands-Russes et les Petits-Russes, et,- à côté d'eux, une troisième unité nationale, moins distincte il est vrai et moins développée, les Russes Blancs.
J'ai dit plus haut (§ 3) comment s'est établie cette tripartition du monde russe. En laissant de côté pour le moment la question linguistique, je me contenterai d'indiquer seulement quels sont aujourd'hui les rapports internes et externes de ces groupes, où en sont aujourd'hui les tendances qui, pour des raisons politiques ou scientifiques, prétendent, au lieu d'une seule nation russe, constituer deux peuples, le Grand-Russe et le Petit-Russe, autrement dit Ukrainien.
Les relations des trois groupes russes ont été surtout étudiées au point de vue linguistique. Mais ce serait une erreur de croire qu'il ne s'agit que de nuances dialectales. On constate des diftérences dans la vie domestique du peuple, dans son caractère et son aspect physique, dans ses traditions historiques. Cependant la langue nous offre l'élément le plus certain d'analyse, et c'est au point de vue linguistique que les trois groupes peuvent ainsi se délimiter :
D'après Sobolevsky et Karsky, le territoire grand-russe est séparé du domaine russe blanc par une ceinture de dialectes intermédiaires qui
traverse Opotchka et Velkie-Louki dans le gouvernement de Pskov, passe par les gouvernements de Tver, de Smolensk et de Tchernigov ; la partie méridionale du gouvernement de Tver, presque tout le gouvernement de Smolensk et la partie septentrionale du gouvernement de Tchernigov, limitée par la ligne Rjev, Briansk, Novgorod-Sieversky, Tchernigov sont purement ou principalement russes blancs.
A Novgorod-Sieversky se trouve le nœud,- le point de contact où les dialectes grand-russe et russe blanc se rencontrent avec le petit-russe.
Les Petits-Russes et les Russes Blancs sont séparés par une ligne qui va de la Narev par Proujany, Louninets, jusqu'au cours de la Pripet quf suit cette rivière, sauf dans la région de Mozyr habitée par les Russes Blancs, jusqu'au nœud dont nous parlions tout à l'heure.
Il est assez difficile de déterminer avec précision la frontière du petit et du grand-russe. Elle va grosso modo de Krolevets, en traversant la partie sud-ouest des gouvernements de Tchernigov et de Koursk dans la direction de la ville de Soudja; par Oboïan et Stary-Oskol, elle se dirige vers Korotiak sur le Don, longe le Don, puis se dirige vers le Donets. La partie septentrionale du territoire du Don est habitée par des Grands-Russes, la partie méridionale est mixte. A l'est du gouvernement de Kharkov, il 3^ a un îlot grand-russe.
La région du Caucase est très bigarrée ; les
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Grands-Russes occupent le territoire des Cosaque* du Terek, le bassin du Volga ; c'est eux aussi qui ont colonisé la plus grande partie de la Sibérie où l'on trouve d'ailleurs l'autre nationalité. Des colonies de Grands-Russes sont en outre disséminées par toute la Petite-Russie; en revanche, on trouve des colonies de Petits- Pv^usses dans les gouvernements de Saratov, Samara, Astrakhan, Vologda et au delà de l'Oural. Les Grands-Russes s'avancent surtout du côté de Kharkov. Cette ville, au commencement du xix^ siècle, appartenait aux Petits-Russes; aujourd'hui elle compte 58 p. 100 de Grands-Russes et 25 p. 100 d'Ukrainiens.
§ 7. — Il est bien difficile d'apprécier la force relative des trois groupes, étant donnée la manière dont les recensements ont été faits jusqu'ici dans TEmpire russe. D'après le recensement de 1897, 55.667.469 habitants ont déclaré parler le grand-russe (mais dans quelles régions géographiques ?) ^ 5.885.547, le russe blanc, et 22.380.551 le petit-russe. Si nous tenons compte de l'accroissement annuel de 1,5 p. 100 pour les quatre années suivantes, nous trouverions donc pour la fin de l'année 1900 les chiffres suivants :
Grands-Russes (environ) 59.000.000
Russes blancs ( — ) 6.200.000
PetLts-Russes ( — ) 23.700.000
A ces derniers, il faut ajouter presque tous les ^ 41 ^
Russes de l'Autriche-Hongrie, soit 3.805.023 (en laissant de côte les 40.000 Juifs qui se déclarent Petits-Russes), et 500.000 qui vivent à l'étranger. Nous aurons donc pour la fin de Tannée 1900 un total de 2^ millions. Mais les statisticiens de la Petite-Russie déclaren ce chiffre trop bas et en conjecturent de beaucoup plus élevés. Ainsi, tout récemment, pour Tannée 1905, M. Netchouï Levitsky compte — pour le monde entier — 37.206.000, dont 31. 174. 000 pour la Russie d'Europe. Ces évaluations échappent à notre contrôle. Mais on peut admettre 30 millions.
Gnatiouk, à la fin du siècle dernier, supposait 30 millions; Grouchevsk3% en 1906, 34 millions; Karsky, pour 1903, admettait environ 8 millions et demi de Russes Blancs.
§ 8. — La différenciation dialectique et ethnographique ne se borne pas à ces trois groupes principaux. Dans chacun d'entre eux elle découvre des groupes moindres qui portent des noms historiques ou des sobriquets populaires.
Ces différences apparaissent surtout chez les Petits-Russes, où non seulement les philologues déterminent de nouveaux dialectes, mais où Thistoire et le peuple signalent toute une série de noms, où certaines peuplades (comme par exemple les Gorals des Karpathes) ont une physionomie si originale qu'on se demande s'ils n'ont pas une origine particulière, peut-être non-slave.
Tchoubinsky, dans son recueil si précieux
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d'ethnographie, reconnaît, chez les Petits-Russes de la Russie méridionale, trois types : le pole'sien, l'ukrainien, le podologalicien.
Le premier, celui des Poliechouks (Polexiani des anciennes chroniques), est celui des habitants de la Polésie ^, dans la partie méridionale des districts de Kiev, de Radomysl, dans la Volynie du nord-est, jusqu'à la rivière Goryn, dans une partie des gouvernements de Siedlec et deGrodno qui constitue la Podlasie.
Les habitants du district de Pinsk s'appellent les Pintchouks. Ils vivent au nord de la rivière Goryn, sur les deux rives du Styr, au delà du Tour et de la Pripet, et rejoignent au nord de la Pina les Podliachiens du gouvernement de Grodno.
Nous rencontrons un autre type ukrainien à Touest du Dnieper, dans le gouvernement de Kiev, la région centrale de la Volynie et le sud-est de la Podolie. C'est celui des Cosaques ou Zaporogues.
Ils présentaient et présentent encore aujourd'hui une singularité ethnographique. On a beaucoup discuté sur l'origine de ces associations guerrières et commerciales qui, dans des luttes perpétuelles contre lesTatares et les Turcs, se sont formé une individualité ethnique, notamment au point de vue de la vie domestique et de l'organisation sociale.