En Silésie
pellent Ticsin et les Polonais Cieszyn. Les localités de cette région sont disputées par les deux nationalités^ et la question des écoles notamment engendre des conflits d'un caractère purement local. D'après les plus récentes statistiques, les Tchèques diminuent dans cette région, tandis que les Allemands et les Polonais augmentent. Le mélange du Tchèque et du Polonais produit une sorte de dialecte mixte ; ce n'est qu'à l'ouest d'Ostrovica que le Tchèque est parlé purement. Dans l'empire allemand les Polonais sont établis en partie en Silésie, mais surtout dans la Poznanie (cercles de Poznan-Posen, et de Bydgoszcz. en allemand Bromberg), dans la Prusse orientale (cercles de Dantzig et de Marienwerder) et dans la Mazovie prussienne. Dans la province de Posen et dans la Prusse orientale cette frontière est en somme mal connue, parsemée d'enclaves allemandes, et elle est difficile à déterminer. Nous n'avons que des cartes allemandes. Si l'on tient compte du p. 100 des Polonais, d'après les évaluations de Pařeze wski on peut considérer comme polonais (plus de 80 p. 100) les arrondissements ďOdolanow, de Koscian, d'Ostrzeszow, de Posen dans la partie occidentale, de Pszczynsk, d'Olésie, de Skwierzvn"^
1. Nous supprimons ici des nomenclatures de localités qui n"ont aucun intérêt pour le lecteur français. Tr.
2. En 1790, les Polonais allaient encore jusqu'aux environs de Breslau (Vratislavia). Au commencement du xvi^ siècle, l'Oder était la frontière à partir de l'embouchure de la^Nissa.
LES POLONAIS
Nous connaissons bien les pays kachoubes par les travaux de Ramult (voyez plus loin). De la mer, la frontière décrivant un arc de cercle va d'Oliwa et de Dantzig à Tczew (Dirschau), passe la VistuleaMarienbourg et se dirige vers Kv^idzyn (Marienwerder). Ici elle longe la rive gauche de la Vistule jusqu'à Chelmno (Kulm) où elle traverse le fleuve. Puis elle passe à Grudziadz (Graudenz), Goryn, Eylau, Osterode, Knys, et traverse la frontière de la Prusse dans la directionde Suwalki. Dans cette région la germanisation des Mazoures et des Lithuaniens fait de grands progrès. Autrefois la frontière mazoure vers le nord allait jusqu'à Goldapy où les Mazoures confinaient avec les Lithuaniens; aujourd'hui un coin allemand a pénétré entre les deux peuples et les Polonais ne confinent plus avec les Lithuaniens que dans le gouvernement de Suwalki.
Au delà de la frontière allemande la frontière polonaise contourne Suwalki — d'après la carte de Karsky — et se dirige vers Augustowo (Stanislas Dobrzycki prolonge le domaine polonais jusqu'à Grodno), puis elle traverse les districts de Sokol et de Bielistok (en polonais Bialystok) et se dirige vers Suraz sur la rivière Narew. Ensuite d'après Gloger, Zakrzewski et Frantsev, elle se dirige vers Bielsk, Sarnaky, Krasnostaw^, Tomaszow, puis elle remonte au nord vers Tarnograd, elle entre en Galicie et se dirige vers le San près Radowa, Tuchla et Radymno, puis elle suit le San jusqu'à Sanok, et, par Rymanow, Dukla,
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Zmigrod,Gorlica,Gribow,elle atteint Pivnitchna à la frontière hongroise. De là jusqu'au défilé de Jablunkow elle se confond officiellement avec la frontière hongroise. Les Polonais qui vivent dans la région de Spies, au dernier recensement, se sont déclarés Slovaques \
Tel est l'ensemble compact de la nation polonaise.
Dans le royaume de Pologne les Polonais forment 71.85 p. 100 de la population totale. Ils se trouvent en plus grand nombre sur la rive gauche de la Vistule: 73,5 p. 100 dans le gouvernement de A^arsovie, 84 p. 100 dans celui de Kalisz, 87 p. 100 dans celui de Kielce, 77 p. 100 dans celui de Lomza, 72 p. 100 dans celui de Piotrkow, 83 p. 100 dans celui de Radom et 81 p. 100 dans celui de Plock, 66 p. 100 dans celui de Siedlec, 63 p. 100 dans celui de Lublin et 23 p. 100 dans celui de Suwalki.
Nous trouvons en outre des Polonais par petits groupes dans presque toute la Russie d'Europe :
10 p. 100 dans le gouvernement de Grodno, 8,2 p. 100 dans celui de Vilna, 6,2 p. 100 dans la Volynie, 9 p. 100 dans celui de Kowno. Il y a des colonies considérables dans les grandes villes
I. Dans la région de Spies, les Polonais sont établis entre Stara. Lubovna, Kezmark et Smokovce, dans celle dOrava, au nord de Zubrohlav et de Bobrova, dans celle de Trenczin à Czierna et à Skalita,
11 y a encore des colonies polonaises dans la région de Lipto et dans la région slovaque de Zemplin. Dans le pays de Spies. le slovaque Czambel a compté 51 communes polonaises avec 30.000 âmes. Kaz. Krotoski porte ce nombre à 30.000.
LES POLONAIS
à Moscou, Pétersbourg, Kiev. Dans l'île de Sakhalin, lieu de déportation, on en compte jusqu'à 5 p. loo.
Ils sont nombreux dans la Galicie orientale. Il n'y a dans toute cette province qu'un cercle purement russe (celui de Kossow) où l'on ne trouve que moins de 5 p. 100 de Polonais, tandis qu^il y a 23 cercles purement polonais. C'est surtout dans les grandes villes du pays russe que sont répandus les Polonais. Les villes les plus peuplées de Polonais sont dans la partie russe de la Galicie : Lwow (Lemberg) avec 120.000 Polonais ou 76 p. 100 du total contre 15.000 Russes, Bobrka, Muszyna, Sanok, Lisko, Sambor, Przemysl, Rawa ruska, Belz, Zolkiew, Grodek, Cieszanow, Stryj, Kalusz, Stanislawow, Kolomyja, Tarnopol, Husiatyn, Buczacz, Sokal, Trembowla, etc., etc. En revanche, quelques villes ont une majorité allemande, composée en réalité d'Israélites (Biala, Sczerzec, Dolina, Bolechow, Nadworna, Kossow, Kuty, Zablotow, Brody).
En dehors de la Pologne et de la Russie, il y a des colonies polonaises importantes à Vienne, (4.364) à Berlin (26.000), à Dresde, Bucarest, Paris. En Allemagne de nouvelles colonies polonaises sont en train de se former en Westphalie et dans le pays rhénan ; à Mulheim sur la Ruhr, à Ruhrort, à Essen, à Dortmund, à Bochum, à Hattingen, et surtout à Gelsenkirchen. Ce sont des colonies ouvrières. Elles s'accroissent sans cesse. En 1890 la statistique avait relevé dans ces
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localités 5.820 Polonais ; elle en a noté 26.795 en igoo et aux dernières élections pour le parlement de Berlin, le candidat polonais Chocszewski a obtenu 27.000 voix.
En dehors de l'Europe, les Polonais vivent surtout dans les Etats-Unis (notamment à Chicago, Buffalo, Milwaukee, Détroit, Philadelphie, Pittsburg, New-Yorl;) et aussi dans l'Amérique du Sud, notamment au Brésil (Etats de Parana, Catarina, Riogrande, Saint-Paul), dans le Paragua}^ et dans l'Argentine. Au Brésil on corhpte plus de 80 colonies (80.000 âmes). Le Parana s'appelle déjà la nouvelle Pologne.
1 13. Statistique. — De même qu'il est impossible de dessiner exactement les frontières de la nation polonaise, de même on ne peut déterminer avec une précision absolue le nombre des Polonais. Les chiffres donnés par les nationaux ditrèrent considérablement.
Pour le royaume actuel Jean Bloch conjecture au xiv^ siècle une population de un million et quart. Pour le siècle de Bathory (xvi^) il admet 3.058.000 Polonais.
En 1882, Sulimierski comptait 12 millions. E. Czynski en 1887, et A. Fircks en 1893 admettent 13 millions. L. Straszewicz compte en 1900 18 à 19 millions et en 1902 V, Gzcrkawski 21.1 1 1.347. ?*Iais je ne considère pas sa statistique comme absolument exacte et voici mes évaluations.
Dans l'Empire russe d'après le recensement de
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1897 il y avait 7.931.307 Polonais, soit 8,3 p. 100 de la population totale. Si nous ajoutons à ce chiffre l'accroissement annuel qui, d'après Kowalewski, est dans le royaume de 1,5 p. 100 par an, soit 118.970 âmes, nous obtenons pour la fin de l'année 1900 :
Pour rEmpire russe (avec l'Asie),
environ 8 . 400 . 000
Pour FAutridie 4.259.150
Pour rAUemagne (en comprenant les
Mazoures et les Kachoubes). . . . 3.450.300^ Pour le reste de TEurope (d'après
Czerkawski), environ 55.000
Pour rAmérique (ďaprěs Czerkaw-
ski) 1 . 500 . 000
L'évaluation du nombre des Polonais en Amérique est fort incertaine. Siemiradski et Valjavac en comptent dans l'Amérique du Nord plus d'un million et demi et en 1900 la revue Praca Polska (le Travail polonais) de ?;îihvaukee évaluait le nombre total des Polonais en Amérique à trois millions. La statistique allemande, d'autre part.
1. Une statistique polonaise de Czynski, dont la dernière édition a paru en même temps que l'ouvrage de M. Niederle, donne un total de 20 millions. M. Niederle accepte ce chiffre. De récentes évaluations portent le total à 26 millions (1915). Tr.
2. Ce nombre est approximatif. En 1900 il a été recensé 3.086.489 Polonais, 142.069 Mazoures, 100.215 Kachoubes. soit en tout 3.328.751. Mais il faut ajouter à ces chiffres au moins les deux tiers de ceux qui se déclarent bilingues (allemand et polonais, mazoure ou kachoube), soit sur 182.184, 121.45a.
a fait tort aux Polonais. Ainsi, Ramult, en 1899 a compté les Kachoubes dans chaque localité et est arrivé au chiffre de 200.000 (de même que Tetzner). Or, la statistique officielle de 1900 n'en connaît que 100.000. D'autre part, dans quelle mesure devons-nous tenir compte des Polonais- Slovaques ? Karlowicz les évaluait à 120.000; Czambel n'en compte que 40.000. D'autre part, si nous défalquons, ainsi qu'il est juste de faire, les Juifs galiciens qui déclarent que leur langue est le polonais, mais qui ne sont pas Polonais (on en compte en Galicie 62 1 .636) on obtient un total de 17 millions et demi, qui paraît aujourd'hui le chiffre le plus vraisemblable. Avec M. Czynski on peut le porter à 20 millions.
Il est très difficile de dresser à d'autres points de vue la statistique de la nation polonaise, parce qu'elle est partagée entre trois Etats dont la statistique n'est pas toujours dressée au point de vue des nationalités.
Cette observation s'applique particulièrement à la Russie où vit la plus grande partie des Polonais — presque la moitié. — Nous avons déjà donné quelques indications dans le chapitre consacré à la Russie. Le chiffre le plus important est le coefficient annuel de l'accroissement de la population, 1,5 p. 100. En Allemagne, dans les pays polonais nous trouvons 1,4 p. 100. Mais ce qui a diminué l'accroissement, c'est d'une part l'émigration, de l'autre la dénationalisation.
En ce qui concerne les Polonais de Galicie,
LES POLONAIS
nous avons des données plus accessibles. L'accroissement annuel en Galicie pour toute la province a été de 1890 à 1900 de 16,7 p. 100. Sur ce chiffre les Polonais d'après la statistique autrichienne, ont fourni 14,52, soit annuellement .1,45 p. 100. (Dans ce chiffre figurent 15 p. 100 de Juifs.) Les Russes n'ont donné que 8,71 p. 100. En comparant ces chiffres avec les chiffres antérieurs nous constatons le progrès constant des Polonais. En 1851 on constatait déjà en Cisleithanie 1 1,45 ; en 1880, 14,86; en 1890, 15,84 ; en 1900, 16,59 P- loo- En Galicie, où les Polonais sont les maîtres du pays, leur nombre en cinquante ans s'est accru de 14 p. 100.
En ce qui concerne la durée de la vie, la proportion est la même chez les Polonais que chez les Russes galiciens. Le nombre des jeunes gens est supérieur à la moyenne (50,4 p. 100 ayant moins de vingt ans) ; le nombre des vieillards est peu considérable ; 12 p. 100 seulement ont dépassé la cinquantaine.
Le nombre des gens mariés est de 32,3 p. 100. Chez les Polonais de Russie on a compté, 60,6 p. 100 de célibataires hommes et 55,9 p. 100 de femmes, 37 et 36. 3 p. 100 de gens mariés, 2,24 et 764 de veufs, ou veuves, 0,05 et 0,08 p. 100 de divorcés.
En ce qui concerne les sexes, on trouve chez les Polonais de Galicie 1.049 femmes contre i.ooo hommes ; dans la Pologne russe, la proportion est inverse, 989 femmes seulement. Mais on a évidem-
ment compté tous les militaires. Le rapport des deux sexes est d'ailleurs un rapport d'e'galité, sauf dans le gouvernement de Lomza, où l'on n'a compté que 925 femmes contre i.ooo hommes.
En ce qui concerne la religion, le catholicisme est la caractéristique du Polonais, comme l'orthodoxie du Russe. Il nV a, pour ainsi dire, point de Polonais orthodoxes depuis que la tolérance a été proclamée en 1905. Les anciennes statistiques, par exemple celle de Lebedkine vers 1860, déclaraient d'après les documents officiels qu'il y avait 40.000 Polonais orthodoxes (uniates). Il y a également peu de Polonais appartenant à TEglise évangélique. On en rencontre surtout en Silésie et dans le nord de la Prusse. En revanche, les r^Iazoures de Prusse sont des évangéliques (96 p. 100 en 1906), et cette circonstance nous explique pourquoi ils se laissent facilement germaniser. Le catholicisme des Polonais est une de leurs armes les plus puissantes contre la germanisation. En Autriche on ne compte que 83,14 p. 100 de catholiques. Cela s'explique par ce fait que parmi les sujets qui se sont déclarés polonais il y a 14,7 p. 100 de Juifs. Il y a 1,8 p. 100 de protestants. On peut donc considérer catholique comme synonyme de polonais.
Dans la Pologne russe la proportion est celle-ci : 78.8 p. 100 catholiques, 4,7 p. 100 protestants, 14,05 Juifs et 6,57 orthodoxes, ou vieuxcroyants de l'Eglise orthodoxe.
Les catholiques sont ici concentrés sur la rive
LES POLO A AI S
gauche de la Vistule où l'on en compte de 70 à 80 p. 100. Seuls dans le royaume les gouvernements de Siedlec et de Lublin ne comptent que 66 à 62 p. 100 de catholiques, si l'on en croit le recensement de 1897. Après l'édit de tolérance du 17 avril 1905 les proportions ont singulièrement changé (voir plus haut, § 5), mais nous n'avons pas de données rigoureusement précises.
En ce qui concerne les Polonais de Russie voici les derniers résultats de la statistique :
Orthodoxes et vieux-croyants . . . 0,63 p. 100
Catholiques romains 98,20 —
Protestants 0,51 —
Juifs . . 0,59 —
Mahométans . 0,01 —
Polonais est donc synonyme de catholique. Mais il faut noter que chez les catholiques, il s'est produit récemment une secte dite des Mariavites, à laquelle se rattachaient en 1906, 59.000 personnes. C'est dans la partie russe que la population polonaise fournit aux villes le plus fort contingent, 22,1p. 100. On y compte 1,9 p. 100 de nobles et de fonctionnaires, 0,8 p. 100 de clergé, de bourgeois honoraires et de marchands 0,14 p. 100, de bourgeois 23,5 p. 100, d'agriculteurs 72,98 p. 100. Chez les Polonais d'Autriche il y a 65,6 p. 100 de laboureurs, 14,8 p. 100 d'industriels, 11,2 p. 100 de négociants, et 8,4 p. 100 de fonctionnaires.
Au point de vue de l'instruction publique les
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Polonais ont encore beaucoup à faire, non seulement en Russie et en Prusse où le gouvernement a apporté de nombreux obstacles au développement des écoles, mais aussi là où il jouissent depuis longtemps d'une complète liberté, c'est-à dire en Galicie. Dans cette province la statistique a encore noté 40,8 p. 100 d'illettrés. Il faut d'ailleurs reconnaître que les Polonais en Russie (notamment les femmes polonaises), malgré toute la mauvaise volonté du gouvernement, sont d'une instruction supérieure à celle des Russes. Chez les Russes nous avons constaté 29,50 p. 100 d'hommes lettrés et 9,34 p. 100 parmi les femmes. Chezles Polonais la proportion est de 34, 78 p. 100 et de 29.40 p. 100.
I 14. DiFFÉRENTiATiox. — Nous Tencontrons aussi chez les Polonais des différences intérieures assez considérables ; mais elles ne donnent pas lieu de répartir leur nation en diverses nationalités. D'ailleurs la question a été assez peu étudiée et on ne s'est pas assez appliqué à distinguer au point de vue scientifique les divers groupes polonais. De nombreux matériaux ont été réunis, notamment, au point de vue du folklore, par Oscar Kolberg, plus récemment par Jean Karlowicz et par d'autres, dans la revue Wis la {La Vistule) et au point de vue anthropologique par J. Majer, K. Kopernicki^ I. Talko-Hrynczewicz, VV. Olechnowicz, L. Rutkowski, A. Zakrzewski. Le côté linguistique a été étudié dans ces derj^ s ■■•- =^
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niers temps par St. Dobrzycki, J. Karlowicz et K. Nitsch, mais jusqu'ici toutes ces recherches n'ont pas été réunies et concentrées dans un ensemble. La répartition habituelle en grands et petits groupes a surtout pour base la tradition historique ; une répartition plus scientifique sera l'œuvre de l'avenir. La nation polonaise est généralement répartie dans les groupes suivants :
1° Le groupe grand-polonais occupe la Silésie, la Poznanie et la Prusse ;
2° Le groupe mazovien vit à l'est du précédent dans les bassins de la Vistule, delà Narew et du Bug;
3° Le groupe petit-polonais est établi au sud sur la Vistule supérieure, jusqu'aux Karpathes et au San ;
4° Un quatrième groupe est formé par les Kachoubes sur le littoral de la Baltique.
Le groupe grand-polonais a le premier concentré les anciennes tribus, évidemment sous la pression de la race allemande, et sa langue est devenue dominante; c'est elle qui constitue l'idiome littéraire.
En revanche, la Mazovie et la Petite-Pologne, régions forestières et moins accessibles, ont gardé plus d'originalité et de caractère local.
En tenant compte des noms par lesquels le peuple distingue les tribus et les régions, les ethnographes polonais — par exemple Karlowicz — distinguent particulièrement les groupes suivants :
En Silésie les habitants des montagnes s'appellent Gorali S ceux de la région de Jablunkow, Jablonkowiane ou Jackowie ; ceux de la région centrale les Walachy, ceux des plaines Lachi ou Dolaci, ceux des bords de la Vistule (en polonais Wisla) Wislaci.
Les mariniers polonais qui conduisent les trains de bois sur la Vistule sont connus en Allemagne depuis le xvii^ siècle sous le nom de V>^asser Polaken. En Poznanie et en Prusse on distingue les Paluci (cercle de Wagrowice et de Szubin) et, sur la rive gauche de la Warta, à partir de l'embouchure de la Prosná, les Porzeczane (riverains). La région qui va du lac Goplo à la Vistule et à la Netze (cercles dlnowraclaw, de Strzelin, et de Bydgoszcz ou Bromberg) s'appelle la Kujavie prussienne. La Kujavie polonaise comprend les cercles de Nieszawa et de Wloclawek.
Les habitants du cercle de Krobia sur la frontière de Silésie et la rivière Orla s'appellent Chazacy ou Lesniacy (forestiers). Dans la Prusse royale où le pays de Chelm et de Marienbourg continue la Kujavie et où la Warmie (Ermeland) continue la Mazovie, sont établis les Borowiaks et les Kociewiaks. Un peu plus bas, à l'embouchure de la Vistule, on trouve les Zulawy.
Les Mazoures, depuis la frontière du nord jusqu'à Dzialdow au sud et à Test jusqu'à la